Gouvernement Trump: Jackson retire sa candidature, Pruitt s’explique sur son train de vie

Ronny Jackson a retiré jeudi sa candidature au ministère des Anciens Combattants.
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Ronny Jackson a retiré jeudi sa candidature au ministère des Anciens Combattants.

Mauvaise journée pour les hommes de Donald Trump : Ronny Jackson, le médecin militaire de la Maison-Blanche, a retiré jeudi sa candidature au ministère des Anciens Combattants après des révélations embarrassantes, tandis que le ministre de l’Environnement, Scott Pruitt, a dû s’expliquer au Congrès sur un scandale de dépenses excessives et illégales.

« Même si je serai toujours reconnaissant envers président Trump pour la confiance placée en moi en me donnant cette chance, je retire avec regret ma nomination au poste de ministre des Anciens Combattants », a déclaré dans un communiqué l’amiral Jackson, ébranlé par des soupçons sur son comportement au travail et en dehors, révélés par un rapport de l’opposition démocrate.

Le Sénat avait reporté mardi une audience pour sa confirmation, qui devait intervenir un mois après sa nomination, faite sur Twitter, par le président américain.

La Maison-Blanche a plusieurs fois été épinglée pour avoir fait des annonces ministérielles sans vérifier les antécédents des candidats, notamment concernant des conflits d’intérêts ou des questions d’éthique. Des personnes sélectionnées pour le ministère du Travail ou le secrétariat à l’Armée et la Marine ont ainsi déjà jeté l’éponge avant leur audition au Sénat.

Quant au chef de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, il a notamment dû justifier devant une commission parlementaire les 43 000 dollars dépensés sans l’accord du Congrès — un acte illégal — pour installer une cabine téléphonique insonorisée dans son bureau.

M. Pruitt, un défenseur des industries fossiles, a invoqué des impératifs de sécurité et a rendu son équipe responsable des irrégularités.

Son explication n’a pas convaincu certains parlementaires. « Vous avez mis en cause de manière répétée votre chef de cabinet, votre conseiller juridique, des responsables de l’Agence, nous avons des inquiétudes réelles sur ce qu’il se passe », a jugé le démocrate Ben Lujan.

Ronny Jackson, pour sa part, était accusé de surprescription de médicaments au sein de l’armée ainsi qu’à la Maison-Blanche, mais également d’avoir instauré un environnement professionnel hostile et d’avoir été aux prises avec une consommation excessive d’alcool. Il aurait notamment été victime d’un accident de la route au volant d’un véhicule du gouvernement après une soirée arrosée.

Selon la presse, il était surnommé « Candy Man » (« l’homme aux bonbons ») en raison de sa propension à prescrire des médicaments.

Donald Trump a regretté la décision de son candidat, estimant qu’il avait été « traité très, très injustement ». Deux jours plus tôt, il avait pourtant suggéré à demi-mot à l’amiral Jackson de se retirer.

Le milliardaire républicain a annoncé jeudi matin à Fox News qu’il avait déjà une idée pour remplacer l’amiral Jackson. Ce serait « quelqu’un de très bien » et « ayant des capacités politiques », a-t-il dit, sans vouloir donner son nom.

Après plus de 15 ans de guerre ininterrompue, le ministère des Anciens Combattants a le plus grand mal à prendre en charge les millions d’anciens soldats que comptent les États-Unis. Les révélations de gestion désastreuse y abondent depuis plus d’une décennie.

Selon un sondage publié jeudi par NBC et le Wall Street Journal, une majorité d’Américains (56 %) estime que le gouvernement Trump n’est « pas compétent ».


Pompeo investi secrétaire d’État

Washington — À peine investi, le nouveau chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s’est envolé pour une réunion de l’OTAN à Bruxelles vendredi, avant une tournée en Arabie saoudite, en Israël et en Jordanie, « des partenaires clés dans la région ». Le président américain, Donald Trump, s’est dit « ravi » de la confirmation de l’homme qu’il a choisi pour occuper cette fonction cruciale après avoir déjà fait de ce faucon son chef de la CIA. Il devra se saisir immédiatement de deux dossiers brûlants : l’avenir de l’accord iranien et la Corée du Nord, dont il a rencontré le dirigeant récemment. Ex-militaire de 54 ans, à la tête depuis janvier 2017 de l’agence de renseignement la plus puissante au monde, Mike Pompeo a traversé un épineux processus de confirmation parlementaire après sa nomination par Trump mi-mars. Il a fait face à l’opposition d’une majorité de démocrates, qui dénoncent son attitude va-t-en-guerre et des propos jugés islamophobes et homophobes, ainsi qu’à l’aile libertarienne des républicains craignant ses velléités interventionnistes.