Une journaliste de CNN se voit refuser l'accès par la Maison-Blanche

La journaliste Kaitlan Collins livre un reportage à la caméra, mercredi, devant la Maison-Blanche.
Photo: Alex Brandon Associated Press La journaliste Kaitlan Collins livre un reportage à la caméra, mercredi, devant la Maison-Blanche.

La Maison-Blanche faisait l’objet mercredi de vives critiques après avoir interdit l’accès à une journaliste de CNN à la conférence de presse entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker, reprochant à cette reporter, citée par la chaîne, d’avoir posé des questions « inappropriées » au président américain.

Dans le Bureau ovale, Kaitlan Collins, journaliste de CNN, a posé quelques questions à Donald Trump, alors assis à côté du chef de l’exécutif européen, sans obtenir de réponse. Les questions concernaient Vladimir Poutine et Michael Cohen, l’ex-avocat du milliardaire républicain, l’ayant enregistré à son insu.

Selon CNN, deux proches du président, dont Sarah Sanders, la porte-parole de l’exécutif, ont alors indiqué à la journaliste qu’elle n’était pas la bienvenue à la conférence de presse prévue un peu plus tard.

« Ils ont dit que les questions que j’ai posées étaient inappropriées pour ce lieu de réunion », raconte Kaitlan Collins.

Le tollé est immédiat.

« Nous condamnons fermement la décision malencontreuse et inappropriée de la Maison-Blanche aujourd’hui d’empêcher l’une de nos membres » de se rendre « à un événement public de presse après qu’elle a posé des questions qu’ils n’ont pas apprécié », a réagi sur Twitter l’association des correspondants de la Maison-Blanche (WHCA).

Même Fox News, chaîne concurrente, a exprimé son inquiétude : « Nous sommes très solidaires avec CNN sur ce droit à l’accès complet pour nos journalistes, dans le cadre d’une presse libre et sans entrave », a écrit dans un communiqué, cité par plusieurs médias, le président de la chaîne conservatrice préférée de M. Trump.

Par la voix de Sarah Sanders, la Maison-Blanche a tenté de calmer le jeu, insistant sur le fait qu’ils avaient indiqué à Kaitlan Collins que « tout autre journaliste de sa chaîne pouvait assister » à la conférence de presse.

« Nous soutenons une presse libre et demandons que chacun soit respectueux de la présidence et des invités à la Maison-Blanche », a souligné Sarah Sanders.

Donald Trump s’en prend très régulièrement à la presse, qualifiant certains médias, CNN en tête, de « Fake News ».