Pour sortir de sa bulle cette semaine: les conséquences de la défaite de Moore pour Trump

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions ? Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Au menu cette semaine : trois regards conservateurs sur les conséquences de la défaite de Roy Moore sur la présidence de Donald Trump.

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.

Mauvais présage pour Trump

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La défaite de Roy Moore dans l’Alabama est de mauvais augure pour le Parti républicain, estime ici Ross Douthat. Le chroniqueur du New York Times trace un parallèle avec le sort réservé aux démocrates à la suite de leur défaite dans le Massachusetts début 2010, qui avait débouché plus tard sur une prise de pouvoir républicaine au Congrès. Pour Douthat, la défaite appartient en grande partie à Moore lui-même, mais il est difficile de ne pas y voir aussi le signe d’une plus grande répudiation à venir. Il s’agit pour lui d’un rejet de la manière « trumpienne » de faire de la politique. Le gouvernement Trump corrigera-t-il le tir pour y échapper ? Rien n’est moins sûr, selon le chroniqueur.

Extrait : « So while Moore’s defeat is, yes, specific to him, specific to the statutory rape accusations and all the rest of his problems as a candidate, it’s also a pretty clear foretaste of what you get when you distill white identity politics to a nasty essence and then try to build a coalition around it. »

Traduction libre : « Donc, si la défaite de Moore a bel et bien à voir avec lui et avec les accusations de détournement de mineur et tous ses autres problèmes en tant que candidat, c'est aussi un avant-goût de ce que vous obtenez quand vous distillez une politique identitaire autour de laquelle vous essayez ensuite de construire une coalition. »

Lisez l’article: « As Goes Moore, So Goes Trumpism »

« Nouvelle normalité » ? Pas si vite.

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Tirer des leçons de la défaite de Roy Moore ? Pas si vite, juge Jack Hunter dans ce papier pour The American Conservative. Hunter, qui est aussi éditeur pour la rubrique politique du média en ligne Rare.us, se réjouit de la défaite de Moore, y voyant une victoire (à venir) pour les conservateurs. Mais le résultat en Alabama était si serré qu’il serait imprudent d’en déduire une tendance (une « nouvelle normalité »), selon lui.

Extrait : « Politics is fleeting. The “new normal” so often isn’t. Alabamans went to the polls this week, where the Democrat barely won and the Republican barely lost. Regarding America’s political future, honest observers probably shouldn’t try to read too much into what happened. »

Traduction libre : « La politique est éphémère. La “nouvelle normalité”, souvent, ne l'est pas. Les Alabamiens sont allés aux urnes cette semaine, où le démocrate a à peine gagné et le républicain, à peine perdu. En ce qui concerne l'avenir politique des États-Unis, les observateurs honnêtes ne devraient probablement pas essayer de tirer trop de conclusions sur ce qui s'est passé. »

Lisez l’article: « There is No ‘New Normal’ After the Alabama Election »

Il n’y a qu’un seul Trump

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Rich Lowry est aussi de ceux qui tracent un parallèle entre les débuts des présidences d’Obama et de Trump. L’éditeur du National Review voit en ces deux présidents des candidats qui ont réussi à forger de grandes coalitions que seuls eux pouvaient incarner. Selon Lowry, les républicains n’ont pas été en mesure jusqu’à présent de s’adapter au style politique de Donald Trump. Serait-il possible que ce style ne puisse s’appliquer qu’au président ? Quoi qu’il en soit, le danger, selon Lowry, est qu’en 2020 Trump soit réélu, mais sur les ruines d’un Parti républicain décimé.

Extrait : « The backlash that conventional wisdom thought Trump would create among these voters in 2016, to his own detriment, is coming about in 2017, to the detriment of his fellow Republicans. They can’t rely on the circumstances or the personal qualities that helped Trump get over the top last year. »

Traduction libre : « Le contrecoup que la croyance populaire s'attendait à voir Trump créer chez ces électeurs [les milléniaux, les banlieusards et les minorités] en 2016, à son propre détriment, est en train de se produire en 2017, au détriment de ses compatriotes républicains. Ils ne peuvent pas compter sur les circonstances ou les qualités personnelles qui ont permis à Trump d'avoir le dessus l'année dernière. »

Lisez l’article: « Can Only Trump Survive Trump? »