Pour Trump, il n’y a «plus de menace nucléaire» nord-coréenne

Donald Trump était de retour aux États-Unis, mercredi, et il s’en est rapidement pris à ses détracteurs.
Photo: Evan Vucci Associated Press Donald Trump était de retour aux États-Unis, mercredi, et il s’en est rapidement pris à ses détracteurs.

De retour mercredi aux États-Unis après son sommet historique avec Kim Jong-un, Donald Trump s’en est pris à ceux qui doutent de la portée de cette rencontre, en assurant qu’une « catastrophe nucléaire » avait été évitée et que la menace nord-coréenne n’existait plus.

La rencontre mardi à Singapour a eu un énorme retentissement médiatique, mais ses résultats tangibles, notamment sur le thème clé de la dénucléarisation, suscitent des interrogations.

La formulation de la déclaration commune signée par MM. Trump et Kim, dans laquelle Pyongyang s’engage en faveur d’une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », reste en effet vague. Elle a été critiquée par de nombreux experts, car elle ne mentionne pas deux autres conditions clés de Washington, à savoir que la dénucléarisation soit aussi « vérifiable et irréversible ».

Les interrogations à ce sujet ont visiblement agacé le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, qui, en visite à Séoul, a assuré que le caractère « vérifiable et irréversible » était inclus de facto dans le terme « complète ».

Dans une série de tweets dès son retour à Washington, le président Trump, qui s’était déjà réjoui d’avoir empêché une « catastrophe nucléaire », s’est félicité de l’« expérience intéressante et très positive » qu’a été sa rencontre avec Kim Jong-un.

« Il n’y a plus de menace nucléaire de la part de la Corée du Nord », a-t-il ajouté. « Avant de prendre mes fonctions, les gens pensaient que nous allions entrer en guerre avec la Corée du Nord. Le président Obama disait que la Corée du Nord était notre plus gros et plus dangereux problème. Ce n’est plus le cas — dormez bien ce soir ! »

Avant d’enfoncer le clou avec un dernier tweet visant les médias sceptiques.

« Tellement drôle de regarder les fake news, surtout NBC et CNN. Ils se battent pour minimiser l’accord avec la Corée du Nord. Il y a 500 jours, ils auraient “supplié” pour [que] cet accord [soit conclu] », s’est-il moqué.

Quelle portée?

Reste que des observateurs s’interrogent sur la portée du sommet. L’élu démocrate Adam Schiff, membre de la Commission du renseignement à la Chambre des représentants, a ainsi mis en garde Donald Trump contre toute « naïveté ».

« La Corée du Nord a encore tous ses missiles nucléaires et nous avons seulement une promesse vague de future dénucléarisation de la part d’un régime qui n’est pas digne de confiance. La Corée du Nord est une menace réelle et actuelle. Tout comme l’est un président dangereusement naïf », a-t-il lancé.

Depuis Séoul, Mike Pompeo a répondu au scepticisme en affirmant que les États-Unis avaient « bon espoir » que « l’essentiel du désarmement » nucléaire de la Corée du Nord pourrait intervenir « dans les deux ans et demi à venir », soit d’ici la fin du mandat présidentiel de Donald Trump.

L’agence officielle nord-coréenne KCNA a estimé dans son premier compte-rendu du sommet de Singapour que l’événement préparait la voie à « un tournant radical ».

« Kim Jong-un a invité Trump à effectuer une visite à Pyongyang à un moment opportun, et Trump a invité Kim Jong-un à venir aux États-Unis », a indiqué KCNA. L’agence assure également que Donald Trump a évoqué « une levée des sanctions » contre le régime de Pyongyang. M. Trump n’a, pour l’heure, pas confirmé avoir accepté l’invitation à Pyongyang.