Pour sortir de sa bulle cette semaine: DACA, «Dreamers» et entente entre républicains et démocrates

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions ? Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Au menu cette semaine : trois regards conservateurs sur l’entente entre démocrates et républicains sur l’avenir de DACA et sur les négociations à venir sur la question des « Dreamers ».

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.

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Opportunité et réalisme

Dans cette longue analyse publiée prématurément par le National Review, Robert VerBruggen livre en quelque sorte une stratégie républicaine pour les négociations à venir sur la question des « Dreamers ». Ici, les partisans d’une plus grande restriction de l’immigration disposent d’un effet de levier certain, croit VerBruggen, mais ils doivent rester réalistes quant à ce que les démocrates seront prêts à accepter. Plusieurs aimeraient en profiter pour pousser une réforme plus profonde de l’immigration aux États-Unis, et une entente sur les « Dreamers », négociée au prix de quelques concessions aux démocrates, pourrait bien en être le point de départ.

Extrait : « There’s another issue that must be addressed in a DACA deal as well : If these individuals are given full citizenship instead of some other form of legal status, they will be able to sponsor their parents — i.e., the people who broke the law to get them here — for permanent residency. This is obviously not acceptable. Either the Dreamers shouldn’t become full citizens, or their parents should be banned from applying for green cards. »

Traduction libre : « Un autre problème doit être abordé advenant un accord sur DACA : si ces individus reçoivent une citoyenneté complète au lieu d’une autre forme de statut juridique, ils pourront parrainer leurs parents — c’est-à-dire les personnes qui ont enfreint la loi pour les amener ici — pour l’obtention d’une résidence permanente. Ceci est évidemment inacceptable. Soit les “Dreamers” ne devraient pas devenir citoyens à part entière, soit leurs parents devraient être empêchés de demander des green cards [carte de résident permanent aux États-Unis]. »

Lisez l’article: « A DACA Deal »

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Trump se « fait rouler »

Donald Trump est sur le point de se « faire rouler » sur la question des « Dreamers », avertit Joel B. Pollak dans ce papier pour Breitbart. Les contours bruts de l’entente avec les démocrates ne présagent rien de bon, selon l’éditorialiste. En plus d’avoir adopté le discours des démocrates sur les « Dreamers » (« des jeunes gens bienveillants, éduqués et accomplis »), le président n’offre aucune garantie qu’il a reçu ce qu’il promettait en retour : une protection accrue des frontières. Seul aspect positif au tableau, selon Joel Pollak : l’entente reflète peut-être les préférences d’une majorité d’Américains, et le président travaille sur une base bipartisane, ce qu’Obama n’aurait jamais fait.

Extrait : « And the lesson of the DACA deal may turn out to be that all the media and the Democrats have to do to manipulate a Republican is to call him or her a racist for long enough. Even for Donald Trump, who won his stunning victory in 2016 by standing up to the media, there may be a breaking point. »

Traduction libre : « La leçon de l’accord DACA pourrait bien être que tout ce que les médias et les démocrates doivent faire pour manipuler un républicain, c’est de le traiter de raciste pendant assez longtemps. Même pour Donald Trump, qui a remporté sa superbe victoire de 2016 en résistant aux médias, il pourrait y avoir un point de rupture. »

Lisez l’article: « Donald Trump is Getting Rolled on DACA »

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Aucune amnistie tolérée

Que personne n’essaie de convaincre Ann Coulter que l’amnistie accordée aux « Dreamers » se limitera à un nombre restreint et précis d’immigrants illégaux. La commentatrice républicaine est catégorique : « Chaque syllabe de cette affirmation est un pur mensonge. » Selon elle, du moment que l’amnistie est accordée à quelques-uns, elle le sera à tous, peu importe le libellé de la loi qui sera retenu. « Tous ceux impliqués dans l’ensemble de l’appareil d’immigration travaillent assidûment, aux frais du contribuable, à transformer ce pays en un tiers monde infernal », tranche la sulfureuse polémiste, dans cette chronique pour WND (World Net Daily). La décision revient au président Trump de renverser la vapeur, et on devine que la position de Coulter ne laisse aucune place au compromis.

Extrait : « President Trump is the last president who will ever have a chance to make the right decision on immigration. After this, it’s over. [...] If he succeeds [...] He will be the president who saved the American nation, its character, its sovereignty, its core identity. But if he fails, Donald Trump will go down in history as the man who killed America. »

Traduction libre : « Le président Trump est le dernier président qui aura une chance de prendre une bonne décision sur l’immigration. Après cela, c’est fini. [...] S’il réussit [...], il sera le président qui a sauvé la nation américaine, son caractère, sa souveraineté, son identité fondamentale. Mais s’il échoue, Donald Trump passera à l’histoire comme l’homme qui a tué l’Amérique. »

Lisez l’article: « No Amnesty is a Good Amnesty »