Contraception: Trump annule l’obligation de remboursement par les employeurs

Donald Trump a signé en mai un décret sur la liberté religieuse ordonnant notamment à son gouvernement de prendre en compte «les objections de conscience» à la prise en charge de la contraception.
Photo: Evan Vucci Associated Press Donald Trump a signé en mai un décret sur la liberté religieuse ordonnant notamment à son gouvernement de prendre en compte «les objections de conscience» à la prise en charge de la contraception.

Washington — Le gouvernement Trump a annulé vendredi une disposition de la loi « Obamacare » qui obligeait les employeurs à prendre en charge les moyens de contraception dans la couverture santé proposée à leurs employés, provoquant la colère des associations de défense des droits. Cette mesure étend l’exemption, déjà accordée à des institutions religieuses, à toutes les entreprises commerciales.

« Nous lançons des poursuites contre le gouvernement Trump afin de bloquer » cette mesure, a rapidement réagi sur Twitter la puissante organisation américaine de défense des droits civiques ACLU.

« Ne vous y trompez pas. Cibler l’accès de 62,4 millions de femmes à la contraception montre le mépris du gouvernement Trump envers la santé et la vie des femmes », a asséné sur le même réseau social l’organisation américaine de planification des naissances Planned Parenthood.

« La contraception ne fait PAS POLÉMIQUE. La vaste majorité des femmes l’utilisent au cours de leur vie », a poursuivi Planned Parenthood.

Le mot-clic #HandsOffMyBC(#TouchePasÀMaContraception) était parmi les sujets les plus commentés dans le monde sur Twitter en début d’après-midi.

« Ce n’est rien de moins que du sexisme », a dénoncé Bernie Sanders, l’ancien candidat à la nomination démocrate pour la présidentielle américaine. « C’est la dernière expression du mépris total des républicains envers la capacité des femmes à contrôler leur vie », a-t-il tweeté.

Le nouveau règlement « étend les exemptions pour protéger les convictions morales de certaines entités et individus dont les couvertures santé sont sujettes au mandat sur la contraception » d’Obamacare, précise la note publiée par le ministère de la Santé.

Le texte est susceptible de concerner des millions de femmes aux États-Unis dont les moyens de contraception étaient intégralement remboursés par leurs employeurs dans le cadre de la loi sur l’assurance maladie de l’ancien président démocrate Barack Obama et dont le successeur républicain, Donald Trump, a promis l’abrogation.

Cette obligation faisait l’objet de contestations de la part de groupes conservateurs presque depuis la promulgation de la loi en 2010.

Au cours d’une longue bataille juridique, la Cour suprême avait donné raison en 2014 à deux entreprises qui refusaient, au nom de leurs convictions religieuses, de se conformer à la loi Obamacare sur certains moyens de contraception.

M. Trump a signé en mai un décret sur la liberté religieuse ordonnant notamment à son gouvernement de prendre en compte « les objections de conscience » à la prise en charge de la contraception.

Washington approuve la vente d’un bouclier antimissile à Riyad

Washington — Les États-Unis ont approuvé la vente d’un bouclier antimissile THAAD à l’Arabie saoudite pour 15 milliards de dollars. « Cette vente fait avancer les intérêts de sécurité nationale et de politique étrangère des États-Unis et, à long terme, la sécurité de l’Arabie saoudite et de l’ensemble du Golfe face aux menaces de l’Iran et d’autres », a précisé le département d’État dans un communiqué. Cette annonce survient au lendemain de la signature d’un accord préliminaire entre Riyad et Moscou ouvrant la porte à l’achat de systèmes russes de défense antiaérienne S-400, ainsi qu’à leur production dans le royaume saoudien, allié traditionnel des États-Unis.

Le bouclier antimissile THAAD (Terminal High-Altitude Area Defense), fabriqué notamment par les groupes américains Lockheed Martin et Raytheon, est conçu pour détruire les missiles balistiques de portées moyenne ou intermédiaire dans leur dernière phase d’approche en s’écrasant contre eux. Dans la région, il équipe déjà les systèmes de défense du Qatar et des Émirats arabes unis. Le département d’État a souligné qu’il conseillerait au Congrès d’approuver cette vente, car elle « ne modifiera pas l’équilibre des forces dans la région ».


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