Des candidats progressistes secouent le Parti démocrate

Aux primaires de mardi, Alexandria Ocasio-Cortez a nettement battu Joe Crowley, 56 ans, dont 20 ans de mandat à la Chambre des représentants.
Photo: Scott Heins / Getty Images / Agence France-Presse Aux primaires de mardi, Alexandria Ocasio-Cortez a nettement battu Joe Crowley, 56 ans, dont 20 ans de mandat à la Chambre des représentants.

La victoire-choc d’une jeune Hispanique novice en politique, très marquée à gauche, face à une figure de l’establishment démocrate, lors d’une primaire aux États-Unis, insuffle un nouvel élan à un parti qui cherche encore la meilleure contre-attaque face au républicain Donald Trump.

« Les femmes comme moi ne sont pas censées se présenter aux élections » : dans sa vidéo de campagne, Alexandria Ocasio-Cortez, 28 ans, se présentait en éducatrice et ex-serveuse, une jeune New-Yorkaise des quartiers populaires qui a décidé d’affronter une figure de son parti au Capitole parce que « tous les démocrates ne sont pas les mêmes ».

N’hésitant pas à se présenter comme une « socialiste », un mot encore tabou pour beaucoup d’Américains, cette fille de Portoricains incarne à la fois le souffle progressiste et le nombre record de femmes et de candidats issus des minorités qui animent le parti en route pour les élections de novembre.

Aux primaires de mardi, elle a nettement battu Joe Crowley, 56 ans, dont 20 ans de mandat à la Chambre des représentants. Sa victoire est presque garantie en novembre dans cette circonscription très démocrate, à cheval sur les quartiers du Bronx et du Queens, ce qui en ferait la plus jeune élue de l’histoire de la Chambre.

L’approche Bernie Sanders

« Elle s’en est prise à tout l’establishment démocrate local de sa circonscription et a remporté une très ferme victoire », a salué Bernie Sanders, l’ancien candidat à la présidentielle qui avait mis en difficulté Hillary Clinton avec un même message anti-élites et un programme similaire, prônant notamment une couverture de santé universelle.

Avec un budget bien inférieur à celui de son opposant, Alexandria Ocasio-Cortez « a démontré encore une fois ce que la politique progressiste de terrain peut faire ».

La nuit des primaires de mardi marque de fait une victoire plus large pour Bernie Sanders et ses politiques très à gauche.

À quelques centaines de kilomètres au sud de New York, dans le Maryland, c’est un de ses poulains, Ben Jealous, qui a largement remporté la primaire devant un candidat soutenu par l’establishment, pour tenter de déloger en novembre le gouverneur républicain.

Fait marquant : Ben Jealous est noir dans un pays qui n’a jamais élu que deux gouverneurs afro-américains.

« Notre campagne était ultra-concentrée sur un message de dignité économique, sociale et raciale pour les travailleurs américains », a rappelé Alexandria Ocasio-Cortez mercredi sur MSNBC.

D’autres dans le parti mettent en garde cependant contre toute extrapolation nationale de victoires bien spécifiques pour les élections de novembre, lorsque les démocrates espèrent reprendre le contrôle à Washington de la Chambre des représentants.

« Des candidats à la Bernie continuent de perdre pratiquement toutes les primaires démocrates où ils se présentent », a affirmé le groupe de réflexion de centre gauche Third Way.

« Si les démocrates regagnent effectivement le contrôle de la Chambre, cela sera largement grâce à des modérés qui gagnent dans des circonscriptions difficiles », poursuivent ses analystes sur Twitter.