Trump à la peine en Ohio, fief conservateur

En Ohio, le républicain Troy Balderson a revendiqué la victoire, même s’il pourrait y avoir un recomptage.
Photo: Scott Olson Getty Images Agence France-Presse En Ohio, le républicain Troy Balderson a revendiqué la victoire, même s’il pourrait y avoir un recomptage.

Malgré tous les efforts de Donald Trump, les démocrates américains avaient le sourire mercredi, abordant avec un net regain de confiance les législatives de novembre après avoir mis en grande difficulté les républicains dans l’un de leur fidèle bastion.

Même si le président américain s’est empressé de déclarer victoire dans la nuit, le résultat de cette législative partielle dans l’Ohio, pour un siège à la Chambre des représentants, reste incertain au lendemain du scrutin. L’infime avance du républicain (0,9 %) peut encore être grignotée par quelques milliers de bulletins envoyés par courrier.

Mais c’est de toute façon un cuisant revers pour le candidat Troy Balderson, qui n’aura, au mieux, réussi que de justesse à remporter cette circonscription fidèlement ancrée du côté républicain depuis près de quarante ans.

Dans l’attente du résultat définitif, démocrates et républicains tentent chacun de tourner l’histoire à leur avantage, Donald Trump en tête.

Après son intervention énergique dans la campagne, le bouillant président s’est hâté de saluer le résultat du républicain… en s’en attribuant le mérite.

« Après mon discours samedi soir, il y a eu un gros retournement positif. Maintenant, Troy remporte une grande victoire », a-t-il écrit dans la nuit.

« Tant que je ferai campagne et soutiendrai des candidats au Sénat et à la Chambre [raisonnablement], ils gagneront ! J’AIME les gens et ils ont certainement l’air d’aimer le travail que je fais », a encore claironné Donald Trump mercredi matin.

« Si je trouve le temps, entre la Chine, l’Iran, l’Économie et beaucoup plus, ce que je dois faire, nous allons avoir une Vague Rouge géante », a-t-il ajouté en référence à la couleur des républicains.

« Je crois qu’il ne sait pas de quoi il parle », a affirmé le candidat démocrate Danny O’Connor, qui, à 31 ans, est parvenu à acculer Troy Balderson dans une banlieue aisée de la capitale de l’Ohio. Manières affables, visage poupin, il a reçu plutôt humblement les résultats, promettant de livrer de nouveau bataille en novembre.

La prédiction de Donald Trump contredit en tout cas la tradition voulant que le parti au pouvoir à la Maison-Blanche perde les élections de mi-mandat aux États-Unis.

Cette fois, les démocrates espèrent compter en plus sur une vague de mécontentement face aux politiques de Donald Trump pour mobiliser leur base et reprendre, au moins, la Chambre des représentants le 6 novembre.

Également en jeu, en plus des 435 sièges de la Chambre : un tiers (35) du Sénat et les postes de gouverneur dans 36 des 50 États.

« Le moral des démocrates est le grand vainqueur de la nuit dernière », a lancé sur Twitter le numéro deux du parti, Keith Ellison.

« Il est évident que l’énergie est du côté démocrate », a reconnu sur CNN un ancien élu républicain, Charlie Dent, se disant « très inquiet » avant les élections.

Les démocrates ont déjà remporté ces derniers mois deux trophées électoraux marquants, en battant des républicains dans des territoires favorables, comme le sud-ouest de la Pennsylvanie pour la Chambre et l’Alabama pour le Sénat.

Nombre record de femmes candidates

Washington — Un nombre record de femmes sont en lice pour entrer au Congrès américain en novembre, une poussée qui survient après une année marquée par le mouvement #MeToo et la défiance envers le président Donald Trump. Après une nouvelle fournée de primaires aux États-Unis mardi soir, 183 femmes ont été désignées candidates pour décrocher un siège à la Chambre des représentants à Washington lors des élections législatives. « C’est officiel », s’est réjoui le centre d’études spécialisé Center for American Women and Politics (CAWP), « nous avons battu le record de femmes nommées sous la bannière de grands partis pour la Chambre », qui était jusqu’ici de 167. « Autre record : 2018 compte le plus de femmes nommées pour les élections à des postes de gouverneur », avec au moins onze candidates après les primaires de mardi, a ajouté l’organisme indépendant sur Twitter. « Le précédent record, établi pour la première fois en 1994, était de 10 ».