Élection de mi-mandat: la menace d’ingérence russe reste entière

Le directeur du Renseignement national, Dan Coats, lors de son audition au sénat, mardi
Photo: Andrew Harnik Associated Press Le directeur du Renseignement national, Dan Coats, lors de son audition au sénat, mardi

Washington — Faux comptes sur les réseaux sociaux, campagnes de désinformation, piratage : la Russie va reprendre les recettes qui ont marché en 2016 pour tenter d’influencer les élections parlementaires américaines de novembre, a mis en garde le chef du renseignement Dan Coats.

Auditionné mardi par la Commission du renseignement du Sénat sur l’état des menaces mondiales pour le pays, il a également assuré que le programme nucléaire nord-coréen représentait « une menace existentielle » pour les États-Unis.

Les principaux services de renseignement — CIA, NSA — et le FBI ont déjà dénoncé l’ingérence de la Russie pour favoriser la candidature de Donald Trump à la présidentielle face à Hillary Clinton, au moyen des réseaux sociaux et du piratage d’informations provenant du camp démocrate.

Le président Trump a rejeté ces conclusions et Moscou dément catégoriquement et régulièrement les accusations américaines.

Plusieurs enquêtes parlementaires ont été ouvertes, et un procureur spécial aux pouvoirs étendus a été nommé par le ministère de la Justice pour tenter de faire la lumière sur des soupçons de collusion entre l’équipe de campagne du candidat républicain et la Russie.

« Pas de changement significatif »

« Au sein de la communauté du renseignement, nous n’avons pas vu de preuve de changement significatif » de comportement de la part des Russes, a expliqué M. Coats devant les sénateurs.

« Nous nous attendons à ce que la Russie continue à utiliser la propagande, les réseaux sociaux, les hommes de paille, les porte-parole favorables et d’autres moyens pour monter une grande variété d’opérations destinées à attiser les divisions sociales et politiques aux États-Unis », a-t-il dit.

Les réseaux sociaux Twitter et Facebook ainsi que Google sont accusés depuis plusieurs mois d’avoir malgré eux servi de plateforme à la propagande russe.

Twitter a ainsi fermé près de 4000 comptes douteux liés à une agence de propagande numérique basée en Russie. Facebook a pour sa part admis qu’environ 150 millions d’utilisateurs de son réseau et d’Instagram ont vu des contenus créés par des opérateurs russes pour influencer la présidentielle.

« Il ne devrait y avoir aucun doute sur le fait que la Russie estime que ses efforts ont porté leurs fruits et considère les élections de mi-mandat en 2018 comme une cible pour des opérations d’influence russes », a renchéri Dan Coats, qui chapeaute les activités des services de renseignement américain.

En novembre, les démocrates tenteront de reconquérir la majorité à la Chambre des représentants, où les 435 sièges seront remis en jeu, et au Sénat, qui sera renouvelé d’un tiers (33 sièges).

En janvier, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a menacé la Russie de « conséquences » si elle intervenait dans les élections de novembre, tout en admettant qu’il serait « très difficile de l’en empêcher ».

Corée du Nord

Concernant la menace nord-coréenne, M. Coats a estimé que « l’heure de prendre une décision, sur la façon de répondre, se rapproche ».

Le régime de Pyongyang est sous le coup de multiples trains de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU à cause de ses programmes nucléaire et balistique. L’an passé, le Nord a tiré des missiles capables d’atteindre le territoire continental des États-Unis et mené un sixième essai nucléaire, son plus puissant à ce jour.

« Notre objectif est de parvenir à un règlement pacifique, a souligné le responsable américain. Nous exerçons un maximum de pression sur la Corée du Nord de différentes façons. »

Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, assimile « tout effort visant à lui faire renoncer à ses armes nucléaires à une menace existentielle à l’encontre de sa nation et particulièrement de son leadership », a ajouté Dan Coats, regrettant « la nature provocatrice et l’instabilité manifestées par Kim ».

La trêve olympique a fait baisser les tensions entre la Corée du Sud et son voisin du Nord, alors que les Jeux d’hiver se déroulent à Pyeongchang (Corée du Sud) avec la participation de sportifs nord-coréens. Certains analystes y voient une occasion pour pousser vers un règlement diplomatique à la crise du nucléaire nord-coréen.