Accord de Paris sur le climat: Trump annoncera sa décision jeudi

Le président américain, Donald Trump
Photo: Mandel Ngan Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump

Après des mois de tergiversations, le président américain Donald Trump a annoncé qu’il ferait connaître sa décision sur la participation des États-Unis à l’accord de Paris sur le climat jeudi à 15 h.
 

« J’annoncerai ma décision sur l’accord de Paris jeudi à 15 h 00. Dans la roseraie de la Maison-Blanche. RENDRE SA GRANDEUR A L’AMÉRIQUE ! », a tweeté M. Trump, reprenant son slogan de la campagne électorale. Il n’a pas indiqué quelle serait sa décision, mais selon des médias américains un retrait de l’accord est probable.
 

 

Conclu fin 2015 dans la capitale française par plus de 190 pays sous l’égide de l’ONU, cet accord vise à limiter la hausse de la température mondiale en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Un retrait américain serait une véritable déflagration, 18 mois après cet accord historique, dont Pékin et Washington, sous la présidence de Barack Obama, furent des architectes centraux.
 

Plus tôt dans la journée, M. Trump avait tweeté qu'une décision de sa part était imminente. « J’annoncerai ma décision sur l’accord de Paris dans les jours à venir. RENDRE SA GRANDEUR A L’AMÉRIQUE ! », avait-il écrit sur le réseau social, sans autres précisions.

     

La Maison-Blanche restait de son côté muette.

La question a profondément divisé le sommet de G7 qui vient de s’achever en Sicile, tous ses participants, à l’exception du locataire de la Maison-Blanche, ayant réaffirmé leur engagement envers cet accord sans précédent.

« Je prendrai ma décision finale sur l’accord de Paris la semaine prochaine ! » avait lancé dans un tweet le président américain à l’issue de ce sommet houleux.

   

Pendant sa campagne, l’homme d’affaires septuagénaire, qui martèle vouloir mettre fin à la « guerre contre le charbon », avait promis d’« annuler » cet accord.

Mais depuis son installation à la Maison-Blanche, le 20 janvier, il avait envoyé des signaux contradictoires, reflets des courants contraires qui traversent son administration sur la question climatique, mais aussi, au-delà, sur le rôle des États-Unis dans le monde et leur rapport au multilatéralisme.

Le patron de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, s’était ouvertement prononcé pour une sortie de l’accord, jugeant qu’il était « mauvais » pour l’Amérique.

Le monde des affaires s’était, dans sa grande majorité, prononcé pour un maintien au sein de l’accord de Paris. Une douzaine de grands groupes, parmi lesquels le pétrolier ExxonMobil, le géant de l’agrochimie DuPont, ou encore Google, Intel ou Microsoft, avaient pressé Donald Trump de ne pas en sortir.

Une solution mise en avant par certains responsables de l’administration consistait à rester dans l’accord tout en lançant un réexamen des objectifs américains.

Cela aurait permis de garder un siège à la table des négociations tout en envoyant, en interne, le signal d’une forme de rupture avec l’administration démocrate de Barack Obama.

Des objectifs jugés « handicapants »

Au contraire du Protocole de Kyoto (1997), l’accord conclu à Paris ne fixe pas d’objectif contraignant par pays, les engagements nationaux reposant sur une base volontaire.

L’objectif des États-Unis, fixé par l’administration Obama, est une réduction de 26 % à 28 % de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025 par rapport à 2005.

L’administration Trump a, à plusieurs reprises, dénoncé ces objectifs comme trop élevés.

« Nous savons que les niveaux sur lesquelles l’administration précédente s’est engagée seraient très handicapants pour la croissance économique américaine », a indiqué Gary Cohn, conseiller économique de Donald Trump

Selon un rapport de l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA) cette semaine, le nombre de personnes employées dans ce secteur est passé de 7 millions en 2012 à 9,8 millions en 2016. D’ici 2030, ce chiffre pourrait atteindre 24 millions, « compensant les pertes d’emplois dans le secteur des combustibles fossiles ».

Au-delà de la question économique, demeure celle de la position de Donald Trump sur le changement climatique. Interrogé mardi sur ce thème, son porte-parole Sean Spicer était resté extrêmement évasif.

Le président croit-il à l’impact des activités humaines sur le climat, sujet qui fait l’objet d’un très large consensus scientifique ?

« Je ne peux le dire, je ne lui ai pas demandé », a-t-il répondu.


 
2 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 31 mai 2017 09 h 21

    Qui s'en étonnera?

    Qui s'étonnera de ce geste irréfléchi. Je ne sais pas combien de temps durera l'ère Trump, mais ce qui est sûr, c'est que les USA entrent définitivement dans l'ère du déclin.

    Concernant l'environnement, j'espère que les autres nations de la terre persévéreront, car à terme, en espérant que Trump ne reste pas trop longtemps et que les USA reviennent à la raison avec un autre dirigeant.

    La COP21 n'est certainement pas la solution définitive et efficace que la situation exige, mais marquait au moins un accord historique d'envergure mondiale de la prise de conscience - j'entends des conservateurs américians particulièrement américains parler de peu de résultats posssibles de la COP21 contre des pertes d'emplois, mais ce qu'ils ne pensent pas ou ne veulent pas croire, c'est les pertes dans le futur et d'emplois et de dommages - l'ere non seulement du déclin est-il commencé, mais l'ère de l'appauvrissement et du sous-développement accéléré approche-t-elle, elle aussi.

  • Gilles Teasdale - Abonné 31 mai 2017 10 h 08

    Pipeline

    Que penser de Trudeau qui veut forcer les pipelines au Canada. Du pareil au même. Ne pas participer ou faire semblant .