Trump dénonce l'intervention de la justice dans le dossier des Dreamers

Le programme DACA permet à des jeunes sans-papiers arrivés aux États-Unis alors qu'ils étaient mineurs de travailler et étudier légalement.
Photo: Robyn Beck Archives Agence France-Presse Le programme DACA permet à des jeunes sans-papiers arrivés aux États-Unis alors qu'ils étaient mineurs de travailler et étudier légalement.

Donald Trump a dénoncé mercredi un système judiciaire « injuste » après la décision d’un juge de Californie de bloquer temporairement l’abrogation d’un programme permettant à de jeunes sans-papiers de travailler et d’étudier aux États-Unis.

Le juge William Alsup de San Francisco a ordonné mardi au gouvernement de remettre en oeuvre intégralement ce programme sur l’ensemble du territoire américain en attendant un jugement final ou une nouvelle décision.

« Nous jugeons cette décision scandaleuse », a indiqué Sarah Sanders, porte-parole de Donald Trump, soulignant qu’elle était survenue le jour même d’une réunion à la Maison-Blanche en présence des élus des deux partis sur le sort des jeunes bénéficiaires de ce programme, connus sous le nom de « Dreamers » (rêveurs).

« Notre système judiciaire est injuste et ne fonctionne plus », a de son côté lancé M. Trump dans un tweet, déplorant que ses adversaires se tournent toujours vers le 9e circuit, dans l’ouest des États-Unis, et gagnent « presque systématiquement » avant que la décision ne soit remise en cause par des tribunaux supérieurs.

Dans sa décision de 49 pages, le juge estime fondée sur « une base juridique défectueuse » l’opinion du ministère de la Justice selon laquelle le programme, mis en place par Barack Obama, était illégal.

Nous jugeons cette décision scandaleuse. [...] Une question de cette importance doit être réglée par la voie législative normale.

Les bénéficiaires de ce programme appelé DACA (Deferred Action for Childhood Arrival) peuvent donc à nouveau déposer leurs demandes, et le gouvernement devra faire savoir avec « des avis publics acceptables » que le programme revient en application.

Le juge était saisi notamment par la présidente de l’Université de Californie, Janet Napolitano, ex-secrétaire à la Sécurité intérieure à l’époque de l’adoption du programme, sous la présidence du prédécesseur de M. Trump, le démocrate Barack Obama.

En septembre, le président américain avait abrogé ce programme, créé en 2012 et qui a permis à 690 000 jeunes, entrés illégalement aux États-Unis alors qu’ils étaient enfants, de travailler et d’étudier en toute légalité en les protégeant de l’expulsion.

Mais il avait retardé l’application de sa décision jusqu’en mars pour donner au Congrès le temps de trouver une « solution permanente » pour cette population.

Mardi, durant la réunion à la Maison-Blanche à laquelle les journalistes ont pu assister pendant près d’une heure, M. Trump a appelé les élus à trouver un compromis sur la régularisation des Dreamers et l’immigration.

Il s’est également dit ouvert à une réforme plus vaste de la législation sur l’immigration, qui concernerait quelque 11 millions d’autres immigrés vivant dans la clandestinité, à condition que les démocrates acceptent un renforcement de la sécurité aux frontières, y compris la construction controversée d’un mur à la frontière avec le Mexique. 

Opérations de la police de l’immigration dans des épiceries

Washington — Des agents de police des services de l’immigration américaine (ICE) ont mené mercredi des opérations dans une centaine d’épiceries de proximité de la chaîne 7-Eleven pour dissuader leurs gérants de faire travailler des immigrés clandestins, ont annoncé les autorités américaines. Au cours de ces opérations, menées dans 17 États américains et la capitale, Washington, 21 personnes en situation irrégulière ont été arrêtées dans ces épiceries populaires, nouveau signe du durcissement de la politique migratoire américaine. « Les actions d’aujourd’hui ont permis d’envoyer un message fort aux commerces qui embauchent et emploient une main-d’oeuvre illégale : l’ICE va appliquer la loi, et si vous l’enfreignez, vous serez tenus responsables », a déclaré Thomas Homan, directeur adjoint de la police de l’immigration.

Des élues s’habilleront de noir au discours de Trump au Congrès

Washington — Plusieurs élues démocrates du Congrès américain seront vêtues de noir lors du discours sur l’état de l’Union du président Donald Trump le 30 janvier, geste de solidarité envers les femmes victimes d’abus et de harcèlement sexuels. Imitant la consigne respectée par de nombreuses célébrités, hommes et femmes, lors de la cérémonie des Golden Globes dimanche, l’élue démocrate Jackie Speier a invité sur Twitter ses collègues, démocrates et républicains, à s’habiller en noir. Agence France-Presse
1 commentaire
  • Colette Pagé - Inscrite 11 janvier 2018 11 h 19

    Attaque frontale du système judiciaire !

    Comment expliquer en raison de la séparation des pouvoirs le silence des élus républicains face aux attaques répétées du Président Trump contre la justice et les tribunaux.

    Ce Président qui a de la graine de dictateur devrait être mis au pas. À quand une accusation du procureur spécial Mueller pour enfin débarasser l'Amérique de ce grossier personnage.