Pour sortir de sa bulle cette semaine: accord de Paris et diplomatie

Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions? Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.

Pour une écologie conservatrice
Vivement critiqué depuis jeudi pour sa décision de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, Donald Trump a pu néanmoins compter sur quelques alliés parmi les voix conservatrices. Ici, Gracy Olmstead, éditrice en chef associée pour The Federalist, résiste à la tentation de simplement descendre l’Accord en flammes. Elle reproche à sa famille politique de jouer les réactionnaires sans jamais préciser ce à quoi ils sont favorables en matière d’environnement. Conservatisme et écologie n’ont pas à s’opposer, selon elle. Ils seraient même les deux faces d’une même pièce. Elle propose aux conservateurs d’investir ce terrain politique, sans quoi c’est la gauche et les « bureaucrates » qui continueront de dicter l’ordre du jour environnementaliste. Une option conservatrice doit, explique Olmstead, recentrer l’action environnementale sur les sphères locale et privée. Aux leaders conservateurs maintenant de se faire les porte-étendard d’un écologisme à leur image.


Extrait : « In the wake of Trump’s decision to withdraw from the Paris climate agreement, if conservatives don’t offer alternative ideas for ecological sustainability, progressives will convince voters that they’re the only ones who care for the planet. And conservatives shouldn’t let that happen. We’re conservatarians—it’s in our name. »


Traduction libre : « Suivant la décision de Trump de se retirer de l’Accord de Paris sur le climat, si les conservateurs n’offrent pas de solutions pour une écologie durable, les progressistes convaincront les électeurs qu’ils sont les seuls à s’occuper de la planète. Et les conservateurs ne devraient pas laisser cela se produire. Nous sommes conservateurs ça fait partie de notre identité. »


Lisez l’article: « The Right Shouldn’t Let The Left’s Hysteria Keep Us From Stewarding Nature »


Diplomatie brouillonne


Ross Douthat, chroniqueur au New York Times et désormais un visage connu dans la présente série, revient ici sur l’« affaire russe ». Cette fois pour nous rappeler que les penchants de Donald Trump en faveur de la Russie n’ont jamais rien eu d’une cachotterie. Ils étaient même « un argument de vente délibéré, que le candidat [Trump] a lui-même constamment remis à l’ordre du jour » lors de la campagne électorale. Sur ce point, au moins, il aurait été « franc, et non trompeur ». Douthat ne va pas jusqu’à nier la possibilité d’une collusion entre la Russie et Donald Trump ou son entourage. Mais il émet l’hypothèse qu’il puisse s’agir plus simplement d’une tentative du nouveau président de réorienter la politique étrangère américaine, comme ont tenté de le faire ses prédécesseurs par ailleurs. Une tentative qui serait à son image, toutefois: brouillonne.


Extrait : « The whole Russia affair might [...] just be what it looks like when an inexperienced, incompetent and, yes, sordid presidential apparatus tries to pursue a different foreign policy agenda than its predecessors. »


Traduction libre : « Toute cette affaire russe pourrait [...] n’être qu’une démonstration de ce qui arrive lorsqu’un appareil présidentiel inexpérimenté, incompétent et, oui, sordide, tente de poursuivre un programme de politique étrangère différent de celui de ses prédécesseurs. »

Lisez l’article : « The ‘Mandchurian’ President? »


Diplomatie égoïste


David Frum, chroniqueur au magazine The Atlantic et autre visage connu de notre série, y va ici de ses propres critiques envers l’approche diplomatique de Donald Trump. Pour ce faire, il analyse en détail un texte d’opinion rédigé par deux figures plus « présentables » de l’entourage du président — « les adultes dans la pièce », écrit-il — pour le compte du Wall Street Journal. Texte que Frum juge comme une tentative de maquiller le « catastrophique » premier voyage diplomatique du milliardaire, la semaine dernière. Selon Frum, ce gouvernement confond « amis » avec « gens avec qui vous coopérez seulement lorsque vos intérêts immédiats concordent ». Une approche qui, selon lui, témoigne d’un égoïsme prompt à isoler les États-Unis et à les dépouiller de leur ascendance internationale.


Extrait : « Perhaps the most terrifying thing about the Trump presidency is the way even its most worldly figures, in words composed for them by its deepest thinkers, have reimagined the United States in the image of their own chief: selfish, isolated, brutish, domineering, and driven by immediate appetites rather than ideals or even longer-term interests. »


Traduction libre : « La chose la plus effrayante de la présidence de Donald Trump est peut-être cette manière avec laquelle même ses figures les plus présentables, et dans les mots de ses penseurs les plus profonds, ont repensé les États-Unis à l’image de leur chef : égoïste, isolé, brutal, dominateur et motivé par des désirs immédiats plutôt que des idéaux ou même des intérêts à plus long terme. »


Lisez l’article : « The Death Knell for America's Global Leadership »