Affaire du FBI: le Congrès demande des preuves

Les responsables des communications de la Maison-Blanche ont refusé de dire si le président enregistrait effectivement ses conversations avec ses interlocuteurs dans le bureau ovale.
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Les responsables des communications de la Maison-Blanche ont refusé de dire si le président enregistrait effectivement ses conversations avec ses interlocuteurs dans le bureau ovale.

Washington — Des élus du Congrès américain ont fait pression dimanche sur Donald Trump à propos du limogeage du directeur du FBI James Comey, appelant à ce que le président américain remette ses éventuels « enregistrements » de conversations avec le premier policier des États-Unis.

Dans un micromessage sibyllin vendredi, le président avait émis une menace : « James Comey ferait bien d’espérer qu’il n’existe pas d’“enregistrements” de nos conversations avant qu’il ne commence à faire des révélations à la presse ! »

M. Comey a été renvoyé mardi alors que la police fédérale (FBI) enquête sur les liens entre l’équipe de campagne de M. Trump et la Russie.

Les responsables des communications de la Maison-Blanche ont refusé de commenter ce tweet de M. Trump et de dire si le président enregistrait effectivement ses conversations avec ses interlocuteurs dans le Bureau ovale.

Pour les démocrates, ce message sur Twitter est une tentative d’intimidation et Chuck Schumer, leur chef au Sénat, a martelé sur CNN que, s’il a des enregistrements, « le président doit les remettre immédiatement, bien sûr. Les détruire serait une violation de la loi ». Dans une autre interview sur NBC, M. Schumer a demandé qu’un procureur spécial soit nommé par le ministère de la Justice pour travailler sur l’affaire russe, parce qu’il « pourrait réellement poursuivre des gens pour des violations de la loi ».

Le sénateur démocrate Mark Stone, membre de la commission du Renseignement qui enquête elle aussi sur les relations entre la campagne de Donald Trump et Moscou, veut être sûr que « ces cassettes, si elles existent, soient préservées ».

Côté républicain, l’un des sénateurs les plus conservateurs, Mike Lee, a aussi estimé « probablement inévitable » que de tels enregistrements soient remis. « S’il existe bien de tels enregistrements, je pense qu’ils seront demandés par la justice et ils devront probablement les donner », a-t-il dit sur Fox. M. Lee a cependant donné le bénéfice du doute au président Trump : « À ma connaissance, il coopère pleinement et il veut que cette enquête aille à son terme. »

Son pair républicain Lindsey Graham a conseillé sur NBC au président de « prendre du recul et [de] laisser l’enquête avancer ».

Quant à l’ancien directeur du Renseignement James Clapper, il a assuré sur CNN ne pas savoir si Donald Trump enregistrait secrètement des conversations.

Mais ce qui se passe autour de l’enquête sur la Russie est pour lui très inquiétant : « Je pense que de bien des manières nos institutions sont menacées de l’extérieur, et la principale information ici est que la Russie a interféré dans notre élection. Mais je pense aussi que nos institutions sont menacées de l’intérieur », a-t-il dit sur CNN.

Menacées par le président ? s’est-il vu demander. « Exactement », a-t-il répondu.

Un remplaçant bientôt ?

Par ailleurs, l’équipe du président a rencontré en entrevue au moins huit candidats potentiels à la succession de James Comey. Le choix final de la Maison-Blanche pourrait être annoncé d’ici quelques jours.

Le président, qui doit faire son premier voyage à l’étranger depuis son élection, a affirmé qu’il était possible qu’il fasse part de sa décision avant. Alors qu’il s’apprêtait à partir en direction de Lynchburg, en Virginie, M. Trump a déclaré aux journalistes présents qu’il considérait que le processus pour pouvoir le poste vacant de directeur du FBI se déroulait « rapidement ». Il a ajouté que « presque tous » les candidats étaient « très bien connus, hautement respectés et vraiment talentueux ».

Le successeur de M. Comey, une fois sélectionné, devra attendre la confirmation du Sénat pour pouvoir entrer en fonction.

Le directeur du FBI est nommé pour un mandat de 10 ans, mais peut être limogé par le président.