Élection partielle serrée en Pennsylvanie

Les électeurs de la 18e circonscription de Pennsylvanie, ancienne région industrielle, ont voté toute la journée pour départager les candidats républicain Rick Saccone et démocrate Conor Lamb.
Photo: Drew Angerer / Getty Images North America / Agence France-Presse Les électeurs de la 18e circonscription de Pennsylvanie, ancienne région industrielle, ont voté toute la journée pour départager les candidats républicain Rick Saccone et démocrate Conor Lamb.

Le parti républicain du président américain Donald Trump a perdu mardi une partie de sa base électorale lors d’une élection partielle en Pennsylvanie, mais les résultats étaient trop serrés pour déterminer le vainqueur plus de deux heures après la fermeture des bureaux de vote.
 

Le républicain Rick Saccone et le démocrate Conor Lamb étaient au coude-à-coude après le dépouillement des voix de plus de 98 % des bureaux, séparés par moins d’1 % des voix.
 

Quoiqu’il arrive, ce résultat marque une progression exceptionnelle du parti démocrate, dans une circonscription remportée par Donald Trump avec près de 20 points contre Hillary Clinton en novembre 2016, et où le parti démocrate avait renoncé à présenter des candidats aux deux dernières élections.
 

Les démocrates, s’ils échouent à conquérir la 18e circonscription de Pennsylvanie, ancienne région industrielle, espèrent que leur haut score dopera l’enthousiasme de leurs sympathisants et électeurs à huit mois des élections législatives de mi-mandat, lorsque la totalité de la Chambre des représentants et le tiers du Sénat seront renouvelés.
 

Les instances nationales du parti démocrate avaient cherché à faire de ce scrutin un référendum sur Donald Trump, persuadées que l’occupant de la Maison Blanche a perdu de sa superbe dans les régions économiquement sinistrées qui l’ont plébiscité en novembre 2016.
 

Mais le candidat démocrate lui-même s’en était bien gardé, conscient que pour l’emporter, il devrait convaincre des électeurs de la classe ouvrière qui restent fidèles au président et à ses idées.
 

Les habitants « sont très nombreux à vouloir que je travaille avec le président », a répété Conor Lamb mardi, dans cette circonscription au sud de Pittsburgh, ex-capitale de l’acier.


En campagne, cet ancien procureur et avocat militaire a pris soin de ne pas railler ou critiquer le président républicain. Sur le fond, il est opposé à un resserrement des lois sur les armes et il soutient les tarifs douaniers imposés récemment par le chef de l’État sur l’acier et l’aluminium étrangers.
 

L’élection de mardi, à elle seule, ne modifiera pas l’équilibre de la Chambre des représentants où la majorité républicaine est large, avec 238 sièges sur 435.
 

Mais les démocrates tentent depuis l’accession au pouvoir de Donald Trump de prouver qu’ils sont capables de convertir une partie de l’électorat du président, qui serait déçue du début de mandat.

 

Cap vers les élections législatives

Le parti démocrate croit que la Chambre, au moins, est à portée de main en novembre, et peut-être le Sénat.
 

Jusqu’à présent, ils ont échoué à conquérir des circonscriptions républicaines lors d’élections partielles. Leurs succès électoraux sont venus lors de scrutins pour des postes de gouverneurs et lors de la sénatoriale de l’Alabama, quand ce sont les populations entières des États qui étaient appelées aux urnes.
 

Preuve que M. Trump n’est pas le repoussoir dont le parti démocrate fait le portrait, M. Saccone en a fait le moteur de sa campagne.
 

Il a volontiers reçu son soutien en personne lors d’un meeting sur place il y a quelques jours.
 

« L’économie est au plus haut et va continuer de monter. Emplois et salaires en hausse. Votez Rick Saccone pour que ça continue ! » a tweeté Donald Trump.
 

« Il est constamment critiqué à Washington par les médias, la bureaucratie ou par Hollywood. Il a besoin d’un ailier et, en tant qu’ancien de l’armée de l’Air, je veux y aller et protéger ses arrières et l’aider à appliquer son programme », a plaidé Rick Saccone, déjà élu au niveau local, sur Fox Business.
 

Au passage, il a déclaré lors d’un meeting lundi que les supporteurs démocrates éprouvaient une « haine de notre président », « une haine de notre pays » et une « haine de Dieu »… s’attirant les foudres des démocrates.