Donald Trump admet avoir versé 130 000 $ à Stormy Daniels

L’actrice Stephanie Clifford, alias Stormy Daniels, et son avocat Michael Avenatti en avril dernier
Photo: Eduardo Munoz Alvarez Agence France-Presse L’actrice Stephanie Clifford, alias Stormy Daniels, et son avocat Michael Avenatti en avril dernier

Mis en difficulté par l’actrice de films pornographiques Stormy Daniels, qui affirme avoir eu une liaison avec lui, le président américain Donald Trump a radicalement changé de stratégie jeudi en admettant avoir déboursé 130 000 $ pour qu’elle se taise.

Jusque-là, M. Trump assurait ne rien savoir de ces 130 000 $, versés par son avocat personnel à la femme blonde et plantureuse, qui a saisi la justice pour invalider cet accord de confidentialité.

La transaction entre Michael Cohen et Mme Daniels avait été négociée un mois avant l’élection présidentielle remportée par M. Trump.

La relation sexuelle présumée remontait à 10 ans plus tôt, à une époque où Donald Trump était déjà marié à son épouse actuelle, Melania.

Dans une justification déroulée sous forme de tweets, M. Trump a expliqué jeudi qu’un tel paiement était chose courante dans l’univers des personnalités publiques. Et que cela n’avait pas été prélevé sur le financement de sa campagne électorale, ce qui aurait été illégal.

« M. Cohen, un avocat, recevait une avance mensuelle sur honoraires […] qui n’avait rien à voir avec l’équipe de campagne, en vertu de laquelle il a conclu, avec remboursement, un contrat privé entre deux parties. »

« Ces accords [de confidentialité] sont très fréquents parmi les célébrités et les personnes fortunées. En l’espèce, il est pleinement en vigueur et sera utilisé dans l’arbitrage en dommages-intérêts contre Mme Clifford [Daniels] », a-t-il poursuivi, en utilisant le nom véritable de l’actrice de films X âgée de 39 ans.

Une tentative d’« extorsion », dit Trump

Selon le président, cette transaction avait pour but de « mettre fin aux accusations fausses » de Stormy Daniels, qu’il accuse de chercher à lui « extorquer » de l’argent.

Donald Trump s’était exprimé directement sur ce dossier pour la première fois le 5 avril à bord de l’avion présidentiel Air Force One. Interrogé pour savoir s’il était au courant du versement de M. Cohen à Stormy Daniels, il avait répondu : « Non. »

À la question de savoir pourquoi l’avocat avait effectué ce paiement, M. Trump avait répondu : « Il faut demander à Michael Cohen. Michael est mon avocat. »

« Savez-vous où il a trouvé l’argent pour effectuer ce paiement ? » lui avait encore demandé un journaliste. « Non, je ne sais pas », avait-il dit.

L’arrivée de Rudy Giuliani

Le virage serré pris par la Maison-Blanche dans ce dossier embarrassant a été amorcé mercredi soir par Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York que M. Trump vient de recruter pour dynamiser son équipe d’avocats.

À la surprise générale, M. Giuliani a affirmé à Fox News que M. Trump avait remboursé à Michael Cohen les 130 000 $, semblant contredire les précédentes déclarations du président.

« Cet argent versé par son avocat […], le président l’a remboursé sur une période de plusieurs mois », a dit M. Giuliani, en évoquant un paiement « parfaitement légal ».

M. Giuliani a ensuite précisé que le remboursement par M. Trump « effaçait » l’éventualité d’une violation des règles de financement électoral.

Selon lui, M. Trump a ainsi versé à M. Cohen entre 460 000 $ et 470 000 $ afin de rembourser la somme versée à l’actrice ainsi que « des dépenses secondaires », sans autre précision.

Le flamboyant avocat de Stormy Daniels, Michael Avenatti, a rapidement réagi aux déclarations de M. Giuliani, accusant sur Twitter M. Trump d’avoir « ouvertement menti ».

« Nous avions prédit il y a des mois qu’il serait prouvé que le peuple américain a été trompé concernant le paiement des 130 000 $ et sur ce que savait M. Trump, quand il le savait », a-t-il tweeté.

New York efface Trump

New York — Le nom « Trump » va-t-il disparaître du paysage immobilier new-yorkais ? Trois immeubles résidentiels dans l’Upper West Side à Manhattan l’ont déjà retiré de leur façade et un quatrième a obtenu jeudi le droit de faire de même, malgré les objections de la Trump Organization. Depuis la campagne présidentielle de 2016, les habitants de plusieurs luxueux immeubles new-yorkais portant le nom de famille de Donald Trump — même s’il n’en est pas propriétaire — ne voulaient plus le voir orner leur façade. Cette bataille illustre les récents déboires de l’empire immobilier du président, dont le nom est associé à plus d’une douzaine de résidences et d’hôtels à New York, mais aussi dans d’autres villes américaines et ailleurs dans le monde, de Toronto aux Philippines.