La NRA fait une concession sur le contrôle des armes

Des fusils d'assaut semi-automatiques vendus dans une boutique d'armes à feu à Las Vegas
Photo: Robyn Beck Agence France-Presse Des fusils d'assaut semi-automatiques vendus dans une boutique d'armes à feu à Las Vegas

Washington — La Maison-Blanche et des élus républicains se sont dits prêts jeudi à discuter de l’éventualité d’interdire les mécanismes transformant les fusils semi-automatiques en fusils automatiques, un dispositif qui a permis au tueur de Las Vegas de multiplier le nombre de ses victimes.

Après des décennies de résistance, le Grand Old Party pourrait ainsi faire un petit pas en direction des démocrates sur le sujet délicat de l’encadrement des armes individuelles, même si cela reste largement symbolique et qu’une réforme en profondeur est encore loin.

« De toute évidence, c’est une chose sur laquelle nous devons nous pencher », a affirmé le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan. Dans la foulée, la Maison-Blanche s’est déclarée, par la voix de sa porte-parole, « ouverte » à un débat sur ce sujet.

Fait rare, la National Rifle Association (NRA), plus grande organisation du lobby des armes à feu, a aussi estimé que ces mécanismes — le « bump stock » — devraient être soumis à « davantage de contrôle ».

« Personne ne devrait posséder un dispositif qui transforme un fusil semi-automatique en l’équivalent d’une mitrailleuse », a déclaré le démocrate David Cicilline, en présentant à la Chambre un projet de loi qui bannirait un tel dispositif.

Une initiative similaire a été lancée au Sénat, la chambre haute du Congrès. « Monsieur et Madame Amérique, l’heure est venue de se dresser. Vous devez dire : “Trop c’est trop” », a lancé d’un ton solennel la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, tout habillée de noir.

De telles déclarations côté démocrate sont attendues dans un débat qui patine depuis un quart de siècle.

Chaque fusillade endeuillant les États-Unis engendre de façon cyclique les mêmes stades : après la réaction horrifiée vient celle de l’unité dans la peine, puis l’indignation, à laquelle succède la division politique, et enfin… l’inaction.

Cette fois cependant, des frémissements inhabituels sont observables, venant d’un côté républicain souvent présenté comme otage de la NRA. Au Sénat, au moins deux élus de l’équipe de direction des républicains, John Cornyn (Texas) et John Thune (Dakota du Sud), se sont déclarés ouverts à la discussion.

 

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