Pour sortir de sa bulle cette semaine: le témoignage de James Comey

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions? Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle. Au menu cette semaine: le témoignage de James Comey devant le Sénat américain.

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.

La politique, ce couteau à deux tranchants

Le témoignage de l’ex-directeur du FBI James Comey jeudi n’a pas eu l’effet escompté. Si vous étiez un partisan de Trump, vous l’êtes toujours. Si vous êtes un démocrate qui espérait y voir la première étape vers une destitution du président, vos rêves ont été anéantis. C’est du moins l’avis de Michael Goodwin, chroniqueur au New York Post. Mais une procédure d’impeachment relève plus du politique que du juridique, rappelle ce gagnant du Pulitzer. Le pouvoir politique peut sauver Donald Trump comme il peut précipiter sa chute. Maintenant, selon Goodwin, le principal défi du président est de montrer qu’il peut gouverner de manière suffisamment responsable pour s’allier une majorité de républicains — et ainsi sécuriser son poste.

Extrait : « In one revealing sequence, Comey said he didn’t want to create “a J. Edgar Hoover situation” with Trump, where he held important information as a weapon to be used when needed. Which, of course, is exactly what he ended up doing. »

Traduction libre : « Dans un passage révélateur, Comey a déclaré qu’il ne voulait pas créer “une situation à la J. Edgar Hoover” avec Trump, dans laquelle il aurait retenu des informations importantes à utiliser comme une arme au moment opportun. Ce qui, bien sûr, est exactement ce qu’il a fini par faire. »

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La période d’apprentissage du président

James Comey est moins un courageux lanceur d’alerte qu’un homme mécontent d’avoir perdu son emploi et cherchant à se venger, accuse d’emblée la chroniqueuse Mercedes Schlapp dans The Washington Times. Le président Trump n’est toutefois pas sans reproche. Au moment où il espère avancer son programme législatif, M. Trump doit apprendre à interagir avec prudence avec le FBI et les agences de renseignement, qui plus est lorsqu’il y a enquête en cours, estime Schlapp. Sans quoi il risque d’autres faux pas qui pourraient lui coûter sa présidence.

Extrait : « Even if he missed most of his targets Thursday, Mr. Comey in his testimony still represented a needed political stress test for the president and his team. The president’s learning curve is over. Another misstep could potentially cripple this administration beyond repair. »

Traduction libre : « Même s’il a raté la plupart de ses cibles jeudi, le témoignage de M. Comey représentait tout de même un test de résistance politique nécessaire pour le président et son équipe. La période d’apprentissage du président est terminée. Un autre faux pas pourrait paralyser ce gouvernement pour de bon. »

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Trump est responsable de son malheur

Comey est-il tout simplement un menteur, comme le prétend le clan Trump ? Une défense qui ne convainc pas le commentateur conservateur Jonah Goldberg. Le rédacteur en chef et chroniqueur du National Review livre ici une sorte de rappel : on ne doit pas perdre de vue que Donald Trump s’est mis lui-même dans ce pétrin. Si le président s’était concentré à mettre en oeuvre son programme politique plutôt que de faire une obsession de la possibilité d’une enquête sur lui, son taux d’approbation ne serait pas aussi bas et les démocrates seraient sur les dents, estime Goldberg. Et, ironiquement, comme Comey l’a glissé dans son témoignage jeudi, une telle enquête ne relève peut-être plus du mythe désormais.

Extrait : « Given the pains to which Comey went to write down his version of the meeting with Trump [...], Trump’s denials seem thoroughly unconvincing to me. But more to the point, if Comey were inclined to lie, he would have — and certainly could have — invented a far, far more damning story. If your defense is that Comey is a liar, you can’t cherry-pick the helpful bits and shout, “Vindication!” »

Traduction libre : « Compte tenu du mal que s’est donné Comey pour écrire sa version de sa rencontre avec Trump [...], les démentis de Trump me semblent peu convaincants. Plus précisément, si Comey était enclin à mentir, il aurait inventé une histoire beaucoup, beaucoup plus accablante. Si votre défense est que Comey est un menteur, vous ne pouvez pas sélectionner les morceaux qui vous sont utiles et crier: “Exonéré!” »

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