Football américain: Trump sur la défensive sur les questions raciales

<p>Comme à chaque fois que Donald Trump lance – ou alimente – une polémique, il est difficile de distinguer ce qui relève d’un calcul politique ou d’un emportement passager.</p>
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse

Comme à chaque fois que Donald Trump lance – ou alimente – une polémique, il est difficile de distinguer ce qui relève d’un calcul politique ou d’un emportement passager.

Après avoir alimenté tout le week-end de vives tensions avec le monde du football américain, Donald Trump a poursuivi lundi sa croisade contre le « manque de respect » envers le drapeau, mais s’est aussi retrouvé sur la défensive sur les questions raciales.

Les images à travers les États-Unis de dizaines de joueurs – athlètes imposants chargés de leurs volumineux équipements – posant un genou à terre en signe de protestation lors des matchs de NFL dimanche ont marqué les esprits. Et la cascade de réactions outrées à la virulence des propos présidentiels a donné un relief particulier à la controverse.

« Le problème du genou à terre n’a rien à voir avec les questions raciales. Il s’agit du respect pour notre Pays, notre Drapeau, note Hymne. La NFL doit respecter ça ! », s’est défendu le président américain lundi dès l’aube sur Twitter.

Or si le débat touche au respect des symboles nationaux et de la liberté d’expression – deux sujets sensibles aux États-Unis –, il a une autre dimension évidente : ce genou à terre est une marque de protestation contre les injustices sociales et raciales qui traversent la société américaine.

La pratique remonte à l’été 2016, lorsque l’ancien quart arrière des San Francisco 49ers Colin Kaepernick l’avait effectué – et provoqué un vif débat – pour protester contre les meurtres de plusieurs Noirs abattus par des policiers blancs.

Comme à chaque fois que Donald Trump lance – ou alimente – une polémique, il est difficile de distinguer ce qui relève d’un calcul politique ou d’un emportement passager.

Il est certain que cette nouvelle querelle, susceptible de galvaniser une partie de sa base électorale, peut représenter une diversion bienvenue au moment où les républicains s’apprêtent à essuyer un nouveau revers sur leur tentative de supprimer Obamacare, réforme emblématique du système de santé de Barack Obama.

Mais elle n’est pas sans danger pour un président qui s’est retrouvé il y a quelques semaines en difficulté pour ses atermoiements et ses propos ambigus après les violences racistes qui ont secoué la petite ville de Charlottesville.

Tom Brady monte au créneau

Dimanche, dans les 14 matchs de NFL, plus de 150 joueurs ont posé un genou à terre et nombre d’entre eux se tenaient par les bras durant l’hymne américain, traditionnellement interprété avant le début de la rencontre où joueurs et public se tiennent debout, la main droite sur le coeur.

Autre forme de protestation : lorsque l’hymne s’est fait entendre à Nashville, ni les Seattle Seahawks, ni les Tennessee Titans n’étaient présents sur le terrain. « Nous ne nous lèverons pas pour l’injustice qui a accablé les gens de cette couleur [de peau] dans ce pays », ont affirmé les joueurs de Seattle.

« Beaucoup de gens ont hué les joueurs qui ont mis un genou à terre hier (qui représentaient un petit pourcentage du total). Ce sont des admirateurs qui exigent le respect de notre Drapeau ! », a réagi M. Trump lundi matin sur Twitter où un drapeau américain a fait son apparition sur son profil.

 

Fait remarquable : Tom Brady qui fut, un temps, proche de Donald Trump, a dit sans détour son désaccord avec le locataire de la Maison-Blanche.

« Je suis clairement en désaccord avec ce qu’il a dit. Je pense que cela créé tout simplement des divisions », a déclaré le joueur vedette des Patriots de la Nouvelle-Angleterre sur une radio de Boston. « Je crois à l’idée de rassembler les gens, au respect, à la confiance », a ajouté le quart arrière de légende.

« M. Trump a réussi à faire l’unité des joueurs et des propriétaires dirigeants de club contre lui, même si plusieurs de ces derniers l’avaient soutenu durant sa campagne », résumait le Wall Street Journal dans son éditorial.

Les attaques du 45e président des États-Unis contre Colin Kaepernick, actuellement sans club, lors d’une réunion en Alabama vendredi soir ont particulièrement choqué. Et les appels à des excuses présidentielles se sont multipliés.

Sans le nommer, il s’en était pris avec une virulence peu commune à ce joueur de 29 ans : « Est-ce que vous n’aimeriez pas voir un de ces propriétaires [d’équipe] de NFL dire, quand quelqu’un manque de respect à notre drapeau: "Sortez-moi ce fils de pute du terrain, il est viré, viré ! " ».

3 commentaires
  • Michel Bouchard - Abonné 25 septembre 2017 10 h 58

    Une autre raison....

    pour abolir les hymnes nationaux lors des joutes sportives.Les joueurs ainsi que les spectateurs le savent dans quel pays ils habitent , nul besoin de leur faire savoir.

    Là où l'hymne national pourrait être entendu, c'est lors des gagnants de médailles aux jeux olympiques.

  • Michel Lebel - Abonné 25 septembre 2017 11 h 06

    Le non-respect


    Un jugement sur Donald Trump est partagé par plusieurs: ce président ne mérite pas le respect. Au lieu d'unir, cet homme divise plus que jamais. Pitoyable dans ses paroles et ses actions!

    M.L.

  • Sylvain Auclair - Abonné 25 septembre 2017 14 h 31

    Respecter le drapeau

    Étrangement, le Code du drapeau interdit de reproduire le drapeau sur des uniformes sportifs, d'en faires des vêtements, d'en faire des versions jetables, de le présenter à l'horizontale, toutes choses qui arrivent quotidiennement...