Pour sortir de sa bulle cette semaine: la défaite électorale républicaine en Virginie

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions ? Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Au menu cette semaine : trois regards conservateurs sur la défaite électorale républicaine en Virginie.

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.

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Du déjà vu

Les échecs encaissés en Virginie par les républicains n’ont rien de surprenant, estime David Harsanyi dans The Federalist. Pas parce que Donald Trump tire son parti vers le bas, nous dit l’éditorialiste, mais parce que les « refoulements cycliques » sont chose commune en politique. Prétendre que ce genre de recul électoral « dénote des changements colossaux dans la politique américaine » est tout simplement « malhonnête », écrit Harsanyi, qui au passage y va de ses propres théories pour expliquer les défaites républicaines.

Extrait : « The more likely explanation for what’s going on is that our votes aren’t as well-thought-out as pollsters imagine. Maybe elections — both presidential and local — tell us less than we think. Maybe voters are instinctively averse to those in charge because those in charge always let them down. And maybe once a president is elected, the other half intuitively begins working to strip him of power. Maybe politics is a tribal endeavor rather than a policy-driven decision. »

Traduction libre : « L'explication la plus probable de ce qui se passe est que nos votes ne sont pas aussi réfléchis que ne l'imaginent les sondeurs. Peut-être que les élections — présidentielles et locales — en révèlent moins que ce que l'on croit. Peut-être que les électeurs sont instinctivement opposés à ceux qui sont au pouvoir parce que ceux-ci finissent toujours par les décevoir. Et peut-être qu'une fois qu'un président est élu, l'autre moitié de l’électorat commence intuitivement à s’efforcer de le dépouiller du pouvoir. Peut-être que la politique est une entreprise tribale plutôt qu'une décision centrée sur l’élaboration de politiques. »

Lisez l’article: « GOP’s Virginia Loss Tells Us Little About The State Of American Politics »

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Des gains normaux

Nul doute que les démocrates ont fait de gros gains électoraux mardi dernier. Cela dit, certains observateurs s’emballent un peu trop rapidement, opine ici Sean Trende, analyste électoral pour le site RealClearPolitics. Appuyé sur une analyse fouillée et divisée en quatre points, Trende explique en quoi la victoire démocrate n’a pas de quoi surprendre.

Extrait : « So what we saw in Virginia is actually more normal than it looked. Democrats flipped a number of newly Democratic-leaning districts [...]. Should this comfort Republicans? Probably not. »

Traduction libre : « Donc, ce que nous avons vu en Virginie est en fait plus normal qu'il n'y paraît. Les démocrates ont remporté un certain nombre de districts nouvellement de tendance démocrate [...]. Cela devrait-il rassurer les républicains ? Probablement pas. »

Lisez l’article: « Thoughts on the Virginia Races »

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On n’échappe pas à Trump

À l’inverse des deux précédents commentateurs, ici, Rich Lowry est d’avis que Donald Trump est au coeur de la défaite électorale de son parti en Virginie. L’éditorialiste du National Review va même jusqu’à dire que le président est le « principal problème » sur la scène politique américaine. Le candidat républicain Ed Gillespie a bien tenté de se distancier du président, écrit Lowry, mais c’est à Donald Trump et non à Ed Gillespie que l’électorat souhaitait envoyer son message.

Extrait : « It is difficult enough for a candidate to run away from a conventional president of his own party; it is going be even harder with a president who dominates the media to an extent no other president has, and courts — nay, enjoys — radioactive controversies. »

Traduction libre : « Il est déjà assez difficile pour un candidat de se tenir à distance d’un président conventionnel de son propre parti; ce sera encore plus difficile avec un président qui domine l’espace médiatique plus que tout autre président avant lui, et courtise — voire apprécie — les controverses radioactives. »

Lisez l’article: « There Is No ‘Without Trump’ »