Pour sortir de sa bulle cette semaine: médias, «Trumpcare» et... dialectique marxiste

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques quand on parle de Donald Trump ? Ornières d’autant plus profondes à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions. À la manière de la série « Burst Your Bubble » du Guardian, Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Les textes choisis viennent des presses américaine et britannique, et sont donc en anglais.


Médias et politiciens: même combat ?

Le président Donald Trump et les médias traditionnels américains semblent engagés dans une lutte sans trêve, à en croire Patrick J. Buchanan. Dans cette chronique pour l’American Conservative, qu’il a lui-même fondé, le paléoconservateur soutient que Donald Trump est martelé par la presse comme aucun président avant lui, sauf peut-être Richard Nixon lors du scandale du Watergate. Il est clair pour Buchanan que les médias cherchent à évincer Trump comme ils avaient cherché à le faire pour Nixon. La différence, c’est qu’aujourd’hui, cette même presse ne jouit pas du même prestige qu’à l’époque de Nixon et que cet affrontement avec le président ne risque pas de lui rallier les millions de personnes qui continuent d’appuyer l’actuel président. Les médias arriveront-ils à reconquérir le coeur du peuple américain ?
 

Extrait : « Whatever happens to Trump, the respect and regard the mainstream media once enjoyed are gone. Public opinion of the national press puts them down beside the politicians they cover—and for good reason.
 

The people have concluded that the media really belong to the political class and merely masquerade as objective and conscientious observers. Like everyone else, they, too, have ideologies and agendas. »
 

Traduction libre : « Quoi qu’il advienne de Donald Trump, le respect et la considération dont les médias traditionnels ont joui par le passé ont désormais disparu. L’opinion publique envers la presse nationale rabaisse celle-ci au même niveau que les politiciens qu’elle couvre, et pour de bonnes raisons.
 

Les gens en sont venus à la conclusion que les médias appartiennent vraiment à la classe politique et se présentent faussement comme des observateurs objectifs et consciencieux. Comme tout le monde, ils sont eux aussi animés par des idéologies et des intentions. »
 

Lisez l’article: « Nixon’s Revenge »


Fusion Trump-Ryan


Trump a fait campagne sur la promesse de protéger l’Américain moyen contre un système qui favorise les plus puissants, système dont il connait les rouages et que « lui seul peut réparer ». Le vote pour l’abrogation d’Obamacare, qui pourrait priver des millions d’Américains d’une assurance médicale, vient enterrer cette promesse pour de bon, juge David Frum dans The Atlantic. Selon l’éditorialiste néoconservateur, ce vote dévoile en fait le nouveau visage du Parti républicain. Après avoir avalé nombre de couleuvres, l’establishment du parti aurait réussi à fusionner le « programme conservateur du président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, avec le style grandiloquent de Donald Trump ».
 

Extrait : « The Trump administration and the Trump White House will never be “normal.” The personality and character of the president precludes that. But its domestic economic policy looks increasingly conventional. Any hope or promise that Donald Trump might augur some departure from the dead-end plutocracy of the post-2010 Republican Party has been quashed. »
 

Traduction libre : « Le gouvernement de Donald Trump ne sera jamais “normal”, du fait de la personnalité et du caractère du président. Mais sa politique économique intérieure apparaît de plus en plus conventionnelle. Tout espoir ou toute promesse de voir Donald Trump s’éloigner de la ploutocratie sans issue du Parti républicain d’après-2010 a désormais disparu. »
 

Lisez l’article : « So Much for Trump's Populism »
 


La leçon de Karl Marx

Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un commentateur conservateur citer la dialectique historique de Karl Marx pour illustrer son propos. C’est pourtant ce qu’a fait Damon Linker dans l’hebdomadaire britannique The Week. L’ancien rédacteur de discours pour l’ex-maire de New York Rudy Giuliani met en garde le Parti républicain contre le risque d’un ressac que l’abrogation d’Obamacare pourrait générer contre lui. Selon Linker, le président a été porté au pouvoir par un discours populiste alimenté d’une colère envers les élites américaines et d’une promesse d’être la voix des électeurs négligés. L’abrogation d’Obamacare va, selon Linker, assurément porter un dur coup à des millions de ces mêmes électeurs, les privant d’une protection médicale. « Nul besoin d’être révolutionnaire communiste pour reconnaître qu’il est peu probable que cette contradiction se termine bien », juge le correspondant.
 

Extrait : « Populist anger propelled Republicans to victory at all levels of government, but once in office they immediately began enacting a libertarian agenda that is bound to stoke even greater anger, and provoke an even greater populist revolt in the not-too-distant future. »
 

Traduction libre : « La colère populiste a propulsé les républicains vers une victoire à tous les ordres de gouvernement, mais une fois au pouvoir, ils ont tout de suite commencé à promulguer un programme libertarien qui risque d’attiser une colère encore plus grande et de provoquer une révolte populiste encore plus importante dans un avenir pas si lointain. »
 

Lisez l’article : « The Republicans’ health-care disaster will invoke a populist revolt that will destroy them »