Le juge Anthony Kennedy annonce sa retraite

Le juge Anthony Kennedy, bien que qualifié de conservateur, ralliait les juges progressistes sur certains sujets sociétaux.
Photo: Eric Thayer Getty Images/AFP Le juge Anthony Kennedy, bien que qualifié de conservateur, ralliait les juges progressistes sur certains sujets sociétaux.

Un juge de la Cour suprême des États-Unis, Anthony Kennedy, prend sa retraite, ce qui donnera au président Donald Trump l’occasion de consolider la domination des juges conservateurs sur le plus haut tribunal du pays.

Le juge Kennedy, âgé de 81 ans, a annoncé mercredi qu’il démissionnait, après plus de 30 ans de service. Ce juge républicain a soutenu ses confrères conservateurs dans des décisions majeures sur le droit de vote et le droit de porter des armes, mais il a aussi fait pencher la balance en faveur du camp progressiste dans plusieurs dossiers de première importance, notamment en matière d’avortement, de droits des homosexuels et de peine de mort.

La démission du juge Kennedy prendra effet à la fin juillet.

Sans lui, la Cour suprême des États-Unis sera divisée entre quatre juges dits progressistes, nommés par des présidents démocrates, et quatre juges conservateurs, qui ont pour leur part accédé au banc sous des administrations républicaines.

Le président Trump a annoncé mercredi que la recherche d’un successeur s’amorcerait «immédiatement». Il a salué la «formidable vision d’avenir» du juge Kennedy et a dit espérer que celui qui le remplacera sera «tout aussi exceptionnel».

Donald Trump nommera un candidat issu de la liste rendue publique lors de sa campagne électorale et mise à jour l’automne dernier. Le sénateur de l’Utah, Mike Lee, y figure, au côté de 24 juges.

L’avortement constituera sans doute un enjeu-clé dans le processus de nomination à venir, car M. Trump a clairement indiqué qu’il préférerait des juges souhaitant renverser la décision historique de Roe c. Wade. Un tel scénario semble peu probable à court terme, mais un tribunal à majorité conservatrice pourrait s’avérer plus enclin à appuyer des restrictions au droit à l’avortement.

Selon plusieurs de ses anciens assistants judiciaires, le juge Kennedy, nommé par l’ex-président Ronald Reagan, préfère être remplacé sous une administration républicaine. Or, les démocrates pourraient rafler le contrôle du Sénat en novembre et ainsi compliquer la confirmation du candidat désigné par Donald Trump. Les républicains disposent présentement d’une mince majorité de 51-49 à la chambre haute du Congrès des États-Unis.