Michael Flynn plaide coupable dans l'affaire russe

Présenté à un juge devant une cour fédérale à Washington, Michael Flynn a reconnu avoir menti au FBI.
Photo: Chip Somodevilla Getty Images/AFP Présenté à un juge devant une cour fédérale à Washington, Michael Flynn a reconnu avoir menti au FBI.

L’affaire russe a connu vendredi un spectaculaire coup d’accélérateur avec l’inculpation de Michael Flynn, ancien conseiller du président américain Donald Trump, qui a plaidé coupable et a accepté de coopérer avec la justice.

La vaste enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016 — et les liens présumés entre des proches de M. Trump et Moscou — fait peser depuis plusieurs mois une lourde épée de Damoclès au-dessus du locataire de la Maison-Blanche.

Présenté à un juge devant une cour fédérale à Washington en milieu de matinée, cet ancien directeur du renseignement militaire américain a reconnu avoir menti au FBI, une déclaration qui a immédiatement fait chuter Wall Street. Le Dow Jones baissait de plus de 1 % à la mi-journée.

« J’admets que les actions que j’ai reconnues aujourd’hui devant le tribunal constituent une grave erreur », a écrit Michael Flynn dans un communiqué diffusé peu après. « Mon plaider coupable et accord pour coopérer avec le bureau du procureur spécial reflète une décision que j’ai prise dans l’intérêt supérieur de ma famille et de notre pays. J’accepte l’entière responsabilité de mes actions. »

Que sait le général Flynn ?

Les questions sur toutes les lèvres dans la capitale fédérale américaine sont désormais : quelles informations cet homme aux traits sévères s’est-il engagé à livrer aux enquêteurs ? Jusqu’où ira-t-il pour tenter d’échapper à la prison ? Mettra-t-il directement en cause des proches de Donald Trump, voire le président lui-même ?

Cet ancien général, très virulent durant la campagne où il encourageait les foules à crier « Enfermez-là ! » à chaque évocation de la démocrate Hillary Clinton, avait été poussé à la démission moins d’un mois après sa nomination.

Il a été inculpé jeudi entre autres pour avoir menti sur la teneur de ses échanges avec l’ambassadeur russe à Washington sous Barack Obama, Sergueï Kisliak, notamment au sujet des sanctions imposées par les États-Unis à la Russie.

 

 

La Maison-Blanche a immédiatement tenté de minimiser le rôle de M. Flynn dans l’administration Trump.

« Rien dans le plaider coupable ou les chefs d’inculpation n’implique d’autres personnes que M. Flynn », a indiqué Ty Cobb, le conseil de la Maison-Blanche, soulignant, dans une formulation surprenante, que M. Flynn n’avait été conseiller que pendant 25 jours et en le qualifiant d’« ancien de l’administration Obama ».

Ce rebondissement de taille assombrit ce qui s’annonçait comme une journée de victoire pour M. Trump avec le vote probable par le Sénat de sa grande réforme fiscale.

L’ancien homme d’affaires de New York a toujours réfuté la moindre « collusion » avec la Russie, se posant en victime d’un acharnement et dénonçant une « chasse aux sorcières » orchestrée par ceux qui refuseraient d’accepter sa victoire.

La relation entre Donald Trump et Michael Flynn fait l’objet d’une attention toute particulière depuis l’éviction brutale en mai du patron du FBI James Comey par le président.

Dans une audition début juin devant le Sénat qui avait sonné comme un coup de tonnerre à travers les États-Unis, ce dernier a en effet affirmé que Donald Trump lui avait personnellement demandé d’enterrer une enquête visant Michael Flynn.

« J’espère que vous pourrez trouver une façon d’abandonner cela, de lâcher Flynn. C’est un homme bien », aurait dit le président à M. Comey en tête à tête le 14 février dans le Bureau ovale.

Le quatrième proche de Trump mis en cause

M. Flynn est la quatrième personne proche de M. Trump mise en cause dans cette enquête menée par Robert Mueller qui, contrairement à un simple procureur fédéral, dispose d’une plus grande latitude d’action et d’une indépendance renforcée.

Une première vague d’inculpations avait eu lieu fin octobre avec la mise en accusation de Paul Manafort, l’ex-directeur de son équipe de campagne et Richard Gates. Un troisième, George Papadopoulos, a plaidé coupable d’avoir menti aux enquêteurs du FBI et accepté de collaborer avec les enquêteurs.

Connu pour son indulgence avec la Russie et sa ligne très dure face à l’extrémisme islamique, Michael Flynn est considéré comme un personnage central de cette enquête.

En décembre, son fils Michael Flynn Jr. avait été écarté de l’équipe de transition de Donald Trump pour avoir relayé des théories conspirationnistes.

«Que le droit jaillisse comme une source»: l’ex-directeur du FBI nargue Trump

L’ancien directeur du FBI James Comey, limogé par Donald Trump dans le cadre de l’affaire russe, a nargué le président américain vendredi avec une métaphore biblique, ironisant ainsi sur le coup de tonnerre politique du plaider coupable de Michael Flynn.

« Mais que le droit jaillisse comme une source, la justice comme un torrent qui ne tarit jamais », a écrit James Comey sur Instagram en citant le livre d’Amos, avec une photo de chutes d’eau.

 

 

“But let justice roll down like waters and righteousness like an ever-flowing stream” Amos 5:24

Une publication partagée par James Comey (@a_higher_loyalty) le

 

L’ex-patron de la police fédérale avait été brusquement limogé par le président républicain début mai, au moment où le FBI dirigeait l’enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle américaine. Cette dernière a connu une accélération aussi fulgurante qu’embarrassante pour la Maison-Blanche vendredi avec le plaider coupable de l’ancien conseiller de M. Trump.

4 commentaires
  • Colette Pagé - Inscrite 1 décembre 2017 10 h 03

    Et de un !

    Se pourrait-il qu'à l'exemple d'un Président menteur pathologique que pour voir sa peine réduite que le militaire se mette à table et contribue à faire tomber le Président et la clique qui le conseille.

  • Yvon Pesant - Abonné 1 décembre 2017 11 h 25

    Flynn flang!

    A beau mentir qui vient de...

    ...l'équipe de Donald Trump.

    Je ne sais pas comment se prononce Trump en russe mais, en français, ça donne une bonne idée de l'homme particulier que les Américains ont à leur tête inintelligente.

  • Michel Lebel - Abonné 1 décembre 2017 17 h 52

    La tempête!

    Ça va brasser! Les Fêtes ne seront pas de tout repos pour le président américain! Si ce Flynn se met à déballer son sac!

    M.L.

  • Yvon Beaudoin - Abonné 1 décembre 2017 22 h 40

    Trump devrait s'inspirer du Québec a Couillard

    Trump devrait engager l'UPAC, la DPCP et certains juges liberales et les amener au Etats-Unis. Il serait certain que les enquêtes s'arrêteraient et ne mèneraient nulle part. Encore mieux, ces adversaires les plus virulents se feraient arrêter dans l'enceinte du capitole...