L'avocat de Trump discrédite à son tour l’enquête sur l’ingérence russe

«Il n’y a aucune preuve d’une collusion», a martelé Rudy Giuliani sur CNN.
Photo: Andrew Harnik Associated Press «Il n’y a aucune preuve d’une collusion», a martelé Rudy Giuliani sur CNN.

Washington — Rudy Giuliani, l’avocat de Donald Trump, a renouvelé dimanche ses attaques sur l’enquête russe du procureur spécial Robert Mueller en tentant de saper le bien-fondé de cette enquête, qualifiée d’« illégitime ».

L’enquête, chargée de déterminer l’existence d’une collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de M. Trump lors de l’élection présidentielle de 2016, « n’aurait jamais dû commencer. Il n’y a aucune preuve d’une collusion », a martelé Rudy Giuliani sur CNN.

Pour appuyer son propos, il a expliqué « ne plus croire » que l’enquête de Robert Mueller, déclenchée après le limogeage par M. Trump du directeur du FBI, James Comey, soit « légitime ».

« Comey a écrit une note et l’a fait fuiter illégalement [...]. Du coup, on a Mueller, et c’est illégal. Il n’y a pas de fondement », a assuré l’ancien maire de New York.

Ces propos font écho à ceux du président lui-même, qui n’a de cesse de tempêter contre cette enquête qu’il a déjà qualifiée de « plus grosse chasse aux sorcières de l’histoire américaine ».

Le milliardaire républicain pourrait cependant accepter d’être entendu par M. Mueller, à certaines conditions, comme l’a rappelé Rudy Giuliani.

Une enquête « truquée »

« Sa volonté de le faire est toujours intacte », a-t-il déclaré, précisant que l’équipe d’avocats du président, dont il fait partie, craint que l’enquête ne soit « truquée ».

M. Giuliani souhaite que l’entretien se limite à deux volets : la collusion et l’entrave à la justice. L’équipe de Robert Mueller pourrait y consentir, selon lui.

« Nous sommes à l’aise avec l’aspect collusion, parce qu’il n’y en a pas eu. Mais je ne suis pas autant à l’aise avec l’aspect entrave à la justice. Le président, oui, il est innocent. Moi pas autant parce que c’est une question d’interprétation », a-t-il dit.

Un volet de l’enquête russe cherche à déterminer si le licenciement de James Comey est une entrave à la justice de la part du président.

« Nous n’allons pas le faire s’asseoir autour d’une table si c’est un piège au parjure. Et tant que nous n’en sommes pas convaincus et qu’ils ne nous montrent pas les bons documents, nous allons refuser », a cependant prévenu M. Giuliani sur Fox News.

Avant ces interviews dans la matinée dimanche, Donald Trump a de nouveau tonné sur Twitter contre « les belles et jeunes vies » « dévastées et détruites par la fausse chasse aux sorcières sur la collusion russe », en apparente référence aux employés de la Maison-Blanche éclaboussés par l’affaire.

« Ils sont venus à Washington des étoiles dans les yeux pour aider notre pays… Ils sont rentrés chez eux en lambeaux ! », s’est-il indigné.

Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, lui a répondu, également sur Twitter : « L’enquête du procureur spécial a débouché sur des inculpations ou des plaider-coupable de 19 personnes et trois entreprises. »