Trump avertit les pays commerçant avec l’Iran après le retour des sanctions

«Quiconque fait des affaires avec l’Iran ne fera PAS d’affaires avec les États-Unis. Je demande la PAIX MONDIALE, rien de moins», a «tweeté» Donald Trump.
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse «Quiconque fait des affaires avec l’Iran ne fera PAS d’affaires avec les États-Unis. Je demande la PAIX MONDIALE, rien de moins», a «tweeté» Donald Trump.

Le président américain, Donald Trump, a lancé un avertissement aux pays qui persisteraient à commercer avec l’Iran après le rétablissement mardi des sanctions contre ce pays, qualifiées des « plus dures jamais » imposées.

En Iran, plusieurs personnes rencontrées dans la rue ont accueilli avec colère et peur le retour des sanctions décidées à la suite du retrait unilatéral en mai de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec les grandes puissances.

À quelques heures de l’entrée en vigueur des sanctions qui risquent d’aggraver une économie iranienne à la peine, le président iranien, Hassan Rohani, a crié lundi soir à la « guerre psychologique » et écarté toute négociation sur un nouvel accord nucléaire réclamé par les États-Unis.

Les mesures américaines ont suscité la colère des Européens, signataires de l’accord, qui se disent déterminés à sauver le texte, même si de nombreuses entreprises occidentales voient leurs liens commerciaux avec l’Iran compromis par les sanctions.

L’allemand Daimler a annoncé mardi cesser ses activités en Iran, malgré l’annonce par l’Union européenne de son intention de « protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l’Iran », et l’entrée en vigueur mardi d’une législation spécifique en ce sens.

« Les sanctions contre l’Iran sont officiellement en place. Ce sont les sanctions les plus dures jamais imposées et en novembre elles augmentent encore à un autre niveau », a tweeté M. Trump.

« Quiconque fait des affaires avec l’Iran ne fera PAS d’affaires avec les États-Unis. Je demande la PAIX MONDIALE, rien de moins », a-t-il ajouté.

Les sanctions de mardi comprennent des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale.

Elles devraient accentuer la détérioration d’une économie moribonde, qui a provoqué la semaine dernière des protestations dans plusieurs villes contre notamment le chômage et l’inflation, alors que le rial iranien a perdu près des deux tiers de sa valeur en six mois.

« Avaler le poison »

Habitués à l’hostilité des États-Unis envers leur pays, beaucoup d’Iraniens accusent leurs propres dirigeants d’avoir échoué à trouver une solution et nombre d’entre eux ont mis des dollars de côté et fait des provisions ces derniers jours.

« Les prix ont augmenté depuis trois, quatre mois et tout ce dont nous avons besoin est devenu tellement cher, avant même le retour des sanctions », a déploré Yasaman, un photographe de 31 ans à Téhéran.

Pour lui, les dirigeants iraniens devraient « avaler le poison » et négocier avec les États-Unis, pays avec lequel l’Iran n’a plus de relations diplomatiques depuis 1980.

M. Rohani, qui a tout misé sur l’accord nucléaire et une politique d’ouverture en direction de l’Occident, a accusé Washington de « vouloir lancer une guerre psychologique contre la nation iranienne et provoquer des dissensions » parmi les Iraniens.

Il a jugé « insensées » des négociations avec l’ennemi américain, à l’ombre de sanctions imposées selon lui « aux enfants iraniens, aux malades et à la nation ».

Avant le rétablissement des sanctions, M. Trump avait dit qu’il restait « ouvert » à un « accord plus global sur l’ensemble des activités néfastes [de l’Iran], y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme ».

Il avait aussi sommé les dirigeants iraniens de changer leur « attitude menaçante et déstabilisatrice » pour retourner « dans le giron de l’économie mondiale ».

Rétablies mardi à 0 h 01, les sanctions américaines seront suivies, le 5 novembre, de nouvelles mesures visant le secteur pétrolier et gazier ainsi que la banque centrale.