Pour sortir de sa bulle cette semaine: agressions sexuelles et mouvement #MeToo

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions ? Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Au menu cette semaine : trois regards conservateurs sur le mouvement #MeToo.

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.

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Pas tous coupables d’agression

Selon Heather Wilhelm, la campagne #MeToo a montré que les agressions envers les femmes ne sont pas une affaire propre à la scène hollywoodienne et que, pour les femmes, « les monstres sont partout ». Toutefois, la chroniqueuse du National Review met l’accent ici sur ce qu’elle voit comme des dérapages de cette vague de témoignages et des commentaires qu’elle a suscités. Elle reproche à certains médias et à certains commentateurs de « jeter des pierres à tous les hommes ». « Toutes les femmes ne sont pas des victimes. Tous les hommes ne sont pas coupables d’agression », résume-t-elle.

Extrait : « “Every man you know has likely made a woman feel unsafe.” This is bonkers. It is nonsense. It’s quite simply untrue, and it’s also unjust. Unfortunately, it also seems to be the growing messaging strategy of some of the more vocal segments of the #MeToo movement. »

Traduction libre : « “Chaque homme que vous connaissez a probablement fait se sentir une femme en danger.” C’est un non-sens. C’est n’importe quoi. C’est tout simplement faux, et c’est aussi injuste. Malheureusement, cela semble aussi être de plus en plus la stratégie de communication de certains des segments les plus vocaux du mouvement #MeToo. »

Lisez l’article: « Where #MeToo Goes Off the Rails »

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Attention à l’« allégeance aveugle »

L’auteure et blogueuse conservatrice Michelle Malkin se refuse à croire sur parole « toutes les femmes qui se lèvent pour “partager leur histoire” ou “dire leur vérité” » dans la foulée du mot-clic #MeToo. Dans ce texte pour le Conservative Review, elle affirme ne devoir aucune « allégeance aveugle » envers ces femmes et que les allégations n’ont pas force de vérité « tant qu’elles ne sont pas établies comme des faits et corroborées par des preuves ». Autrement, elle considère le mouvement #MeToo comme dangereux, parce qu’il entraînera nécessairement son lot dommageable de fausses accusations.

Extrait : « Some number of harrowing encounters described by Weinstein’s accusers and the #MeToo hashtag activists no doubt occurred. But experience and scientific literature show us that a significant portion of these allegations will turn out to be half-truths, exaggerations or outright fabrications. That’s not victim-blaming. It’s reality-checking. »

Traduction libre : « Un certain nombre des rencontres éprouvantes décrites par les dénonciateurs de Weinstein et les militants du mot-clic #MeToo ont sans aucun doute eu lieu. Mais l’expérience et la littérature scientifique nous montrent qu’une partie importante de ces allégations se révélera être des demi-vérités, des exagérations ou des fabrications pures. Ça n’a rien à voir avec le fait de blâmer les victimes. C’est la réalité. »

Lisez l’article: « Beware the Rape Allegation Bandwagon »

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Passe-droit aux réels agresseurs

Dans ce texte d’opinion pour le site de Fox News, Karol Markowicz s’en prend à ceux qui ridiculisent l’expression « pas tous les hommes » (« not all men »), « devenue un mème Internet que les féministes utilisent pour se moquer des hommes qui se défendent contre [les] accusations de masse ». Selon elle, depuis les révélations sur Harvey Weinstein, la gauche américaine martèle l’idée que « oui, tous les hommes » sont concernés par la vague d’accusations liée au mot-clic #MeToo. Celle qui est chroniqueuse au New York Post et ailleurs y voit le problème suivant : en jetant un aussi « large filet », on finit par donner un passe-droit aux réels agresseurs. « Nous ne pouvons pas tenir tous les hommes responsables de quelque chose que seuls certains hommes font », résume-t-elle.

Extrait : « Saying “not all men” is not only accurate but also a good way to keep the focus on the men who do hurt women. Maligning half the population as exploiters of women mixes in the bad guys with the good ones — and it’s the Weinsteins of the world who benefit. »

Traduction libre : « Dire “pas tous les hommes” n’est pas seulement juste, mais c’est aussi un bon moyen de maintenir l’attention sur les hommes qui blessent réellement les femmes. Diffamer la moitié de la population en les traitant d’exploiteurs de femmes brouille la frontière entre bons et méchants — et ce sont les Weinstein de ce monde qui en profitent. »

Lisez l’article: « No, 'not all men' are like Harvey Weinstein – but apparently the left wants you to think so »