Trump en communion avec Conte sur l'immigration

Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, était en visite à la Maison-Blanche lundi.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, était en visite à la Maison-Blanche lundi.

Donald Trump a salué lundi la fermeté sur l’immigration du nouveau chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, reçu avec chaleur à la Maison-Blanche, où le président des États-Unis a mis l’accent sur ses affinités avec ce dirigeant européen populiste.

« Nous sommes tous les deux des outsiders en politique », a lancé le milliardaire républicain lors d’une conférence de presse commune.

« Mon gouvernement et celui de Trump représentent tous deux le changement. Ils ont été choisis par les citoyens pour changer le statu quo et améliorer leurs conditions de vie », a renchéri Giuseppe Conte.

Selon la presse italienne, la visite à Washington de ce professeur de droit sans expérience politique devait lui permettre de se doter d’une stature internationale, lui qui, en Italie, est régulièrement dans l’ombre de ses deux encombrants vice-premiers ministres, qui l’ont choisi pour diriger le gouvernement : Luigi Di Maio, chef des antisystèmes du Mouvement 5 étoiles, et Matteo Salvini, patron de la Ligue, une formation d’extrême droite.

Le président du Conseil italien a en tout cas reçu un hommage appuyé de Donald Trump pour sa politique migratoire résolument ferme — adoptée sous l’impulsion de Matteo Salvini, également ministre de l’Intérieur.

« C’est un homme qui fait un travail formidable », « je sais qu’il a une position très ferme à la frontière », a estimé le président américain, qui en a profité pour plaider la cause d’une réforme restrictive sur l’immigration aux États-Unis, qu’il peine à imposer au Congrès.

Nous sommes tous les deux des outsiders en politique

Sanctions contre Moscou

Autre point commun entre les deux hommes : leur volonté d’améliorer les relations avec la Russie.

« L’Italie est pour un dialogue avec la Russie, mais l’Italie considère également que le dialogue entre les États-Unis et la Russie est fondamental », a dit l’Italien.

Tout en défendant à nouveau sa « magnifique rencontre » avec le président russe, l’Américain a, lui, tenu à préciser que les sanctions américaines contre la Russie seraient « maintenues en l’état », soucieux de ne pas donner prise à ceux qui l’accusent de faiblesse quant au maître du Kremlin.

Sur le commerce, les deux hommes partagent le même scepticisme à l’égard du libre-échange : M. Trump a dénoncé plusieurs accords internationaux comme l’ALENA (avec le Canada et le Mexique) ou l’accord de libre-échange transpacifique (TPP), tandis que le gouvernement de M. Conte refuse de ratifier l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA).

Selon Nick Ottens, de l’Atlantic Council, le président américain « risque de ne pas trouver l’allié auquel il s’attend » avec le chef du gouvernement italien.

Sur les échanges commerciaux, le rejet par le nouveau gouvernement italien des accords multinationaux risque de compromettre l’objectif de M. Trump de parvenir à éliminer tout tarif douanier avec l’Union européenne, explique cet expert.

Trump prêt à rencontrer les dirigeants iraniens «quand ils le veulent»

Donald Trump s’est dit prêt à rencontrer les dirigeants iraniens « quand ils le veulent », « sans conditions préalables ». « Je ne sais pas s’ils y sont prêts », a dit le président des États-Unis. Donald Trump a annoncé en mai le retrait des États-Unis de l’accord international de 2015 censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, qu’il juge trop laxiste. Il a par la même occasion rétabli toutes les sanctions levées dans le cadre de cet accord, avec un contrecoup qui s’annonce sévère pour de nombreuses entreprises européennes qui avaient depuis investi en Iran.