Trump réclame un Accord de Paris sur le climat «complètement différent» pour y revenir

Au moment d’annoncer le retrait de son pays, en juin dernier, M. Trump avait soutenu que l’Accord de Paris serait nuisible «aux travailleurs, aux consommateurs, à l’industrie et à l’économie américains».
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Au moment d’annoncer le retrait de son pays, en juin dernier, M. Trump avait soutenu que l’Accord de Paris serait nuisible «aux travailleurs, aux consommateurs, à l’industrie et à l’économie américains».

Le président américain, Donald Trump, évoque la possibilité de revenir sur sa décision de renier l’Accord de Paris sur le climat, même s’il juge toujours qu’il provoquerait un « désastre » pour les Américains et qu’il continue de questionner la réalité du réchauffement climatique.

Dans le cadre d’une entrevue à la chaîne de télévision britannique ITV diffusée dimanche, le chef de la Maison-Blanche a d’abord réitéré que l’Accord de Paris, signé par 196 États, est « un accord terrible » qui aurait provoqué un « désastre » pour les États-Unis.

« Comme d’habitude, ils ont profité des États-Unis, a affirmé Donald Trump. Nous étions dans un accord terrible. Est-ce que j’y retournerais ? Oui, j’y retournerais. J’apprécie Emmanuel Macron [le président français]. J’aimerais cela, mais ce devrait être un bon accord pour les États-Unis. » Il a du même coup évoqué la nécessité d’un accord « complètement différent ».

Le président américain n’a toutefois pas précisé ce que signifierait pour lui un « bon accord ». Au moment d’annoncer le retrait de son pays, en juin dernier, M.Trump avait soutenu que l’Accord de Paris serait nuisible « aux travailleurs, aux consommateurs, à l’industrie et à l’économie américains ». Il avait du même coup réaffirmé son intention de soutenir l’industrie énergétique, dont celle du charbon, la pire source d’énergie fossile.

Réchauffement climatique ?

En entrevue sur les ondes de ITV, Donald Trump a par ailleurs indiqué qu’il croyait en l’« air propre », mais aussi à une « eau propre ».

«Croyez-vous en la réalité du réchauffement climatique?» lui a également demandé le journaliste britannique Piers Morgan. « Il y a un refroidissement et il y a un réchauffement. Ce n’était pas le changement climatique, il était question de réchauffement global. Ça ne fonctionne pas très bien, parce que ça devenait trop froid un peu partout. Les calottes polaires devaient fondre, elles devraient avoir disparu maintenant, mais elles atteignent des records. Elles sont à des niveaux records », a répondu Donald Trump.

Dans les faits, les glaces de l’Arctique connaissent un recul continu depuis plusieurs années, tandis que les plus récentes données climatiques de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) démontrent que les trois dernières années (2015,2016 et 2017) ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur la Terre. Toutes les analyses montrent par ailleurs que les cinq années les plus chaudes dans les annales ont été enregistrées depuis 2010, analysait récemment la NASA.

Bouleversements

Selon l’OMM, le rythme « exceptionnel » des bouleversements climatiques signifie d’ailleurs que la planète pourrait rapidement atteindre un réchauffement de 2 °C.

« Avec la tendance actuelle du réchauffement, on peut déjà prévoir que d’ici 2060 ou 2070, on pourrait atteindre ce seuil », prévenait à la mi-janvier Omar Baddour, coordinateur scientifique à l’OMM. Et « si le réchauffement continue à être accéléré par davantage d’émissions de gaz à effet de serre, on pourra aussi atteindre ce seuil probablement bien avant ces dates ».

Or, l’objectif de l’Accord de Paris est de limiter au moins le réchauffement à 2 °C, tout en ciblant la limite de 1,5 °C, qui permettrait d’éviter les pires effets des bouleversements climatiques. Mais les engagements des États signataires sont pour l’instant insuffisants pour respecter cet objectif, constate le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dans une ébauche de son prochain rapport, attendu pour le mois d’octobre.


 
2 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 27 janvier 2018 22 h 22

    Déjà que

    l'Accord de Paris avait de grandes faiblesses et n'était pas assez contraignant et quIl est déjà dépassé... Alos Trump qui a ouvert toutes ses côtes (sauf bien sûr celles de Floride) à l'exploitation pétrolière, peut bien blablater et ergoter et dire un jour ceci et le lendemain cela, cèstselon. On ferait mieux de se préparer à l'ère des catastrophes atmosphériques pour de nombreuses générations - du moins tant qu'il pourra y avoir des générations futures.

  • Denis Paquette - Abonné 27 janvier 2018 23 h 34

    Quel affaire , le monde dirigé par un socio affectif

    Quel, être instable pour ne pas dire socio affectif,et, on l'a élu pour diriger le monde,serait-ce que c'est toute la société américaine qui est devenue socio affective, enfin ne dit-on pas que ca prends de tout, pour faire un monde, est-ce que la vie n'est pas ainsi faite, que les gagnants ne sont pas nécessairement les plus intelligents, est ce que ca ne vous est pas déjà arriver de voir un individu jouer sa paye au complet, sans autres retenues, n'est-ce pas ce que l'on appelle un être socio-affectif, et oui le monde est ainsi fait, avez-vous déjà regarder un enfant faire son apprentissage a partir d'essais et erreurs , n'est ce pas la thecnique de Donald Trump