De passage à Montréal, Barack Obama livre un message d’espoir

L'ex-président américain, Barack Obama, a prononcé son allocution devant quelque 6000 personnes.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'ex-président américain, Barack Obama, a prononcé son allocution devant quelque 6000 personnes.

Si l’ancien président américain Barack Obama a réitéré sa déception face au retrait, la semaine dernière, des États-Unis de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, il s’est voulu rassurant, soulignant que bien des avancées en environnement survivront à cette décision car les entreprises les ont déjà intégrées à leurs façons de faire.
 

« J’ai eu beaucoup de réconfort la semaine dernière en voyant des États américains, des villes, des universités, des entreprises qui ont fait savoir clairement qu’ils continueront à faire progresser les choses dans l’intérêt des générations futures », a-t-il lancé dans son allocution.
 

Cet optimiste était à l’image de son discours livré à son public québécois mardi : un message d’espoir.
 

Lors de son allocution devant plus de 6000 personnes réunies au Palais des congrès de Montréal, mardi soir, M. Obama a abordé bon nombre de sujets, de l’économie aux attaques contre la démocratie en passant par les effets pervers de l’Internet.
 

Préférant des sujets de plus longue vision que l’actualité des derniers mois, le 44e président a affirmé qu’il était « normal » et « inévitable » que certains pays — dont le sien — choisissent de s’isoler en ces moments de bouleversements, marqués par les attentats terroristes, l’économie changeante et les changements climatiques qui mènent certains à opter pour le protectionnisme et des mouvements nationalistes.

La peur doit être remplacée par l’espoir.

L’ex-président a tenté de mettre les choses en perspective, plaidant que « nous vivons à un moment extraordinaire ». Il a évoqué notamment la diminution de la pauvreté, l’amélioration de la qualité de vie et les avancées sur les droits de la personne, dont le mariage entre conjoints de même sexe.

Applaudi chaque fois qu’il a évoqué le sujet de l’environnement, Barack Obama a reconnu les nombreux défis auxquels il faudra s’attaquer de front selon lui, dont les changements climatiques.

Déçu, mais optimiste
M. Obama, qui n’a pas prononcé le nom de son controversé successeur à la Maison-Blanche Donald Trump, dit avoir été « réconforté » du fait que des États américains, des villes et des entreprises se soient engagés à respecter l’Accord de Paris, duquel se sont retirés les États-Unis la semaine dernière.

Lors d’une séance de questions-réponses animée par Sophie Brochu, la grande patronne de Gaz Métro, M. Obama a réitéré qu’il était « évidemment déçu » que l’administration actuelle décide de se retirer de l’accord, mais il a assuré que les États et les entreprises prendront le relais.

Sur l’économie, M. Obama a reconnu qu’il y avait encore des inégalités dans la société, qui peuvent être éliminées, selon lui, si le système s’adapte à cette transition comme il l’a toujours fait. Il a cité en exemple les professeurs, qui devraient être mieux payés, selon lui, et l’accès accru aux soins de santé.

Pendant cette portion de la soirée, Barack Obama s’est aussi fait demander si d’autres personnes de sa famille — en l’occurrence sa femme Michelle — avaient l’intention de se présenter à la présidence des États-Unis.

Michelle Obama ou ses filles Malia et Sasha ne seront « probablement pas » de la course à l’avenir, a indiqué M. Obama. Et si ses jeunes filles ont le temps de changer d’idée, Michelle Obama ne réévaluera pas sa décision, a-t-il ajouté.

Accueilli comme une vedette

M. Obama avait été accueilli comme une véritable vedette au palais des Congrès de Montréal, où il prononçait un discours à l’invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

En arrivant sur scène, M. Obama a dit « merci beaucoup » et « bonsoir » à la foule en français et il a rappelé qu’il avait de forts liens avec le Canada, ayant un beau-frère originaire de Burlington, en Ontario.

Il a aussi rappelé que lui et sa femme, Michelle, avaient reçu « ses amis », Justin Trudeau et Sophie Grégoire, à la Maison-Blanche l’an dernier, à l’occasion d’un dîner d’État — le premier en plus de 20 ans, a-t-il rappelé.

Invités de marque
Plusieurs invités de marque étaient présents à l’événement. Le premier ministre Philippe Couillard était de la partie, tout comme son ministre des Finances Carlos Leitão. Étaient aussi présents la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, la Secrétaire générale de la Francophonie Michaëlle Jean, l’ancien premier ministre Jean Charest, le maire de Montréal Denis Coderre, l’ancien chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau, et de nombreux représentants du Québec inc. dont Jean Coutu et Stephen Bronfman de Claridge, parmi bien d’autres.

Le premier ministre Justin Trudeau n’était pas du nombre.

Il s’agissait de la première conférence au Canada de M. Obama depuis qu’il a quitté la Maison-Blanche. Sa dernière visite officielle au pays fut fin juin 2016, au Sommet des leaders nord-américains à Ottawa.

Michel Leblanc, le président du CCMM, a révélé qu’il avait envoyé l’invitation à M. Obama avant qu’il ne termine son mandat présidentiel, le 20 janvier dernier. La réponse est venue il y a à peine quatre semaines, déclenchant un branle-bas de combat pour organiser un événement de cette ampleur en si peu de temps.

2 commentaires
  • Colette Pagé - Inscrite 6 juin 2017 19 h 53

    De la hauteur, de la vision !

    Venant d'un penseur qui réfléchit au sort du monde, qui a une qualité d'écoute exceptionnelle fait preuve d'humilité et qui se ressource par ses lectures et ses échanges avec les meilleurs penseurs des États-Unis.

    Une belle personne ! Un leader de grande qualité qui a donné de la noblesse à la présidence.

    L'autre versant plus sombre de la montagne : son successeur qui n'aime ni la lecture, ni la musique, ni les arts qui ne réfléchit pas et n'écoute personne. Un grossier personnage !

  • Yvon Bureau - Abonné 6 juin 2017 20 h 41

    Encore et encore!

    Que ces Grands prennent de plus en plus la parole.