Le secrétaire d'État américain vilipende l'Iran

Le nouveau chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo (en arrière-plan), a atterri dimanche soir à Amman pour des entretiens lundi avec des responsables jordaniens.
Photo: Thomas Coex Agence France-Presse Le nouveau chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo (en arrière-plan), a atterri dimanche soir à Amman pour des entretiens lundi avec des responsables jordaniens.

Le nouveau chef de la diplomatie américaine a clairement affiché dimanche en Arabie saoudite et en Israël la ligne dure de son pays envers l’Iran, deux semaines avant la décision attendue de Donald Trump concernant l’accord sur le nucléaire iranien.

Après des visites rapides chez ces deux alliés stratégiques de Washington, qui considèrent l’Iran comme leur ennemi et sont hostiles à cet accord, Mike Pompeo a atterri en soirée à Amman pour des entretiens lundi avec des responsables jordaniens.

« L’ambition de l’Iran reste de dominer le Moyen-Orient », a affirmé le nouveau secrétaire d’État américain à la presse à Tel-Aviv, après un entretien avec le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou. Téhéran « doit être stoppé, son projet de bombes nucléaires doit être stoppé, son agression doit être stoppée », a dit M. Nétanyahou.

À Riyad comme à Tel-Aviv, l’accord sur le nucléaire de 2015 négocié entre six grandes puissances et l’Iran a été au centre des discussions. Vent debout contre ce texte qui a pour but de limiter le programme nucléaire de Téhéran et l’empêcher de se doter de la bombe atomique en échange de la levée de sanctions économiques, M. Trump doit annoncer le 12 mai s’il le « déchire ». « Si nous ne pouvons pas le modifier, [le président] s’en retirera », a prévenu M. Pompeo à Tel-Aviv.

À Washington, le conseiller à la sécurité nationale John Bolton a affirmé que M. Trump n’avait pas encore tranché.

La Maison-Blanche a fait savoir plus tard que M. Trump s’était entretenu samedi avec M. Nétanyahou sur la question iranienne. « Les deux dirigeants ont discuté des menaces et défis auxquels le Moyen-Orient continue d’être confronté, et en particulier les problèmes posés par les activités de déstabilisation du régime iranien. »

Rohani inflexible

Alors que Mike Pompeo assurait que Washington allait « continuer à travailler » avec ses « alliés européens » pour « corriger » l’accord nucléaire, le président iranien, Hassan Rohani, a réitéré à son homologue français, Emmanuel Macron, la position de son pays.

Ce texte « n’est en aucune manière négociable », lui a-t-il dit lors d’une conversation téléphonique, selon la présidence iranienne.

D’après la présidence française, M. Macron a fait part à son homologue iranien « de son souhait que les acquis de la négociation de 2015 soient préservés et que les discussions puissent s’ouvrir sur les trois sujets additionnels indispensables que sont le contrôle de l’activité nucléaire [de l’Iran] après 2025, [son] programme balistique et les principales crises régionales » dans lesquelles Téhéran est impliqué.

Ces sujets recoupent trois des « quatre piliers » d’un possible nouvel accord récemment évoqués par M. Macron auprès de M. Trump, l’accord nucléaire actuel devant être le « premier ».

Ces trois « éléments importants » ont été l’objet de discussions téléphoniques que Theresa May a tenues dimanche avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et M. Macron, d’après le bureau de la première ministre britannique.

En bref

Le secrétaire d’État américain a réaffirmé dimanche le plein soutien de Washington à son allié saoudien sur le conflit au Yémen, qui a pris une tournure de « guerre par procuration » entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

Au sujet de la crise diplomatique du Golfe qui oppose le Qatar à ses voisins depuis près d’un an, le nouveau secrétaire d’État a insisté sur la « nécessaire unité » de ces pays afin de faire face au « défi commun » posé par l’Iran.

En Israël, la question palestinienne n’a été évoquée que de façon très générale. M. Pompeo s’est contenté de dire que la Maison-Blanche souhaitait « une paix durable et globale » entre Israéliens et Palestiniens. Ces derniers, en colère, boycottent le gouvernement américain depuis la décision du président Donald Trump de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem aux environs du 14 mai.