Pour sortir de sa bulle cette semaine: système de santé et Jeff Sessions

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions ? Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle. Au menu cette semaine : un ancien conseiller de George W. Bush montre du doigt les élus républicains pour leur manque de discipline ; Donald Trump n’est pas à blâmer dans l’échec de la réforme du système de santé ; et ce même Trump attaque un allié de la première heure.

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.

Congrès indiscipliné

Cela fait maintenant plusieurs mois que les républicains se révèlent incapables de se rallier à une législation qui viendrait remplacer ou réformer Obamacare. Pourquoi cette valse-hésitation, alors que les républicains contrôlent les pouvoirs exécutifs et législatifs ? Dans ce texte d’opinion écrit pour le compte du Wall Street Journal, le conseiller politique Karl Rove soutient que trop de républicains au Congrès n’accordent aucune valeur à l’unité et la discipline de parti. Pour cet ex-chef adjoint du cabinet sous George W. Bush, si cette attitude jusqu’au-boutiste persiste, Obamacare et « tous ses problèmes » risquent de s’en sortir indemnes.

Extrait : « It is a sign of Republican desperation that some think their best hope is to repeal Obamacare and then pray something comes together in the next two years to replace it. President Trump even seems to expect that Democrats will help. Good luck with that. »

Traduction libre : « C’est un signe du désespoir républicain que certains pensent que leur meilleur espoir est d’abroger Obamacare et d’ensuite prier pour que quelque chose vienne le remplacer au cours des deux prochaines années. Le président Trump semble même s’attendre à ce que les démocrates lui viennent en aide. Bonne chance avec ça. »

Lisez l’article: « Is the Republican Congress Hopeless? »

 

Un problème plus profond que Trump

Trump est-il responsable de la débâcle républicaine de la réforme du système de santé ? Ce serait trop facile. Les difficultés des élus républicains sur la question ont des racines beaucoup plus profondes, selon le chef d’édition du Washington Examiner, Philip Klein. D’un côté, explique Klein, les conservateurs défendent une politique du moindre État, de l’autre, de peur de perdre des votes, ils n’osent pas dire qu’ils ne croient pas en un droit à l’assurance-maladie. Une contradiction qui, maintenant qu’ils sont en position de légiférer, mine leurs efforts vers l’élaboration d’une politique cohérente.

Extrait : « So, it’s true that a more engaged and informed president may have helped along the process more than Trump has, but it’s also true that at the end of the day, Trump is going to sign anything Republicans can get through Congress and he will boast that it is a major win and the greatest piece of legislation in galactic history. The chaos we’re seeing, thus, goes way beyond Trump. »

Traduction libre : « Donc, il est vrai qu’un président plus engagé et informé aurait peut-être aidé davantage que Trump tout au long du processus, mais il est aussi vrai qu’en fin de compte, Trump signera n’importe quelle législation que les républicains arriveront à faire approuver par le Congrès et il se vantera que celle-ci est une victoire majeure et constitue la plus grande législation de l’histoire galactique. Ainsi, le chaos que nous voyons va bien au-delà de Trump. »

Lisez l’article : « Don’t blame Trump for Republican healthcare woes »


Pas besoin d’amis

Donald Trump sait-il quelque chose que ses adversaires ignorent, ou ne peuvent admettre ? C’est ce qu’avance Daniel McCarthy dans cette longue analyse pour The National Interest. Dans une entrevue avec le New York Times cette semaine, Trump a déclaré qu’il n’aurait jamais nommé le procureur général Jeff Sessions, l’un de ses alliés de la première heure et des plus fidèles, s’il avait su que Sessions se récuserait dans l’enquête du FBI sur l’affaire russe. Selon McCarthy, une telle charge contre Sessions montre que le président ne semble pas trop préoccupé de conserver ses rares alliés politiques. C’est son secret : Trump est bien conscient qu’aussi bas puisse-t-il tomber dans les sondages, ses ennemis demeurent pires que lui aux yeux du public. Pour cette classe moyenne américaine mécontente qui a porté Trump au pouvoir, nous dit McCarthy, il n’existe pour le moment aucun autre candidat crédible, autant chez les démocrates que chez les républicains.

Extrait : « The American people may not like Trump, but they loathe the forces of respectability arrayed against him. The media ? Congressional Democrats ? The Republican establishment ? With enemies like those, Trump hardly needs friends. »

Traduction libre : « Les Américains peuvent ne pas aimer Trump, mais ils détestent les forces de la respectabilité liguées contre lui. Les médias ? Les démocrates du Congrès ? L’establishment républicain ? Avec des ennemis comme ceux-là, Trump n’a guère besoin d’amis. »

Lisez l’article: « Trump Turns on Jeff Sessions »