Trump dévoile ses «Fake News Awards»

Le président américain, Donald Trump, a publié mercredi son palmarès des «Fake News Awards».
Photo: Evan Vucci Associated Press Le président américain, Donald Trump, a publié mercredi son palmarès des «Fake News Awards».

Le président américain a publié mercredi son palmarès des « fake news awards ». Il place en première position le New York Times et son journaliste Paul Krugman qui prédisait que les marchés boursiers ne se remettraient jamais de l’élection de Trump.

Parmi les dix autres nouvelles qualifiées de « fausses » par Donald Trump, on retrouve un reportage de Brian Ross, de ABC News, sur un faux rapport sur l’ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn.

Au palmarès figure aussi ce que Trump qualifie de « plus grand canular » perpétré envers le peuple américain, soit la couverture de l’enquête sur la collusion avec la Russie.

En lettre majuscule, le président n’a pas manqué de souligner que « IL N’Y A PAS DE COLLUSION ». Ironiquement, le site hébergeant les résultats est resté inaccessible plusieurs minutes après que Trump a annoncé sur son compte Twitter la publication du classement.

Ces « récompenses », promises par le dirigeant de la première puissance mondiale aux médias « les plus corrompus et les plus biaisés », devaient initialement être annoncées la semaine dernière, mais ont été repoussées.

 
Des «assauts» contre la presse

Deux sénateurs républicains ont donné de la voix mercredi pour dénoncer, en termes extrêmement forts, les « assauts » du président américain Donald Trump contre la presse, l’un d’eux l’accusant d’avoir recours à une rhétorique stalinienne.

« 2017 fut l’année où la vérité — objective, empirique, basée sur des faits — a été plus la plus bousculée et maltraitée dans l’histoire de notre pays, aux mains du personnage le plus important de notre gouvernement », a lancé devant le Congrès le sénateur Jeff Flake, farouche détracteur du locataire de la Maison-Blanche.

L’expression “fake news” [fausses nouvelles], à laquelle le président américain a donné une légitimité, est utilisée par des autocrates pour réduire au silence des journalistes

 

Le président américain, dont les attaques contre les journalistes « malhonnêtes » sont quasi quotidiennes, reproche en particulier à ces derniers d’accorder trop d’attention à l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une éventuelle collusion avec la Russie qui est selon lui sans fondement.

Quelques heures avant le discours de M. Flake, un autre sénateur républicain, John McCain, ancien candidat à la présidentielle et figure du Congrès, avait, dans une tribune publiée dans le Washington Post, appelé M. Trump à arrêter « d’attaquer la presse ».

Pour Jeff Flake, qui a annoncé qu’il ne se représenterait pas à l’issue de son mandat fin 2018, le temps du sursaut est venu : il n’est plus possible d’ignorer les « assauts » contre les médias d’un président « qui ne supporte pas la critique ».

« “L’ennemi du peuple”, c’est comme cela que le président des États-Unis a qualifié la presse en 2017 », a-t-il lancé, rappelant que ces mots « tristement célèbres » avaient été prononcés par l’ancien dirigeant soviétique Joseph Staline « pour décrire ses ennemis ».

 
Photo: Saul Loeb Archives Agence France-Presse Pour le sénateur Jeff Flake, il n’est plus possible d’ignorer les «assauts» contre les médias du président Trump.

« Voilà où nous en sommes »

Pour John McCain, qui a plusieurs fois défié Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, l’attitude du président vis-à-vis des médias pose un problème pour l’Amérique, mais aussi pour le monde.

« Que Trump en soit conscient ou pas, ses actes sont observés de près par des dirigeants étrangers qui utilisent déjà ses mots comme excuse », a-t-il souligné, dénonçant l’attitude « incohérente » voire « hypocrite » de l’administration vis-à-vis de la liberté de la presse.

« Tandis que des responsables condamnent souvent les violences contre des journalistes à l’étranger, Trump continue ses attaques incessantes contre l’intégrité de journalistes et de médias américains », a-t-il déploré.

« L’expression “fake news” [fausses nouvelles] à laquelle le président américain a donné une légitimité, est utilisée par des autocrates pour réduire au silence des journalistes », a encore écrit le sénateur de 81 ans, qui avait, durant la campagne, dénoncé sans détour le comportement de l’homme d’affaires de New York.

« Les journalistes jouent un rôle central dans la promotion et la protection de la démocratie et de nos droits inaliénables », a-t-il ajouté, déplorant lui aussi l’annonce présidentielle des « Fake News Award ».

Interrogée mardi sur cet événement aux contours flous, Sarah Sanders, porte-parole de Donald Trump, est restée aussi évasive que possible.

« Le fait qu’un président américain puisse s’adonner à un tel spectacle défie l’entendement », a estimé le sénateur Flake. « Mais voilà où nous en sommes. »

4 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 17 janvier 2018 15 h 07

    Deux

    Deux sur 51: ça brasse dans la cage républicaine!

  • Cyril Dionne - Abonné 17 janvier 2018 19 h 19

    Autant en emporte le vent

    Jeff Flake ne se présente pas et John McCain, 82 ans et un ancien candidat à la présidence, est atteint d’un cancer et donc n’a plus rien à perdre.

    Aussi bien passer son temps à voir la peinture sécher.

  • Michel Lebel - Abonné 18 janvier 2018 09 h 42

    Perte de temps!


    Qu'il a du temps à perdre le Donald! Passons!

    M.L.

  • Colette Pagé - Inscrite 18 janvier 2018 10 h 27

    Le bouffon distributeur de leçon !

    Heureusement ni le Washington Post ni le New York Times pas plus que CNN ne seront affectés par cette déclaration du Président américain, menteur pathologique narcissique et raciste qui a de la graine de dictateur et qui n'aime que les médias rarissimes qui vantent ses mérites.

    Et pendant ce temps les abonnements aux journaux anti-Trump s'envolent et sa cote de popularité s'effrite de jours en jours jusqu'à, il faut le souhaiter, sa destitution pour cause de népotisme et de conflits d'intérets.