Pour sortir de sa bulle cette semaine: le réengagement militaire des États-Unis en Afghanistan

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions ? Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Au menu cette semaine : l'annonce par le président Trump d'un réengagement militaire des États-Unis en Afghanistan.

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.

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Moins de calendriers, plus de cohérence

De l’avis de Meghan O’Sullivan, le président Donald Trump a raison de laisser tomber l’idée d’un retrait rapide de l’Afghanistan et, en lieu et place, d’articuler un engagement ferme et continu dans ce pays et la région. Dans ce texte d’opinion publié dans Bloomberg, celle qui en plus d’enseigner les relations internationales à Harvard a été conseillère adjointe sur la sécurité nationale dans les conflits irakien et afghan sous George W. Bush revient sur ce qui différencie la stratégie de Trump de celle d’Obama. Selon elle, l’abandon d’un calendrier fixe pour un retrait d’Afghanistan était nécessaire, mais les Américains exigeront du président une stratégie plus détaillée et cohérente.

Extrait : « Trump will have to be different, and specific, if he hopes to succeed [...] Americans aren’t interested in tactical or operational plans, but they do want to understand and have confidence in the strategy -- which will require sharing more details than offered on Monday night. »

Traduction libre : « Trump devra être différent et précis, s'il espère réussir [...] Les Américains ne sont pas intéressés par des plans tactiques ou opérationnels, mais ils veulent comprendre et avoir confiance en la stratégie — ce qui nécessitera de partager plus de détails que ceux offerts lundi soir. »

Lisez l’article: « Trump's Afghan Strategy Is Different, and Braver, Than Obama's »

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« Nous sommes fatigués de la guerre »

Bonnie Kristian fait partie de ces commentateurs conservateurs qui désapprouvent la stratégie afghane annoncée lundi par le président Trump. Autrement chroniqueuse pour Rare.us et collaboratrice chez The Week, elle publie ici un long texte d’opinion dans The Federalist dans lequel elle explique pourquoi, selon elle, il n’y a pas de victoire possible dans le conflit afghan. La stratégie de Donald Trump n’apporte des changements que pour le pire, elle ne va qu’ajouter aux échecs des gouvernements précédents, écrit-elle en substance.

Extrait : « The American people are weary of an imprudent foreign policy that goes abroad seeking “monsters to destroy,” that plays a futile and dangerous game of world police, that ignores much-needed constitutional limits. After 16 years, we are weary of war. »

Traduction libre : « Le peuple américain en a assez des politiques étrangères imprudentes qui s’aventurent à l'étranger à la recherche de “monstres à détruire”, qui jouent le jeu futile et dangereux d’une police mondiale, qui ignorent toutes limites constitutionnelles nécessaires. Après 16 ans, nous sommes fatigués de la guerre. »

Lisez l’article: « Trump’s Afghanistan Plan Upends His Campaign Promises Against Perpetual War »

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Tous interventionnistes

Les trois derniers présidents ont fait campagne sur les promesses d'une poursuite plus humble des intérêts nationaux américains, d'une diminution des engagements militaires à l'étranger et l'abandon du « nation building ». Mais une fois en poste, aucun n’a su les respecter, rappelle d’emblée Noah Rothman dans Commentary. Entendu que le troisième est Donald Trump, qui a dû revenir lundi sur ses promesses de campagne concernant l’Afghanistan. Les impératifs du monde réel finissent toujours par s’imposer, écrit Rothman. De l’avis du chroniqueur, si Trump s’est engagé à obtenir une « victoire » en Afghanistan, le mieux qu’il peut espérer est de ne pas perdre.

Extrait : « Retrenchment fails and is ultimately abandoned because it is a fantasy—one whose pursuit only results in chaos, instability, death on a scale that cannot compare to the alternatives. »

Traduction libre : « Le retranchement échoue et est au bout du compte abandonné parce que c'est une fantaisie qui n'entraîne que le chaos, l'instabilité, la mort sur une échelle qui ne peut se comparer aux autres solutions. »

Lisez l’article: « We’re All Interventionists Now »