Rencontre Trump-Poutine au Vietnam? Le grand flou

Les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine s'étaient rencontrés en Allemagne en juillet dernier.
Photo: Saul Loeb Archives Agence France-Presse Les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine s'étaient rencontrés en Allemagne en juillet dernier.

Après une rencontre en juillet en Allemagne, Donald Trump retrouvera-t-il Vladimir Poutine cette semaine au Vietnam ? Washington et Moscou ont envoyé vendredi des signaux contradictoires.

Les interactions entre le locataire de la Maison-Blanche et l’homme fort du Kremlin sont scrutées à la loupe en raison en particulier de l’enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle américaine.

Les deux dirigeants participent au sommet de l’Asie-Pacifique (APEC) à Danang, ville côtière du centre du Vietnam.

« Aucune rencontre n’a jamais été confirmée et il n’y en aura pas en raison de problèmes d’agenda des deux côtés », a lancé Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif américain, à bord d’Air Force One.

Mais Moscou a immédiatement réagi, assurant qu’un face-à-face était toujours à l’ordre du jour.

« Nous recevons des informations contradictoires de la part de nos collègues américains, a déclaré Dmitry Peskov, porte-parole de M. Poutine. D’une manière ou d’aune autre, une rencontre aura lieu en marge du sommet. »

Comme souvent en diplomatie, tout pourrait être affaire in fine de nuances sémantiques.

« Ils seront au même endroit. Vont-ils se croiser à un moment et se saluer ? C’est tout à fait possible et même probable », a affirmé Sarah Sanders, relancée sur le sujet.

Lors d’un échange avec les journalistes dimanche, M. Trump avait clairement évoqué cette rencontre.

« Je pense qu’il est prévu que je rencontre Poutine, oui », avait-il affirmé. « Nous voulons l’aide de Poutine sur la Corée du Nord », avait-il ajouté.

Jeudi, depuis Pékin, il a de nouveau appelé Moscou à augmenter la pression sur le régime de Pyongyang pour aider à résoudre « cette situation potentiellement dramatique ».

Le procureur spécial Robert Mueller a donné un coup d’accélérateur à son enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle américaine avec l’inculpation fin octobre de trois anciens conseillers de M. Trump.

Au Vietnam, Donald Trump rencontre quelques vétérans

Le président américain effectue sa première visite en Asie depuis son élection et s’est adressé vendredi aux dirigeants de l’Asie-Pacifique réunis pour leur sommet annuel à Danang, importante base aérienne pendant la guerre du Vietnam.

De nombreux vétérans revenus vivre au Vietnam ont choisi cette région du centre du pays. Et si certains ne voient pas d’un bon œil la venue de Donald Trump, Mark O’Connor est lui un grand admirateur, même si le président a toujours réussi à éviter la conscription.

« Les anciens combattants sont un trésor national, et je les remercie tous pour leur service, leur sacrifice et leur patriotisme », a déclaré Donald Trump aux quelques vétérans qu’il a rencontrés.

Il a également promis de ramener aux États-Unis les corps des 1253 soldats tués pendant la guerre du Vietnam qui n’ont pas encore été rapatriés.

Selon les chiffres officiels vietnamiens, plus de trois millions de civils ont été tués pendant la guerre, en plus de 2,5 millions de soldats vietnamiens dans les deux camps, communiste et proaméricain.

Côté américain, plus de 58 000 soldats ont trouvé la mort au Vietnam et de nombreux autres se sont suicidés de retour au pays, selon les chiffres des autorités américaines.

Le milliardaire Trump avait été pointé du doigt pendant la course à l’investiture républicaine pour avoir déclaré que le sénateur John McCain n’était « pas un héros de guerre », qu’il ne jouissait de ce statut que « parce qu’il a été capturé ». « J’aime les gens qui n’ont pas été capturés », avait-il dit.

Dans un pays qui vénère ses soldats, attaquer un ancien combattant prisonnier de guerre et torturé est considéré comme une faute lourde.

« Il n’est pas politiquement correct et dit parfois des choses qu’il ne devrait pas dire », balaie simplement de la main Mark O’Connor.

1 commentaire
  • Gilles Bonin - Inscrit 10 novembre 2017 08 h 31

    Peut-être

    Peut-être y aura-t-il rencontre (ce qui serait tout de même pas bête). Déjà certains média disent qu'il n'y aura pas de rencontre; mais avec Trump qui sait vraiment? En tout état de cause, le resserrement de l'enquête sur la collusion alléguée des russes et du camp Trump en campagne y sera pour beaucoup s'il n'y a pas de rencontre - pas parce que les russes n'aiment pas l'enquête, mais pour que Trump de paraisse pas trop copain avec Poutine (ce qui était probablement l'objectif du présumé coup de pouce de Poutine à Trump en campagne électorale, les sanctions économiques en arrière-fond de décor).