Pour sortir de sa bulle cette semaine: les excuses envers Khadr et les courriels de Trump Jr.

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions ? Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle. Au menu cette semaine : Omar Khadr doit offrir sa compensation financière à la famille Speer et Donald Trump Jr. a-t-il commis une faute en rencontrant une avocate russe proche de Moscou ?

Les textes choisis viennent des presses anglo-canadienne et américaine et sont donc en anglais.

Khadr n’est pas l’unique victime

La décision du gouvernement Trudeau d’offrir des excuses à Omar Khadr, accompagnées d’une compensation de 10,5 millions de dollars, a suscité de nombreux et vifs débats cette semaine. Si certains qualifient toujours Khadr de terroriste, d’autres le perçoivent plutôt comme une victime. Pour Kelly McParland, chroniqueur au National Post, il ne fait aucun doute que Khadr a mené une vie désagréable. Khadr n’est toutefois pas la seule victime dans cette histoire, souligne-t-il. Il n’est pas le seul qui mérite que justice lui soit rendue. McParland fait référence ici à Tabitha Speer, la veuve du sergent Chris Speer, dont la mort a été attribuée à Khadr, ainsi qu'à leurs deux enfants. Si Khadr ne peut être tenu responsable de cette lacune de justice envers les Speer, selon McParland, il peut, et devrait, la combler en leur offrant sa compensation financière.

Extrait : « If Khadr is the reformed character he claims to be, if he is as repentant as he maintains, and as determined to pursue a just and honest life as he and his lawyers would have us believe, he would issue a complete and fulsome apology to the Speers and turn over most if not all of the award he received. »

Traduction libre : « Si Khadr est la personne transformée qu'il prétend être, s'il est aussi repentant qu'il le soutient et déterminé à poursuivre une vie juste et honnête comme ses avocats et lui veulent nous faire croire, il présenterait des excuses complètes et sincères à la famille Speer et leur donnerait la plupart, sinon tout l’argent qu'il a reçu. »

Lisez l’article: « If Khadr has changed, he'll give the money to the kids he orphaned »

« Amateur hour » à la Trump Tower

Les opposants de Donald Trump se sont-ils vu offrir un « pistolet fumant » sur un tweet d’argent ? Donald Trump Jr. a-t-il lui-même fourni la preuve, en divulguant une chaîne de courriels qui a mené à une rencontre avec une avocate russe dite proche de Moscou, que l’équipe de campagne du président a commis un crime ? Non, juge l’avocat américain Jonathan Turley dans les pages de The Hill. Tout simplement parce que la rencontre ne constitue pas un crime en soi, selon l’analyste. Ce que met en lumière cette histoire, selon Turley, c’est plutôt l’amateurisme dont a fait preuve l’équipe de campagne de Donald Trump en se faisant appâter aussi facilement.

Extrait : « If the Russians were making such a play to influence the election in favor of Trump, this is a curious way of going about it. The most obvious question is why the Russians would call such a meeting but not actually produce any evidence or even substantive allegations. »

Traduction libre : « Si les Russes préparaient une telle mise en scène pour influencer l'élection en faveur de Trump, c'est une curieuse manière d'y arriver. La question la plus évidente est de savoir pourquoi les Russes convoqueraient une telle réunion, mais ne produiraient aucun élément de preuve ou même des allégations substantielles. »

Lisez l’article: « Don Jr.'s Russia meeting wasn't collusion — just amateur hour »

Fatigué du Donald

Ce ne sont toutefois pas tous les conservateurs qui s’entendent pour juger cette rencontre innocente. Ici, pour le compte de The American Conservative, la réaction du chroniqueur Rod Dreher semble empreinte de désespoir. Dreher, qui s’avoue désabusé devant le Parti républicain, avoue avoir du mal à se formaliser devant ces derniers développements. Pas parce que la rencontre avec l’avocate russe n’a rien de grave, au contraire. Mais parce qu’à ce stade-ci, ce genre de révélation n’a plus rien de surprenant pour lui, considérant le « niveau ambiant de corruption » au sein du gouvernement.

Extrait : « I guess it’s Trump fatigue. He has so lowered the bar on presidential behavior that this latest revelation comes across as just one more damn thing. I suppose this is how we all become corrupted. »

Traduction libre : « Je suppose que c'est une sorte de fatigue envers Trump. Il a mis la barre présidentielle si basse que cette dernière révélation apparaît comme une autre histoire qui s’ajoute simplement aux autres. Je suppose que c'est ainsi que nous devenons tous corrompus. »

Lisez l’article: « Trump & The Smoking Yawn »