Pour sortir de sa bulle: la fin pour le secrétaire d’État Rex Tillerson?

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions ? Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Au menu cette semaine : trois regards conservateurs sur les rumeurs de congédiement du secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, et sur les effets que son remplacement pourrait avoir.

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.

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Le mort-vivant

The New York Times a rapporté cette semaine que les jours de Rex Tillerson au poste de secrétaire d’État américain étaient comptés. La nouvelle n’a rien de surprenant, selon Peter Van Buren du American Conservative: Tillerson, dont le départ imminent a été prédit à maintes reprises, n’a jamais joui d’aucun appui, que ce soit à l'interne ou à l’externe, depuis son entrée en poste. Et son successeur — le nom de Mike Pompeo, actuel directeur de la CIA, circule présentement — doit s’attendre au même traitement, prévient Van Buren.

Extrait : « Rex Tillerson has not been the worst Secretary of State and he is far from the best of them. For the State Department rank and file, he was a punching bag, a symbol of what they believe the Trump administration has in store for them as an institution. For the media and some members of Congress, Tillerson was a stand-in for all that they hate about Trump and his view of the world. Rex never stood a chance. »

Traduction libre : « Rex Tillerson n'a pas été le pire secrétaire d'État et il est loin d'être le meilleur d'entre eux. Pour la base du département d'État, il était un défouloir, un symbole de ce qu'ils croient que le gouvernement Trump a en réserve pour eux en tant qu'institution. Pour les médias et certains membres du Congrès, Tillerson était l’incarnation de tout ce qu'ils détestaient à propos de Trump et de sa vision du monde. Rex n'a jamais eu la moindre chance. »

Lisez l’article: « Rex Tillerson ‘Is a Dead Man Walking’ »

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L’Iran de nouveau dans la ligne de mire?

Pour le commentateur Robert W. Merry, le départ de Rex Tillerson n’augure rien de bon pour l’Iran. Tillerson était l’un des rares proches du président Trump à mettre la pédale douce face au régime iranien, explique Merry dans The American Conservative. Ce qui n’a pas manqué de créer des frictions, écrit-il, notamment avec le gendre du président, Jared Kushner, qui entretiendrait des liens étroits avec l’Arabie saoudite, désireuse d’un changement de régime à Téhéran. Le départ de Tillerson annoncerait-il un regain d'hostilité entre les deux pays ?

Extrait : « But the question is what kind of counterweight will emerge in the Trump administration to urge caution in U.S. relations with Iran at a time when both Israel and Saudi Arabia want America to take on the Iranian regime. It won’t come from Pompeo or Cotton if they ascend to the positions they seem to be headed for. »

Traduction libre : « Mais la question est de savoir quel type de contrepoids émergera dans le gouvernement Trump pour inciter à la prudence dans les relations américaines avec l'Iran, à un moment où Israël et l'Arabie saoudite veulent que les États-Unis s’en prennent au régime iranien. [Ce contrepoids] ne viendra pas de Pompeo ou de Cotton s'ils accèdent aux positions auxquelles ils semblent être destinés. »

Lisez l’article: « Would ‘Rexit’ Mean First Step Toward War With Iran? »

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Un fidèle de Trump à la CIA?

Si c’est bien Mike Pompeo, l’actuel patron de la CIA, qui remplace Rex Tillerson au poste de secrétaire d’État, qui remplacera Pompeo ? Le nom de Tom Cotton, sénateur républicain de l’Arkansas, est celui qui circule à l’heure actuelle. Un nom qui en effraie plusieurs, souligne la chroniqueuse du Washington Post Jennifer Ruben, du fait de sa réputation de politicien ambitieux. Elle explique que certains « professionnels de la politique étrangère » craignent que Tom Cotton, un fidèle du président Trump, ne vienne politiser la tête de la CIA, ce qui en dégraderait la réputation. Selon Rubin, pour obtenir le poste, Tom Cotton devrait renoncer à de futures ambitions politiques, en disant au pays, au Parti républicain et aux professionnels de la CIA qu'il quitte définitivement la politique électorale.

Extrait : « [Tom] Cotton must show that he no longer cares about endearing himself to the GOP base or, frankly, about telling Trump what he wants to hear. Cotton should acknowledge that some of his partisan stunts [...] were misguided. He must vow to earn the trust of Republicans and Democrats alike. »

Traduction libre : « [Tom] Cotton doit montrer qu'il ne se soucie plus de plaire à la base du GOP ou de dire à Trump ce que celui-ci veut entendre. Cotton devrait reconnaître que certaines de ses acrobaties partisanes [...] étaient peu judicieuses. Il doit promettre de gagner la confiance autant des républicains que des démocrates. »

Lisez l’article: « The CIA could be permanently damaged »