Catastrophe aérienne évitée à San Francisco

De nouvelles informations dévoilées par les autorités américaines montrent à quel point un avion d’Air Canada a frôlé la catastrophe lors de son atterrissage à San Francisco le soir du 7 juillet dernier.

L’équipage du vol 759 en provenance de Toronto avait alors pris une voie d’attente pour une piste d’atterrissage.

Ce n’est qu’au moment où l’aéronef était à 18 mètres du sol que le pilote s’est aperçu de son erreur, selon le Bureau de la sécurité des transports des États-Unis (NTSB). C’est à peine plus haut que les quatre appareils qui attendaient leur tour sur le tarmac.

Voyant l’Airbus A320 d’Air Canada s’approcher dangereusement de son appareil, un pilote du transporteur américain United a averti la tour de contrôle, tandis que l’équipage de l’appareil de Philippine Airlines voisin a allumé ses lumières d’atterrissage en guise de signal d’extrême urgence.

Les enquêteurs du NTSB n’ont pas encore déterminé la cause exacte de cet incident, qui aurait pu aisément devenir un des pires désastres de l’histoire de l’aviation. Mais « on est passé près [de la catastrophe], beaucoup trop près », a affirmé l’expert en sécurité aérienne et pilote à la retraite John Cox.

Le système de sécurité déjoué

Selon les premiers éléments d’enquête, le vol 759 était si loin de sa trajectoire attendue qu’il n’a pas déclenché le système radar censé prévenir de tels incidents.

À l’heure actuelle, ces systèmes de sécurité ne sont pas conçus pour détecter les avions s’approchant des voies d’attente de cette façon — un événement rare, surtout lorsqu’un pilote de ligne est aux commandes.

Ces systèmes seront bientôt modifiés, a confirmé un porte-parole de l’agence fédérale américaine de l’aviation (FAA), Ian Gregor.

Des vétérans aux commandes

De véritables vétérans des airs dirigeaient le vol 759 d’Air Canada. Le pilote cumulait plus de 20 000 heures de vol ; son copilote, plus de 10 000.

Ils ont confié au NTSB « ne pas avoir vu d’appareils sur la voie d’attente, mais avoir compris que quelque chose clochait ».

Les enquêteurs n’ont pas pu avoir accès aux conversations à l’intérieur du cockpit lors de l’incident — les boîtes noires n’enregistrent que les deux dernières heures de vol, et l’appareil s’est envolé vers Montréal dès le lendemain matin.

Air Canada n’a pas voulu commenter le dossier, citant l’enquête en cours.

Photo: Bureau de la sécurité des transports des États-Unis Quatre appareils attendaient leur tour sur la voie d’attente au moment de l'incident (première image), quand le vol AC759 les a frôlés (deuxième image) avant de reprendre de l’altitude (troisième image).