Trump promet «le feu et la colère» à Pyongyang

Le président américain, Donald Trump, a promis mardi «le feu» à la Corée du Nord si elle continuait de développer son arsenal nucléaire.
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump, a promis mardi «le feu» à la Corée du Nord si elle continuait de développer son arsenal nucléaire.

Washington — Donald Trump a lancé mardi une spectaculaire mise en garde à la Corée du Nord, lui promettant « le feu et la colère » au moment où les services secrets américains semblent avoir acquis la conviction que Pyongyang est en mesure de miniaturiser des armes nucléaires.

« La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les États-Unis », a déclaré le président américain depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il passe des vacances. Les menaces, si elles se poursuivaient, « se heurteront au feu et à la colère », a-t-il ajouté, promettant une réaction d’une ampleur « que le monde n’a jamais vue jusqu’ici ».

Peu après, l’agence de presse sud-coréenne Yonhap a rapporté que la Corée du Nord avait indiqué envisager de tirer des missiles balistiques à portée intermédiaire vers les bases américaines de l’île de Guam, dans le Pacifique. Fidèle à sa rhétorique enflammée, Pyongyang avait promis lundi de faire payer « un millier de fois » aux États-Unis « le prix de leurs crimes ».

Mais le contexte s’est encore alourdi avec des révélations du Washington Post sur les progrès réalisés par les Nord-Coréens dans leur programme nucléaire. Le régime communiste a réussi à adapter suffisamment la taille de ses têtes nucléaires pour pouvoir les placer sur ses missiles intercontinentaux et ainsi faire peser la menace d’une attaque nucléaire sur la première puissance mondiale, selon les conclusions d’un rapport confidentiel achevé le mois dernier par l’agence américaine de renseignement militaire, la DIA, et révélées mardi par le journal.

La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les États-Unis

Grâce à cette capacité, le régime communiste deviendrait une puissance nucléaire à part entière, en mesure de réaliser l’objectif affiché par le leader Kim Jong-un : frapper les « salauds d’Américains ».

Casse-tête pour le président américain

Pour l’heure, le régime de Pyongyang a testé plusieurs engins atomiques et a réussi deux lancements de missiles balistiques intercontinentaux, capables de frapper les États-Unis. Mais sa capacité à miniaturiser suffisamment une bombe atomique pour la placer sur l’un de ces lanceurs faisait encore l’objet de doutes.

Les analystes et autres membres du renseignement étaient jusqu’ici convaincus que, malgré les dix ans écoulés depuis le premier test nucléaire de Pyongyang en octobre 2006, la Corée du Nord était encore à quelques années de savoir maîtriser le processus de miniaturisation.

Mais selon le rapport daté du 28 juillet, dont un extrait a été lu au Washington Post, « la communauté du renseignement estime que la Corée du Nord a produit des armes nucléaires qui peuvent être embarquées sur des missiles balistiques, y compris des missiles balistiques intercontinentaux ».

Selon le journal, le ministère japonais de la Défense est parvenu aux mêmes conclusions.

Les menaces répétées et l’enchaînement ces derniers mois de tests de missiles par Pyongyang sont un casse-tête pour Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir. Le milliardaire américain a notamment engagé un bras de fer diplomatique à trois bandes en demandant avec insistance à la Chine, principale alliée de la Corée du Nord, d’agir pour faire infléchir son incontrôlable voisin.

Propos présidentiels dénoncés

Toujours sur le plan diplomatique, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté samedi à l’unanimité une résolution renforçant nettement les sanctions déjà imposées à Pyongyang. Aux termes de celle-ci, la Corée du Nord devrait être privée d’un milliard de dollars de recettes annuelles.

En frappant le pays au portefeuille, la communauté internationale a pour objectif de pousser Pyongyang à la négociation, notamment après les deux tirs de missiles intercontinentaux effectués en juillet.

Depuis 2006, l’ONU a imposé six trains de sanctions à la Corée du Nord, mais rien ne semble faire dévier le jeune leader Kim Jong-un. Le dernier essai nucléaire remonte au 9 septembre 2016, avec une détonation jugée deux fois plus puissante que la bombe américaine lâchée sur Hiroshima.

À Washington, nombre de voix se sont élevées pour dénoncer les propos présidentiels. Le démocrate Eliot Engel, membre de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, a regretté la « ligne rouge absurde » tracée par M. Trump, tant les déclarations menaçantes de Pyongyang sont récurrentes. « La sécurité de l’Amérique est basée non seulement sur la force de notre armée, mais aussi sur la crédibilité de notre commandant en chef », a-t-il souligné, dénonçant « l’emportement impulsif » du milliardaire.

Le sénateur républicain John McCain a aussi fait part de son scepticisme, soulignant que les « grands dirigeants » ne menaçaient pas leurs ennemis, sauf s’ils étaient prêts à passer à l’action. « Et je ne suis pas sûr que le président Trump soit prêt à agir », a-t-il ajouté.

Pour Anders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l’OTAN, cette formulation « visait à faire peur à Pékin comme à Pyongyang ». « Mais les lignes rouges présidentielles qui restent lettre morte créent des précédents dangereux », a-t-il mis en garde.

5 commentaires
  • Pierre Robineault - Abonné 8 août 2017 17 h 37

    Et un tas !

    Il promet feu et colère, et un tas d'autres choses provenant de sa propre nature!

    • André Tremblay - Abonné 8 août 2017 19 h 44

      Après tout, il est le représentant des "forces du bien"....
      Des "biens nantis" financièrement...il va sans dire !

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 9 août 2017 06 h 24

      Dans le temps de Rome, Trump aurait-été un des meilleurs nobles Césars à avoir gouverné avec ...

      ... ?!? ... - 9 août 2017 -

  • André Tremblay - Abonné 8 août 2017 20 h 56

    Et un malade...

    ...qui répond à un autre malade !
    Dans quel beau monde nous vivons !!!!!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 9 août 2017 13 h 49

    Bref !

    « Donald Trump a lancé mardi une spectaculaire mise en garde à la Corée du Nord, lui promettant « le feu et la colère » au moment » ; « Pyongyang avait promis lundi de faire payer « un millier de fois » aux États-Unis « le prix de leurs crimes ». » (AFP-ÉU)

    De ces « promesses », courtoises et raffinées, que souhaiter de plus lorsqu’elles proviennent d’autorités politiques qui, en quête de « mobile » querelleur, se menacent et se cherchent des poux ?

    De ces promesses « colorées », il serait comme avisé d’inviter les belligérants à évoluer dans une arène de boxe, et ce, afin d’éviter que leur population respective ne soit prise comme des otages-victimes inutiles !

    Bref ! - 9 août 2017 -