Trump serait sur le point de congédier Rex Tillerson

Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, a plusieurs réunions prévues la semaine prochaine avec des ministres européens.
Photo: Cliff Owen Associated Press Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, a plusieurs réunions prévues la semaine prochaine avec des ministres européens.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a laissé passer jeudi l’occasion d’afficher sa confiance envers son secrétaire d’État, Rex Tillerson, alimentant les rumeurs sur son remplacement prochain à la tête de la diplomatie américaine.

Selon le New York Times, la Maison-Blanche travaille sur un remaniement en ce sens qui pourrait intervenir « dans les semaines à venir » et qui verrait l’actuel directeur de la CIA, Mike Pompeo, prendre les rênes de ce prestigieux ministère.

Interrogé dans le Bureau ovale, Donald Trump n’a ni confirmé ni démenti cette information publiée au moment où les relations entre les États-Unis et la Corée du Nord font l’objet d’un pic de tension, après un nouveau tir de missile balistique intercontinental par Pyongyang.

« Il est ici. Rex est ici », a simplement répondu le président américain, laissant planer le doute sur ses intentions.

Les relations entre Donald Trump et Rex Tillerson, qui peine manifestement à trouver sa place à Washington, sont notoirement difficiles, et le départ de ce dernier fait l’objet de spéculations récurrentes.

« Il n’y a pas d’annonces à ce stade », s’est bornée à souligner la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, assurant que l’ancien homme fort d’ExxonMobil était, comme l’ensemble du gouvernement, « concentré sur la fin de cette première année incroyablement réussie ».

Le chef du département d’État a la responsabilité de quelque 70 000 diplomates, fonctionnaires et contractuels disséminés dans plus de 250 ambassades et consulats à travers le monde.

« M. Tillerson aime son travail. Il a beaucoup de pain sur la planche », a assuré sa porte-parole, Heather Nauert, soulignant que le secrétaire d’État avait plusieurs réunions prévues la semaine prochaine avec des ministres européens à Bruxelles, à Vienne et à Paris.

Début octobre, l’impétueux président septuagénaire avait, fait rare, publiquement rabroué son secrétaire d’État pour avoir évoqué l’existence de canaux de communication visant à sonder les intentions de la Corée du Nord.

« Il perd son temps à négocier », avait-il écrit sur Twitter. « Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire. »

Quelques jours plus tard, la chaîne NBC News affirmait que M. Tillerson avait qualifié le président américain de « débile » à la fin d’une réunion au Pentagone.

Tom Cotton à la CIA ?

Dans ce schéma, le sénateur de l’Arkansas, Tom Cotton, proche de M. Trump, serait propulsé à la tête de la CIA.

Sollicité sur cette éventuelle nomination, son équipe a répondu qu’il était concentré sur sa volonté d’être au service « des habitants de l’Arkansas et du Sénat ».

Pour Aaron David Miller, ancien négociateur américain pour le Proche-Orient, le prochain chef du département d’État « sera confronté au même piège » que M. Tillerson, contraint de travailler avec un président « qui ne respecte ni la diplomatie, ni le département d’État, ni l’élaboration de politiques ».

Dans une tribune publiée dans le Washington Post, l’ex-secrétaire d’État Madeleine Albright a dénoncé « les dégâts » causés à la diplomatie américaine par le gouvernement Trump et a dénoncé avec virulence l’attitude de M. Tillerson.

« Le gouvernement ne s’en prend pas au département d’État par hasard, écrit-elle. Tillerson a maintenu un gel sur les embauches longtemps après la plupart des autres ministères […]. Il est de fait en train de bloquer l’émergence de nouveaux talents au sein du département d’État ».


 
1 commentaire
  • Colette Pagé - Inscrite 1 décembre 2017 10 h 25

    La honte de l'Amérique !

    Le problème n'est pas Tillerson mais son patron, un voyou et un ignare selon l'écrivain Philip Roth. Habitué aux deals sous pression avec des méthodes de voyou le président américain ne peut comprendre les règles inhérentes à la diplomatie, un art qui souvent pour de meilleurs résultats doit avancer à petits pas. À preuve sur le nucléaire avec l'Iran que le Président rêve d'annuler cherchant une fois de plus à détruire l'héritage de son prédécesseur. Une fixation !

    Et pour rendre la monnaie de sa pièce au Président, un débile selon le secrétaire d'État américain, il devrait publier ses mémoires et le décrire sous son vrai jour en faisant la démonstration de le véracité de son propos.