Trump s’insurge après de nouvelles révélations dans l’affaire russe

<p>Le président des États-Unis, Donald Trump </p>
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse

Le président des États-Unis, Donald Trump 

Donald Trump est désormais dans le viseur du procureur spécial américain Robert Mueller, qui enquête sur les affaires russes et veut savoir, selon de nouvelles révélations, si le président américain a fait entrave à la justice.

M. Trump s’est indigné jeudi de ces informations sans les démentir. Il a qualifié de nouveau sur Twitter de « bidon » l’hypothèse d’une collusion entre certains de ses proches et la Russie pendant la campagne électorale américaine.

L’enjeu est considérable pour le président américain. Si des preuves d’entrave à la justice étaient réunies, cela pourrait ouvrir la voie à une procédure de destitution.

« Ils ont fabriqué une collusion bidon avec l’histoire russe, ils n’ont trouvé aucune preuve, et donc maintenant ils se lancent dans l’entrave à la justice sur cette histoire bidon. Sympa », a-t-il tweeté.

 

Ces affaires, qui empoisonnent sa jeune présidence, sont l’objet de la « plus grande chasse aux sorcières de l’histoire politique des États-Unis », a également affirmé Donald Trump.


Témoignage de Comey 
La semaine dernière, l’ancien chef du FBI James Comey, limogé par Donald Trump début mai, avait fait état de pressions du président américain dans l’enquête sur la Russie.

M. Comey a déclaré que le président américain lui avait fait comprendre qu’il souhaitait voir abandonner la partie de l’enquête concernant son ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn. Réputé proche de la Russie et au cœur des soupçons de connivence avec Moscou, celui-ci a démissionné le 13 février, accusé de n’avoir pas dit toute la vérité sur ses contacts avec l’ambassadeur russe à Washington.

Mis en cause personnellement par les services de renseignement américains pour avoir piloté les piratages informatiques de la campagne de Hillary Clinton, le président russe Vladimir Poutine a une fois de plus tourné en dérision toute l’affaire. James Comey pourrait obtenir « l’asile politique » en Russie, s’est-il amusé jeudi.

Pour déterminer si Donald Trump a tenté de freiner ou de bloquer l’enquête sur une ingérence russe dans la campagne présidentielle, le procureur spécial Robert Mueller, ancien chef du FBI, interroge actuellement de hauts responsables du renseignement, selon le Washington Post et le New York Times.
 

Tournant majeur

 

Le fait d’élargir le champ de l’enquête à une éventuelle entrave à la justice par Donald Trump représente « un tournant majeur », souligne le Washington Post, qui affirme par ailleurs que les enquêteurs sont à la recherche de potentiels délits financiers chez des collaborateurs du milliardaire républicain.

 

Le procureur Mueller aurait sollicité des entretiens avec cinq pontes du renseignement, dont trois ont accepté d’être entendus. Il s’agit de Daniel Coats, directeur du Renseignement, qui chapeaute toutes les agences, Mike Rogers, directeur de l’agence d’interception des communications NSA, ainsi que de son ancien adjoint, Richard Ledgett.

 

Ces entretiens pourraient se tenir dès cette semaine, selon le Washington Post.

 

Toujours d’après ce journal, M. Mueller s’intéresse particulièrement à un échange entre Daniel Coats et ses collaborateurs le 22 mars.

 

Le directeur du Renseignement aurait alors confié que M. Trump lui avait demandé d’intervenir auprès de James Comey pour qu’il abandonne l’enquête sur Michael Flynn.
 

Fuite scandaleuse

 

Quelques jours plus tard, M. Trump avait demandé à MM. Coats et Rogers de déclarer publiquement qu’il n’existait aucune preuve de collusion entre les membres de son équipe de campagne et la Russie, ce que les deux hommes avaient refusé de faire, selon le journal.

Sans réagir sur le fond, l’avocat de Donald Trump, Marc Kasowitz, a dénoncé mercredi une « fuite d’information du FBI concernant le président […] scandaleuse, inexcusable et illégale ».

Les experts jugent peu probable que le ministère de la Justice prenne l’initiative d’inculper un président en exercice, même si l’enquête de M. Mueller conclut à une entrave à la justice de la part de M. Trump.

Mais une telle éventualité pourrait mettre la pression sur le Congrès, à majorité républicaine, pour qu’il déclenche une procédure politique de destitution (« impeachment ») contre le président.

Les procédures d’impeachment lancées contre les présidents Bill Clinton en 1998 et Richard Nixon en 1974 se basaient toutes deux sur des accusations d’entrave à la justice.

2 commentaires
  • Colette Pagé - Inscrite 15 juin 2017 10 h 14

    L'enquête se rapproche dangereusement de sa personne .

    Ce qui explique les cris d'orfraies du Président.

    Avec le procureur spécial le Président ne contrôle plus son environnement. Terminés le harcèlement, la provocation et les menaces de licenciement car, ce procureur respecté de tous est au-dessus de tout soupçons et il terminera le travail commencé quitte à déboucher sur la destitution de ce Président narcissique et menteur pathologique qui est devenu la risée du monde et la honte de l'Amérique.

  • Denis Paquette - Abonné 15 juin 2017 10 h 16

    Pauvre ti' pit

    Pauvre ti'pit, il se rends compte que la présidence n'est pas si simple, qu'il ne suffit pas de vouloir dominer le monde pour y parvenir, qu'une horde est une horde et qu'elle a une énorme inertie, qu'un énorme quarisme ne suffit pas