La désescalade nucléaire se précise

Lors d'un sommet intercoréen historique, Kim Jong-un et le président sud-coréen, Moon Jae-in, ont convenu de parvenir à «une péninsule coréenne non nucléaire».
Photo: Greg Baker Agence France-Presse Lors d'un sommet intercoréen historique, Kim Jong-un et le président sud-coréen, Moon Jae-in, ont convenu de parvenir à «une péninsule coréenne non nucléaire».

Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, aurait proposé, selon Séoul, de fermer son site d’essais atomiques en mai et d’inviter dans le pays reclus des experts américains, alors que Donald Trump se montrait optimiste sur la possibilité d’un accord nucléaire avec Pyongyang.

Cette promesse relayée dimanche par la présidence sud-coréenne est la dernière illustration en date du tourbillon diplomatique qui s’est emparé ces derniers mois de la péninsule, avec vendredi un sommet intercoréen historique. M. Kim et le président sud-coréen, Moon Jae-in, ont convenu à cette occasion de parvenir à « une péninsule coréenne non nucléaire ».

Pendant des années, Pyongyang a soutenu qu’il ne renoncerait jamais à l’arme atomique, indispensable selon lui pour le protéger d’une invasion américaine.

« M. Kim a déclaré : “Les États-Unis nous trouvent repoussants, mais une fois que nous parlerons, ils se rendront compte que je ne suis pas quelqu’un qui va tirer une arme nucléaire sur [la Corée du] Sud ou les États-Unis ou viser les États-Unis” », a dit Yoon Young-chan, le porte-parole de la présidence sud-coréenne.

Il est vraisemblable que ces déclarations soient perçues comme une carotte avant un autre sommet très attendu, cette fois entre M. Kim et le président américain, Donald Trump, lequel a fait montre d’un optimisme prudent. La rencontre aura lieu « dans les trois ou quatre prochaines semaines », a dit le chef de la Maison-Blanche lors d’un rassemblement de ses partisans dans le Michigan, et elle sera « très importante ».

Sommet attendu

M. Trump a promis de « rendre un grand service à la planète » en parvenant à un accord sur le nucléaire avec Pyongyang.

Il a été prompt à mettre son rôle en exergue dans la détente en cours, avec ce que la Maison-Blanche qualifie de « campagne de pressions maximales », soit des discours très durs, le renforcement des sanctions et l’isolement diplomatique.

« Vous vous rappelez ce qu’ils disaient ? “Il va nous plonger dans une guerre nucléaire” », a lancé M. Trump. « Non, la force va nous préserver de la guerre nucléaire, elle ne va pas nous y plonger ! »

Mais il a également prévenu que le sommet pourrait tourner court. « Ce qui arrivera arrivera. Je peux y aller. Ça peut ne pas marcher. » Dans ce cas, « je pars », a-t-il déclaré.

D’après CBS News, la rencontre pourrait se tenir en Mongolie ou à Singapour.

Selon Séoul, M. Kim s’est aussi dit prêt à parler avec Tokyo « à tout moment » alors que le Japon redoute d’être le laissé-pour-compte de la frénésie diplomatique actuelle.

On ignore si le Nord propose d’accueillir des spécialistes américains sur son site d’essais souterrains de Punggye-ri avant ou après le sommet avec M. Trump.

M. Kim a également balayé l’idée que le site soit hors d’usage, comme l’ont suggéré certains experts, après le dernier test atomique en septembre.

Le Nord a déjà invité des spécialistes étrangers sur son principal site nucléaire de Yongbyon en 2008 quand il avait détruit une tour de refroidissement vétuste, relève Hong Ming, analyste à l’Institut coréen pour l’unification nationale.

Il juge la situation plus prometteuse aujourd’hui. « Il y a une grande différence entre faire sauter une tour de refroidissement et démanteler son unique site de tests nucléaires, le seul en état de fonctionnement si Kim dit vrai », observe l’expert. Pour lui, le Nord-Coréen « abandonne par avance un pion majeur qu’il aurait pu conserver pour la rencontre avec Trump ».

« Vu qu’il ne s’agit que d’un geste de conciliation avant la rencontre, celle-ci est susceptible de produire quelque chose de plus concret, y compris l’éventail d’armes et d’installations nucléaires à démanteler et un calendrier spécifique pour ce faire. »

Mais, prévient Adam Mount, de la Fédération des scientifiques américains de Washington, la bonne volonté affichée par M. Kim pourrait être destinée à « tirer parti de la tendance troublante de M. Trump à prendre au mot les dirigeants autoritaires ».



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