Pour sortir de sa bulle cette semaine: le Parti républicain divisé autour du président Trump

Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions ? Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Au menu cette semaine : trois regards conservateurs sur les divisions au sein du Parti républicain entourant Donald Trump.

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.

L’importance de l’électorat

S’il existe bel et bien une « guerre civile » au sein du Parti républicain, l’establishment du parti n’est pas près de la gagner. Et le journaliste politique du Washington Examiner David M. Drucker entend ici nous expliquer pourquoi. D’un côté, les institutions qui font le parti, du Congrès aux think tanks, en passant par les médias conservateurs, continuent d’offrir une résistance au populisme de Trump et sa prise de contrôle du parti. Cependant, explique Drucker, de l’autre côté, une majorité d’électeurs républicains appuient le président. Selon Drucker, il semble y avoir une déconnexion entre la vision de Trump qu’a l’aile traditionnelle du Parti républicain et celle de la coalition électorale à sa base. Les opposants du président voient en lui un dangereux provocateur, alors que les électeurs républicains le perçoivent comme un battant qui défend leurs valeurs. Et Drucker de conclure : tant que Donald Trump donnera aux électeurs ce qu’ils veulent, il gagnera la bataille contre les caciques de son parti.

Extrait : « The brawl for dominance in the Republican Party is certainly remarkable. [...] But their resistance, though hardly isolated, is missing one crucial element : a significant measure of enthusiasm from Republican voters. That's a weak foundation from which to pursue a challenge to the renomination of a sitting president. »

Traduction libre : « La bagarre pour la domination au sein du Parti républicain est certainement remarquable. [...] Mais [la résistance des opposants de Trump], bien que difficilement isolée, rate un élément crucial : une démonstration significative d’enthousiasme de la part des électeurs républicains. C’est faible comme fondation sur laquelle poursuivre la contestation de la nouvelle nomination d’un président en exercice. »

Lisez l’article: « Trump has won the civil war where it counts - with voters »

Le parti de Trump

Pour Rich Lowry, les opposants républicains de Donald Trump, dans toutes leurs variantes, commettent la même erreur : ils se ferment les yeux et se bouchent le nez dans l’espoir qu’il finisse par disparaître et que le Parti républicain redevienne ce qu’il était avant son arrivée. Selon le chroniqueur du National Review, à ce stade-ci, les destins du président et du Parti républicain sont liés, au point où l’échec de l’un entraînerait l’effondrement de l’autre. Les élites du parti doivent dès maintenant tirer des leçons de la présidence Trump, écrit Lowry, en plus de comprendre que leurs mauvaises politiques sont responsables de son ascension.

Extrait : « Trumpism won’t reign forever. Whatever comes next in the party is likely to borrow from his populism and nationalism, and certainly won’t snap all the way back to Bushism. »

Traduction libre : « Le trumpisme ne régnera pas pour toujours. Ce qui adviendra ensuite au parti est susceptible d’emprunter à son populisme et à son nationalisme, et ne reviendra certainement pas en un tournemain jusqu’au bushisme. »

Lisez l’article: « Trump Is the GOP Mainstream »

Une « capitulation provocante »

Depuis le tout début de la présidence Trump, et même avant lors de la primaire républicaine, il existe au sein sur Parti républicain une opposition petite, mais significative envers Donald Trump. Toutefois, selon le chroniqueur du New York Times Ross Douthat, les figures de proue de cette opposition s’entêtent à refuser d’aller en guerre contre le président, « préférant les attaques philosophiques et les retraits tactiques à la confrontation et une probable défaite ». Pourquoi ? Une théorie plausible selon Douthat serait que des attaques trop vigoureuses ne feraient que confirmer l’idée d’un establishment ligué contre Trump et l’aiderait à renforcer son emprise sur la base du parti. Le problème avec cette logique, avertit le chroniqueur, c’est qu’elle offre une excuse permanente pour ne rien faire. Si les républicains anti-Trump sont sérieux, écrit Ross Douthat, ils doivent s’organiser et lui offrir une opposition sur le terrain, notamment électoral.

Extrait : « In the end, if you want Republican voters to reject Trumpism, you need to give them clear electoral opportunities to do so — even if you expect defeat, even if it's all but certain. And an anti-Trump movement thay gives high-minded speeches but never mounts candidates confirms Trump's claim to face establishment opposition while also confirming his judgment of the establishment's guts and stamia — proving that they're all low-energy, all "liddle" men, all unwilling to fight him man to man. »

Traduction libre : « En fin de compte, si vous voulez que les électeurs républicains rejettent le trumpisme, vous devez leur donner des occasions électorales claires de le faire — même si vous vous attendez à une défaite, même si c’est tout sauf gagné d’avance. Et un mouvement anti-Trump qui livre de grands discours, mais jamais de candidats, confirme la prétention de Trump de faire face à un establishment ligué contre lui, tout en confirmant le jugement qu’il porte sur cet establishment — prouvant qu’ils sont tous des faiblards, aucun d’entre eux ne voulant l’affronter d’homme à homme. »

Lisez l’article: « Jeff Flake’s Defiant Surrender »

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 28 octobre 2017 23 h 20

    Quel homme carencé

    Tôt ou tard les américains découvriront que la mythomanie de Donald Trump n'est pas viable