Trump ravale sa déconvenue en Alabama

Roy Moore, 70 ans, est célèbre pour avoir été suspendu pas une, mais deux fois de son poste de chef du pouvoir judiciaire de l’Alabama.
Photo: Scott Olson Agence France-Presse Roy Moore, 70 ans, est célèbre pour avoir été suspendu pas une, mais deux fois de son poste de chef du pouvoir judiciaire de l’Alabama.

Donald Trump s’est accommodé mercredi sans ciller de la défaite de son poulain lors d’une élection primaire dans l’Alabama, apportant son soutien au vainqueur, Roy Moore, un magistrat controversé qui porte un chapeau de cow-boy et se fait le héraut des Évangiles.

Le président avait initialement misé sur un républicain classique et loyal pour la primaire sénatoriale de l’Alabama, Luther Strange, mais c’est l’ancien chef de la Cour suprême de l’Alabama, un État conservateur du Sud, qui a été plébiscité par les électeurs républicains locaux, avec 55 % des voix contre 45 %, pour succéder à Jeff Sessions, devenu procureur général des États-Unis.

« Il a l’air d’être un type vraiment bien, qui a mené une campagne fantastique », a écrit sur Tweeter Donald Trump au lendemain du scrutin, après avoir effacé plusieurs gazouillis de soutien envers Luther Strange.

Roy Moore, 70 ans, est célèbre pour avoir été suspendu pas une, mais deux fois de son poste de chef du pouvoir judiciaire de l’Alabama. La première fois pour avoir installé, malgré une interdiction au nom de la séparation des pouvoirs, un monument à la gloire des Dix Commandements au siège de la justice de l’État, en 2003.

La seconde il y a un an, parce qu’il a refusé de reconnaître la légalisation du mariage homosexuel, malgré une décision de la plus haute cour des États-Unis. Il n’a pas pour autant abandonné sa croisade politico-religieuse.

Cet activisme est populaire dans l’Alabama. Le poste de chef de la justice de l’Alabama est électif, et il y a été élu deux fois. En cas d’élection au Sénat le 12 décembre contre le candidat démocrate, Roy Moore s’est donné comme mission de restaurer la place « de Dieu et de la Constitution au Congrès ».

« Dieu tout puissant a fait plus pour ma campagne que quiconque, a-t-il déclaré après sa victoire. Je n’ai jamais prié pour remporter cette élection. J’ai seulement prié pour que soit exaucée la volonté divine. »

En 2005, il a déclaré dans une entrevue télévisée que l’homosexualité devait être rendue illégale. « La Constitution est fondée sur la morale établie par les Écritures saintes », argumentait-il. Comme juge, il a dit que l’homosexualité était « abjecte, immorale », un « crime contre la nature » et un « mal inhérent ».

Trump « inapte » à être président

Une majorité d’électeurs américains pense que Donald Trump n’est pas apte à être président, et seulement 36 % approuvent son action à la Maison-Blanche depuis le début de son mandat en janvier, selon un sondage publié mercredi. En effet, 56 % des Américains interrogés jugent qu’il n’est « pas apte » à occuper la présidence, contre 42 % qui ont un avis contraire, selon cette enquête d’opinion réalisée par Quinnipiac. La question divise profondément les sondés selon leurs préférences politiques, leur genre et la couleur de leur peau. Chez les démocrates, 94 % des électeurs pensent que Donald Trump est inapte à occuper le Bureau ovale, alors que 84 % des républicains pensent qu’il l’est. Cette proportion est de 50 % contre 48 % chez les électeurs blancs et de 49 % dans chaque camp pour les hommes. Les électeurs noirs sont 94 % à juger le 45e président des États-Unis inapte, et 63 % des femmes sont du même avis, toujours selon ce sondage réalisé du 21 au 26 septembre avec une marge d’erreur de 3,1 %.


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