À Toronto, James Comey compare Donald Trump à un chef mafieux

Dans le cadre d’un événement intitulé «Leaders and Icons», James Comey s’est désolé de l’état actuel de la politique américaine.
Photo: Marta Iwanek La Presse canadienne Dans le cadre d’un événement intitulé «Leaders and Icons», James Comey s’est désolé de l’état actuel de la politique américaine.

De passage à Toronto, l’ex-patron de la police fédérale américaine (FBI) a comparé le président Donald Trump à un chef mafieux et a défendu sa décision de rouvrir l’enquête sur les courriels de Hillary Clinton à quelques jours de l’élection présidentielle.

Dans le cadre d’un événement intitulé « Leaders and Icons », James Comey s’est désolé de l’état actuel de la politique américaine.

La vérité a été évacuée du débat public, a-t-il déploré, lors d’une discussion avec la femme d’affaires Heather Reisman.

L’ex-dirigeant du FBI a expliqué que le président Donald Trump, à l’instar d’un patron de la mafia sicilienne, ne se réfère qu’à lui-même.

Donald Trump prend ses décisions sans être convenablement renseigné parce que personne n’ose le confronter, a-t-il poursuivi.

Affaire russe

Le président américain a congédié M. Comey il y a presque exactement un an, possiblement parce qu’il était mécontent de voir le FBI enquêter sur la présumée collusion entre la Russie et son équipe de campagne lors de l’élection de 2016.

James Comey a refusé de prédire si l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur ces possibles liens entre le Kremlin et l’entourage de Donald Trump pourrait conduire au dépôt d’accusations contre le président ou à un processus de destitution.

« Je ne peux pas m’appuyer sur quoi que ce soit que je vois dans les médias parce qu’il n’y a aucune fuite d’information provenant de l’opération de Robert Mueller, alors je ne sais pas ce qu’il sait », a-t-il expliqué.

« Ce que je sais, c’est que son équipe et lui sont des professionnels étoiles », a-t-il avancé.

Enquête sur Clinton

M. Comey, qui vient de faire paraître le livre A Higher Loyalty, a également abordé le sujet de la gestion des courriels de l’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton.

Il s’est montré catégorique en affirmant qu’il n’avait d’autre choix que d’annoncer, à peine onze jours avant la tenue du dernier scrutin, qu’il relançait l’enquête sur celle qui était alors la candidate démocrate à la présidence.

L’indépendance du FBI et du département de la Justice ne doit faire aucun doute, a-t-il martelé, et l’information qui a été portée à leur attention les a contraints à aviser le grand public.

Étouffer cette affaire se serait avéré « catastrophique », a-t-il maintenu, non seulement pour ces institutions, mais aussi pour Mme Clinton si elle avait été portée au pouvoir.

Après avoir conclu cette seconde enquête, James Comey avait caractérisé les pratiques de Mme Clinton en matière de correspondance électronique d’« extrêmement imprudentes ». Aujourd’hui, il opterait plutôt pour les mots « vraiment bâclées ».

Ultimement, dit-il, le FBI avait obtenu « la preuve d’actes répréhensibles », mais elle n’était pas suffisante pour traduire la politicienne en justice. Rien n’indique que Mme Clinton savait qu’elle était dans le tort.

James Comey n’exprime aucun regret quant à ses décisions.