Le sort du ministre américain Jeff Sessions semble scellé

Le président Donald Trump et et le ministre de la Justice Jeff Sessions en mai dernier à Washington
Photo: Evan Vuci ASsociated Press Le président Donald Trump et et le ministre de la Justice Jeff Sessions en mai dernier à Washington

Le ministre américain de la Justice a une nouvelle fois été soumis à un feu roulant de critiques par Donald Trump, le mettant dans une position de plus en plus intenable.

Mercredi matin, le président a de nouveau ouvertement critiqué Jeff Sessions. Cette fois, il lui reproche de ne pas avoir remplacé le directeur intérimaire du FBI, Andrew McCabe, qu'il estime trop proche du camp démocrate.

   

La veille, Donald Trump avait choisi la solennité d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, avec un hôte étranger, pour asséner un nouveau coup à son ministre de la Justice. Il lui a reporché de ne pas l’isoler des enquêtes sur l’affaire russe qui empoisonne son début de mandat.

« Je suis déçu par le ministre de la Justice », a dit M. Trump, sans répondre au journaliste qui lui demandait pourquoi il ne limogeait pas celui qui fut l’un de ses premiers et plus précieux alliés dans sa course à la Maison-Blanche.

La sortie du président — après un tweet matinal au ton cinglant — laisse peu de doute sur le départ prochain de Jeff Sessions en démissionnant ou en étant limogé.

« Nous arriverons bientôt à un dénouement », avait d’ailleurs promis un peu plus tôt Anthony Scaramucci, le nouveau directeur de communication de la Maison-Blanche. « Il y a manifestement un problème. »

Depuis le 19 juillet et une entrevue du président au New York Times, il ne faisait plus de doute que M. Sessions n’avait plus la confiance du président.

Donald Trump reproche à son ministre de s’être récusé dans l’enquête menée d’abord par le FBI — et désormais par un procureur spécial — sur l’ingérence du Kremlin dans l’élection présidentielle et sur d’éventuelles complicités au sein de l’équipe de campagne de M. Trump.

Manafort convoqué

La Commission de la justice du Sénat américain a assigné à témoigner l’ancien président de l’équipe de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, dans le cadre de son enquête sur les ingérences russes l’an dernier. Paul Manafort est convoqué à venir en personne à une audition publique ce mercredi au Sénat pour s’expliquer sur ses liens avec la Russie.

« Comme pour les autres témoins, nous serions éventuellement disposés à le dispenser de l’audition de mercredi s’il était prêt à produire des documents et à accepter un entretien retranscrit », ont déclaré le républicain Chuck Grassley et la démocrate Dianne Feinstein dans un communiqué. Jared Kushner, gendre et proche conseiller du président, s’est rendu lundi devant la Commission du renseignement du Sénat, à huis clos, et était mardi matin devant la commission équivalente de la Chambre des représentants, là encore pour un entretien privé. Le fils aîné du milliardaire, Donald Trump Jr., doit lui aussi témoigner, mais les détails de son audition ne sont pas encore connus.

Le ministre de la Justice avait omis de rapporter une rencontre avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak, plus tard révélée par la presse.

En se mettant volontairement à l’écart, M. Sessions est devenu impuissant aux yeux du président à le protéger si le besoin devait se faire sentir.

L’ancien sénateur d’Alabama s’est en particulier mis dans l’impossibilité de limoger le procureur spécial nommé dans l’affaire russe si le président le lui demandait. Ce dernier a déjà renvoyé le directeur du FBI, James Comey, à cause de son rôle dans l’enquête russe.

Selon le Washington Post, le président et ses conseillers cherchent activement un remplaçant à M. Sessions.

Le nom de Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York et lui aussi fidèle soutien de M. Trump pendant la campagne, a été avancé par le site d’information Axios. M. Giuliani avait déjà été pressenti pour occuper le poste, mais il a affirmé lundi que M. Sessions « avait pris la bonne décision [en se récusant] au regard des règles du ministère de la Justice ».

Le nom de Ted Cruz, un sénateur du Texas et ancien rival du président dans la primaire républicaine, a également été évoqué.

5 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 25 juillet 2017 09 h 22

    Anthologie

    Pièce d'anthologie, hier: le discours de Trump devant un jmaboree de scouts. Il n'a que parlé de lui, de son extraordinaire victoire présidentielle (il a obtenu des cris d'enthousiasme en nommant divers états venant des jeunes de ces mêmesétats: chapeau à la technique d'orateur). Comme grand de l'intimidation et de l'insulte il a de nouveau attaqué Mme Clinton et son propre Procureur général - particulièrement dans ce dernier cas pour parler le loyauté. Comme toujours démagogue et vulgaire.

  • Nicole Delisle - Abonné 25 juillet 2017 12 h 40

    Un président indigne et déloyal!

    Trump se sert des gens pour arriver à ses fins. Tant qu'ils lui sont utiles, il les encense à coup de "fantastique", "génial". Mais quand son incompétence et son incapacité sont mis en vedette, il les destitue littéralement en agissant comme un vrai "tourne-capot". Il n'a pas fini d'en virer car il se met dans le trouble lui-même. Il n'a même pas besoin d'eux pour le faire. Il a l'art de retourner ses erreurs sur la faute de ses
    conseillers. Plus bas que cela comme attitude, c'est assez déshonorant pour la classe politique. Il n'est coupable de rien, jamais. Il vit sur son petit trône, tel un petit roi
    qui se fout de tout le monde. Combien de temps encore réussira-t-il à berner et à utiliser ses conseillers et la population uniquement pour satisfaire son narcissisme maladif?

  • Gilles Bonin - Inscrit 25 juillet 2017 22 h 24

    Parlons de Lafontaine

    Aujourd'hui le pompeux et enflé président américain se dit le plus grand président à part Lincoln... Eh! bien, il faudrait lui rappeler la fable de Lafontaine de la grenouille qui voulait ressembler au boeuf, si bien qu'à la fin «fecit pouf».

  • Michel Lebel - Abonné 26 juillet 2017 06 h 46

    Et ça continue...


    Dire que Macron a invité ce vulgaire histrion pour le défilé du 14 juillet. Je n'en reviens toujours pas. Quel manque de jugement de la part du nouveau président français. Quant à Trump, sa descente aux enfers ne peut que continuer. Il va bien finir par se virer lui-même.

    M.L.

  • Pierre Pinsonnault - Inscrit 26 juillet 2017 07 h 18

    Titre que Trump m'inspire

    The Mad Mad President of the United Flaws of America.