Washington suspend les normes antipollution pour l’industrie automobile

Le gouvernement Trump a suspendu les normes de pollution contraignantes pour les voitures particulières, une décision jugée «stupide» par la Californie.
Photo: Mark Ralston Agence France-Presse Le gouvernement Trump a suspendu les normes de pollution contraignantes pour les voitures particulières, une décision jugée «stupide» par la Californie.

Le gouvernement Trump est passé à l’acte jeudi en suspendant les normes de pollution contraignantes pour les voitures particulières, une décision jugée « stupide » par la Californie, État en pointe sur les voitures « propres », qui a promis de s’y opposer par tous les moyens.

Les nouvelles règles, moins exigeantes, sont proposées conjointement par l’agence fédérale américaine de protection de l’environnement (EPA) et l’agence de la sécurité routière (NHTSA).

Elles suspendent l’injonction faite aux constructeurs automobiles par l’ancien gouvernement Obama de construire davantage de véhicules moins polluants, plus économes en carburant, notamment des véhicules hybrides et électriques.

Surnommées « CAFE » (Corporate Average Fuel Economy), les anciennes normes prévoyaient des augmentations graduelles de l’autonomie des véhicules pour atteindre un objectif de 54,5 miles pour un gallon d’essence (4,32 litres les 100 kilomètres) en 2025.

Elles n’étaient pas établies par voiture, mais pour l’ensemble de la gamme de chaque constructeur. C’est-à-dire que, pour chaque modèle consommant beaucoup d’essence, doit également figurer un modèle en consommant peu ou pas du tout (comme les voitures électriques), et c’est la moyenne qui doit répondre à la norme en vigueur.

Les nouvelles règles limitent l’objectif à 37 miles pour un gallon après 2021 et sont en ligne avec la volonté de Donald Trump de démanteler la majeure partie du « plan climat » établi par son prédécesseur.

Le président républicain a également décidé de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, estimant qu’il nuit aux intérêts économiques américains.

Pas d’exemption

Les nouvelles normes visent également à retirer l’exemption accordée à certains États, comme la Californie, de fixer des règles encore plus sévères que le reste du pays en la matière. Douze États le font et incitent ainsi les constructeurs automobiles à s’aligner sur leurs normes plutôt que sur les règles fédérales pour pouvoir y vendre leurs voitures.

La Californie va combattre cette [décision] stupide avec tous les moyens à sa disposition

« Notre proposition vise à parvenir à un équilibre réglementaire fondé sur les informations les plus récentes et de mettre en place une solution pour les 50 États permettant à davantage d’Américains de pouvoir acheter un véhicule moins polluant, sûr, neuf et moins cher », explique Andrew Wheeler, le patron de l’EPA.

Les nouvelles règles, qui doivent entrer en vigueur cet hiver, risquent de conduire à une longue bataille juridique et politique avec la Californie et à deux marchés automobiles distincts aux États-Unis.

« La Californie va combattre cette [décision] stupide avec tous les moyens à sa disposition », a affirmé sur Twitter Jerry Brown, son gouverneur.

Le gouvernement Trump affirme que les normes Obama ont contribué à l’augmentation du prix moyen des voitures, désormais à 35 000 $, soit 2340 $ de plus, ce qui incite les consommateurs à ne pas changer de véhicule. Ce faisant, ces derniers se privent des nouvelles voitures équipées des dernières technologies rendant les véhicules plus sûrs.

Il estime par conséquent que leur suspension va permettre aux Américains d’économiser des milliers de dollars et de réduire le nombre de morts sur les routes américaines.

« Trump essaie de justifier avec cynisme ce retour en arrière par une parade d’horreurs inventées », a fustigé Daniel Baker, de l’ONG environnementaliste Safe Climate Campaign.

Trump poursuivi pour traitement « inhumain » des migrants détenus

Los Angeles — Des organisations de la société civile américaine ont lancé des poursuites contre le président Trump et des responsables de son gouvernement, les accusant d’avoir soumis plus d’un millier d’immigrés clandestins à des conditions de détention « inhumaines » en Californie. Depuis le 8 juin, des personnes ont été emprisonnées dans des centres fédéraux de détention « en violation de leurs droits constitutionnels », estime la plainte déposée par plusieurs entités pour le compte des détenus, dont la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU. « Ils sont enfermés dans des cellules pour la majeure partie de la journée et toute la nuit. Aucun membre des services de santé ne les a examinés », ajoute le document, affirmant qu’« on ne leur offre que de la nourriture inadéquate et, parfois, immangeable, comme du lait périmé ou des sandwiches constitués seulement de deux tranches de pain ».