Trump accuse l’ex-chef du FBI de mensonges et se dit prêt à témoigner sous serment

Le président américain Donald Trump
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Le président américain Donald Trump

Donald Trump a accusé vendredi James Comey de mensonges et s’est dit prêt à démentir sous serment le témoignage de l’ancien directeur du FBI, qui a affirmé que le président américain lui avait demandé d’abandonner une enquête sur l’un de ses ex-conseillers.


Le président a aussi refusé de dire, vendredi, si les conversations privées qu’il a eues avec M. Comey alors que ce dernier était en poste ont été enregistrées.

Cette information est pourtant cruciale au moment où les deux hommes s’accusent mutuellement de mentir.
 

Le dirigeant, à l’occasion d’une conférence de presse avec le président roumain Klaus Iohannis, avait promis de dire « dans un avenir très proche » s’il détenait des enregistrements de ses conversations privées avec James Comey, comme il l’avait un temps insinué, mais il a prévenu : « Vous serez très déçu quand vous entendrez la réponse. »

M. Comey, limogé le 9 mai, a affirmé cette semaine que le milliardaire lui avait demandé d’abandonner un volet de l’enquête russe sur le général Michael Flynn, ex-conseiller à la sécurité nationale.

« Il n’y aurait rien de mal si je l’avais fait, selon tous les gens que j’ai lus aujourd’hui. Mais je n’ai pas dit cela », a déclaré Donald Trump dans la roseraie de la Maison-Blanche.

Puis il a répondu qu’il était disposé « à 100 % » à le déclarer sous serment, notamment devant le procureur spécial Robert Mueller, qui supervise depuis le mois dernier tous les volets de l’enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle, y compris selon M. Comey sur une éventuelle entrave à la justice. Il a aussi nié avoir réclamé à M. Comey sa « loyauté ».

L’audition de l’ex-grand policier « n’a montré aucune collusion, aucune entrave », a assuré Donald Trump. « Tout va très bien. C’était une excuse des démocrates qui venaient de perdre une élection que certains disaient imperdable. »

« Franchement, James Comey a confirmé beaucoup de choses que j’avais dites, et certaines choses qu’il a avancées n’étaient pas vraies », a-t-il ajouté.

Stratégie de contre-attaque

Jusqu’à présent, le dirigeant américain avait laissé ses proches répondre dans les médias, selon une ligne directrice qui devient apparente : ne retenir que certaines parties du témoignage de M. Comey, et en dénoncer les plus accablantes pour le milliardaire.

Les défenseurs de la Maison-Blanche retiennent en premier lieu l’admission par l’ancien procureur qu’il avait fait fuiter à la presse en mai, via un ami, les notes dans lesquelles il avait consigné certains rendez-vous en tête à tête avec Donald Trump.

« Il organise des fuites », a déploré le locataire de la Maison-Blanche.

Dans ces écrits, M. Comey décrivait sa gêne face aux requêtes « dérangeantes » du président, qui lui aurait dit « espérer » qu’il « abandonne » l’enquête sur Michael Flynn, soupçonné de mensonges relatifs à ses discussions avec l’ambassadeur russe.

« S’il faisait fuiter régulièrement, il doit être poursuivi », a lancé vendredi un homme de main de M. Trump, son premier directeur de campagne Corey Lewandowski, sur NBC.

L’avocat engagé par le président pour gérer la crise, Marc Kasowitz, a de même insinué que l’ancien chef du FBI pourrait être poursuivi pour ces « fuites non autorisées ».

De source proche du conseil, on indique qu’une plainte pourrait être déposée la semaine prochaine... Ignorant sciemment que M. Comey, dans son audition, a pris soin de dire que ses notes n’étaient aucunement classifiées, précisément afin qu’elles puissent être disséminées en interne.

Donald Trump s’est senti exonéré par M. Comey, car il a effectivement confirmé devant les sénateurs que le président n’était pas soupçonné de collusion avec la Russie, en tout cas jusqu’à son éviction le 9 mai.

En revanche, le septuagénaire et son entourage ont choisi de rejeter avec véhémence le reste du témoignage, pourtant donné sous serment.

Ils demandent en outre pourquoi, s’il était si choqué du comportement présidentiel, M. Comey n’a pas mis en garde l’occupant du Bureau ovale, voire ouvert une enquête pour entrave à la justice ?

Pour démêler le vrai du faux, des démocrates ont appelé vendredi le président républicain à témoigner sous serment.

« Pas tout de suite, mais à un certain moment, M. Mueller devra demander une déposition au président », a prédit le sénateur démocrate Jack Reed, sur CNN.

4 commentaires
  • Raymond Labelle - Abonné 9 juin 2017 16 h 52

    Pourquoi ne produit-il pas ses supposés enregistrements au lieu de témoigner sous serment?

    Les allégations portent sur la nature de conversations entre Comey et Trump. Un enregistrement de ces conversations trancherait le débat.

    Or, Trump a prétendu dans un gazouillis, émis et dont il a été fait état avant le témoignage de Comey, que ces conversations avaient été enregistrées.

    Si c'était vrai et si Trump avait raison, Trump n'aurait qu'à produire ces enregistrements et l'affaire serait claire. Mais tout à coup, Trump n'en parle plus de ces enregistrements...

    Comey aurait donc menti en croyant qu'il était fort possible que des enregistrements pouvaient démontrer de façon irréfutable qu'il ment? Comey, un ancien avocat et directeur du FBI? Allons donc!

    D'ailleurs, Comey a déclaré dans sa comparution qu'il espérait que ces enregistrements existent...

    Ou bien Trump a menti à propos de l'existence de ces enregistrements, ou bien ils existent et ceux-ci n'appuieraient pas ses prétentions.

  • René Julien - Abonné 9 juin 2017 18 h 38

    Aussi crédible qu'un serpent

    Sous serment ou pas, Trump a la même crédibilité qu'un serpent

  • Marc Therrien - Abonné 9 juin 2017 18 h 49

    Mensonges et mauvaises interprétations


    Si Nietzsche, cet être qui a tiré sa puissance littéraire et philosophique de sa souffrance continuelle et que certains situent comme l’inspiration des premiers psychothérapeutes de la souffrance morale et du mal de vivre, a d’abord déclaré que « il n’y a pas de faits, il n’y a que des interprétations », plus tard des psychanalystes freudiens diront que le drame de l’humain incompris, c’est d’être mal interprété.

    Comme nul n'est transparent à soi-même et aux autres, l'opacité de l'humain est à la fois source de son malheur lorsque l'Autre, par sa perception et son jugement, le dépossède de lui-même, mais aussi, de son bonheur lorsqu'elle assure le dernier rempart de sa liberté d'être en lui permettant de montrer de lui seulement ce qu'il veut bien exposer.

    Ainsi, de plus en plus, on ne saurait dire si Trump, dans sa façon de jouer au Président des États-Unis alternant entre l’ombre et la lumière, est un fin connaisseur de la psychologie des profondeurs ou s’il est plutôt l’être pathologique qui pourrait poser un grand défi au meilleur des psychanalystes.

    Et si comme Nietzsche il était tout simplement l’un et l’autre à la fois tout en choisissant d'exposer ce côté sombre de l'humain qu'on préfère garder dans le noir?

    Marc Therrien

  • Colette Pagé - Inscrite 9 juin 2017 20 h 32

    Le bonimenteur de foire en fin de course ?

    Un menteur pathologique est une personne qui ne peut pas s'empêcher de mentir ou de fabriquer de fausses informations. Il a perdu pied avec la réalité, il croit les mensonges qu'il raconte et ment souvent pour compenser son manque d'amour-propre.

    Pour repérer un menteur pathologique, vous devez prêter attention à son comportement. Cette personne pourrait raconter des mensonges afin de s'attirer l'attention des autres ou un gain personnel. Vous pourriez repérer des incohérences fréquentes dans ce qu'il dit. Même si en général ce genre de personnes ne donne pas beaucoup d'indices physiques pendant qu'elles mentent, il existe des changements subtils de langage corporel qui pourraient indiquer que vous êtes en présence d'un menteur pathologique. Il pourrait par exemple vous regarder intensément dans les yeux. Renseignez-vous sur son passé. Certains problèmes comme l'abus de drogues ou des relations instables sont aussi des traits communs à de nombreux menteurs pathologiques. Une fois que vous avez toutes ces informations, il vous sera plus facile de le démasquer.

    À l'évidence cette description décrit bien le Président Trump reconnu comme un menteur pathologique et un narcissique qui mëme sous serment mentira.

    Ayant passé sa vie à mentir, intimider et menacer de poursuivre il est désormais au pied du mur face au directeur du FBI dont la crédibilité ne saurait être mise en doute et dont la déposition à huis clos a dü laisser les sénateurs bouche béée.

    Après 4 mois en poste et 4 enquêtes en cours, un record, le Président qui est devenu la risée et la honte de l'Amérique a eu suffisamment de corde pour se pendre.