Donald Trump se sépare du ministre Scott Pruitt

Depuis sa prise de fonctions en février 2017, Scott Pruitt semble en avoir profité pour améliorer son train de vie et celui de sa famille, violant plusieurs lois fédérales.
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Depuis sa prise de fonctions en février 2017, Scott Pruitt semble en avoir profité pour améliorer son train de vie et celui de sa famille, violant plusieurs lois fédérales.

Donald Trump a annoncé jeudi le départ de Scott Pruitt, ministre de l’Environnement climatonégationniste englué dans une impressionnante cascade de scandales liés à son train de vie et à son utilisation des fonds publics.

Pendant des mois, le président américain est resté sourd aux appels à se séparer de cet homme devenu encombrant, qui était aussi l’un de ses lieutenants les plus zélés.

Brique par brique, ce farouche partisan du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat s’est employé, à la demande expresse de Donald Trump, à détruire le bilan environnemental de Barack Obama, sabrant une à une les réglementations passant à sa portée.

Mais au fil de révélations quasi quotidiennes, la situation était devenue intenable et la Maison-Blanche avait ouvertement exprimé son exaspération ces derniers jours.

« J’ai accepté la démission de Scott Pruitt de son poste de dirigeant de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) », a indiqué M. Trump dans un tweet qui ne donne aucune indication sur les raisons de son départ et ne mentionne à aucun moment les affaires visant cet ancien procureur général de l’Oklahoma.

De multiples enquêtes ont été officiellement lancées depuis des mois par l’inspecteur général de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), par deux offices fédéraux indépendants, ainsi que par la Chambre des représentants.

Saluant le « travail exceptionnel » réalisé par M. Pruitt, 50 ans, le locataire de la Maison-Blanche précise simplement qu’Andrew Wheeler, numéro deux de l’EPA, assurera l’intérim.

Depuis sa prise de fonctions en février 2017, Scott Pruitt semble avoir profité de sa fonction pour améliorer son train de vie et celle de sa famille, violant plusieurs lois fédérales et punissant les subordonnés qui soulèveraient des objections ou ne lui montreraient pas la loyauté qu’il attendait d’eux.

Dépenses excessives

Tout a commencé par des dépenses de voyages excessives, en première classe ou dans des avions affrétés aux frais du contribuable, contrairement aux règles gouvernementales. Puis on a découvert le nombre pléthorique de gardes du corps accompagnant l’administrateur, 24 heures sur 24, même à l’étranger, pour un coût presque doublé par rapport à ses prédécesseurs.

M. Pruitt a aussi fait installer une cabine téléphonique sécurisée dans ses bureaux de Washington, pour 43 000 $ — une somme jugée excessive.

Pour ses dépenses personnelles, l’homme était semble-t-il plus regardant. Il a ainsi obtenu, par des amis lobbyistes, de pouvoir louer un grand appartement à Washington 50 $ la nuit, seulement quand il dormait dans la capitale — un prix défiant toute concurrence.

Au-delà de ces affaires qui ont défrayé la chronique, ce sont ses prises de position politiques qui en avaient fait l’ennemi juré des organisations environnementales.

Lorsqu’il était « Attorney General » de l’Oklahoma, Scott Pruitt avait ferraillé devant les tribunaux contre le gouvernement Obama, main dans la main avec l’industrie pétrolière dont il était l’un des lobbyistes les plus efficaces.

AMLO invite Trump à son investiture

Le président élu du Mexique, Andrés Manuel López Obrador — dit AMLO —, a annoncé jeudi qu’il comptait inviter Donald Trump à son investiture le 1er décembre, alors que les relations sont tendues depuis la campagne électorale du président américain il y a deux ans. « Nous allons l’inviter, nous sommes des pays voisins, nous avons des relations économiques, commerciales, des liens d’amitié, de coopération. Nous avons 3180 km de frontière commune. Donc, le président Trump sera invité », a déclaré M. López Obrador lors d’un point de presse. AMLO a beau s’être engagé à remettre Trump « à sa place », les deux hommes ont manifesté lundi, au lendemain du scrutin, leur intention de développer une bonne relation.