ONU: Washington punit les Palestiniens

En coupant l’aide aux réfugiés palestiniens, Trump renouvelle la volonté des États-Unis de se retirer un peu plus de la scène internationale.
Photo: Alex Wong Getty images AFP En coupant l’aide aux réfugiés palestiniens, Trump renouvelle la volonté des États-Unis de se retirer un peu plus de la scène internationale.

Les États-Unis ont décidé mardi de « geler » plus de la moitié de leurs versements prévus à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, nouveau message de défiance à l’égard de l’ONU qui est également un nouveau coup dur pour les Palestiniens.

Sur les 125 millions de dollars de contribution volontaire américaine escomptée par cette agence, l’UNRWA, pour 2018, Washington a confirmé l’octroi d’une « première tranche » de 60 millions pour payer notamment les salaires dans les écoles et le système de santé en Jordanie, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a annoncé le département d’État américain.

« Sans cet argent », « les opérations de l’UNRWA étaient menacées », a justifié un responsable.

Mais les 65 millions restants « vont être retenus » jusqu’à nouvel ordre. « Ils sont gelés à ce stade, ils n’ont pas été annulés », a assuré la porte-parole du département d’État, Heather Nauert, devant la presse à Washington.

La diplomatie américaine, qui ne cesse de critiquer l’ONU depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump il y a un an, réclame de « revoir en profondeur la manière dont l’UNRWA fonctionne et son financement ». Elle demande à d’autres pays de contribuer davantage, car les États-Unis ne veulent plus fournir à eux seuls 30 % des fonds de cette agence.

Pour débloquer la seconde tranche, il faudra donc que « des réformes soient engagées » afin de « faire en sorte que l’argent soit mieux dépensé », a prévenu Heather Nauert.

Conséquences

Priver l’UNRWA de ce montant « aura des conséquences dévastatrices pour les réfugiés palestiniens vulnérables au Moyen-Orient », a prévenu le secrétaire général de l’organisation Norwegian Refugee Council, Jan Egeland, dans un communiqué.

Cette décision s’inscrit dans un bras de fer entre le gouvernement Trump et l’ONU, accusée par Washington de dépenser trop et mal, sur fond de retrait des Américains de la scène multilatérale au nom du slogan « l’Amérique d’abord », qui a mené le président républicain à la Maison-Blanche.

Le secrétaire général de l’ONU António Guterres avait d’ailleurs fait part mardi, avant l’annonce de la décision américaine concernant l’UNRWA, de sa « grande inquiétude », estimant que la fin des financements américains provoquerait « un problème très, très important ».