Kushner nie toute ingérence de la Russie dans la campagne de Trump

Jared Kushner, gendre et proche conseiller du président Donald Trump, a refusé de répondre aux questions des journalistes.
Photo: Pablo Martinez Monsivais Associated Press Jared Kushner, gendre et proche conseiller du président Donald Trump, a refusé de répondre aux questions des journalistes.

L’étau inquisiteur s’est resserré d’un tour lundi autour de Donald Trump. Jared Kushner, gendre et proche conseiller du président américain, dément toute connivence avec la Russie.

Ses quatre rencontres avec des Russes l’an dernier ne faisaient pas partie d’un complot pour faire gagner son beau-père, a-t-il assuré devant le Congrès. Il était le premier de l’entourage rapproché du président américain Donald Trump à s’expliquer sur ses liens avec la Russie devant les élus, qui s’intéressent à sa possible ingérence dans la campagne électorale de 2016.

« Tous mes actes ont été appropriés, dans le cadre normal d’une campagne sans équivalent », a ensuite déclaré le conseiller à son retour à la Maison-Blanche, en refusant de répondre aux questions des journalistes.

M. Kushner avait préalablement publié lui-même le contenu intégral de sa déclaration à cette commission du Sénat sur le renseignement, avant de témoigner les portes fermées durant deux heures.

Il y affirme avoir participé avec Donald Trump fils à une rencontre avec l’avocate Natalia Veselnitskaya, à cinq mois de l’élection présidentielle. La description qu’il en fait se veut désintéressée, en précisant qu’il est arrivé en retard, sans avoir lu les échanges de courriels au préalable. Il aurait en outre demandé à un assistant de l’appeler afin d’avoir un prétexte pour quitter cette rencontre.

Jared Kushner confirme qu’il a bien vu l’ambassadeur russe aux États-Unis deux fois, ainsi qu’un grand banquier proche de Vladimir Poutine, Sergueï Gorkov, à sa demande.

Le Washington Post avait affirmé en mai dernier que le gendre de M. Trump avait émis le désir d’établir un canal secret de communication avec le Kremlin. L’affirmation a depuis été confirmée par de hauts fonctionnaires américains, puis niée par M. Kushner lundi.

La routine ?

Dans sa déclaration de onze pages, le proche conseiller du président affirme avoir été contacté par des représentants d’environ 15 pays au cours de la campagne de son beau-père. Il insiste pour replacer ces rencontres parmi des « milliers d’autres durant la campagne et la transition », des actions décrites comme étant « dans le cours normal des événements ».

Ces conversations avec des officiels étrangers peuvent effectivement faire partie de la routine, avance Rafael Jacob, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand, tout en soulignant le manque de crédibilité de cette version. « Kushner dit ça maintenant, mais il a été forcé d’admettre que l’information originellement donnée était erronée », rappelle-t-il.

Les membres de son personnel auraient soumis « prématurément » son formulaire SF-86, justifie Jared Kushner dans sa déclaration. Ce formulaire, nécessaire pour obtenir son autorisation de sécurité comme conseiller à la Maison-Blanche, ne mentionnait pas ses contacts avec des sources étrangères.

Le fils aîné du milliardaire ainsi que le directeur de campagne Paul Manafort doivent aussi donner leur version des faits devant le Congrès. Au début juillet, Donald Trump fils a publié une série de courriels dans lesquels on apprenait qu’il espérait que l’émissaire russe, Mme Veselnitskaya, lui fournirait des informations compromettantes sur Hillary Clinton.

« Et dans ce cas-ci, il y a une preuve noir sur blanc d’une tentative de collusion », précise Rafael Jacob. D’autres révélations qui prouvent à quel point « ça ne va pas bien pour Trump », poursuit-il.

« L’équipe de Trump ne parvient même pas à colmater les brèches, ça coule de partout et plusieurs fuites embarrassantes proviennent de la Maison-Blanche ou même des services de renseignement », observe le chercheur.

Jeff Sessions, procureur général des États-Unis, a parlé de la campagne présidentielle avec l’ambassadeur russe à Washington, apprenait-on vendredi dernier. Deux de ses conversations ont été interceptées par des agences américaines de renseignement, selon le Washington Post.

M. Sessions avait nié avoir tenu des propos liés à la campagne lors de ses rencontres avec Sergueï Kislyak. Il s’était cependant déclaré incompétent en mars dans toutes les enquêtes sur les ingérences russes.

Les liens présumés avec la Russie ont aussi déjà forcé Michael Flynn à démissionner en février dernier. Ce conseiller à la sécurité nationale n’aura été en poste qu’un mois. Il fait l’objet d’une enquête du FBI.

Jared Kushner doit témoigner mardi devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants, après celle du Sénat. Les enquêtes des élus s’ajoutent à celle menée par le procureur spécial Robert Mueller.

2 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 25 juillet 2017 04 h 08

    Le gendre parfait

    C'est le gendre parfait... le beau-père étant un menteur invétéré ou plutôt qu'il a sa vérité alternative: tel beau-père, tel gendre... Attendons les prochains «leaking» et révélations sur l'un ou l'autre: naïveté, insouciance et incompétence, tout cel a un temps. En tous les cas, l'atmosphère familiale doit en prendre un coup... puisque le gentil Kouchner refile la patate chaude au beau-frère, Trump Jr. - mais il est vrai que junior n'est pas à l'emploi du gouvernement et ne risque pas de perdre son accréditation de sécurité... comme quoi, l'harmonie règne peut-être bien dans la famille.

  • Michel Lebel - Abonné 25 juillet 2017 06 h 46

    Pourquoi?

    La question demeure: pourquoi tout ce beau monde de Trump s'intéressait aux Russes et vice versa? Le tout baigne tellement dans le mensonge! Le boulet russe n'est pas prêt de quitter l'inapte Trump.

    M.L.