Pour sortir de sa bulle cette semaine: les 100 premiers jours de la présidence Trump et la présidentielle française

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Comment sortir de ses propres ornières politiques et médiatiques quand on parle de Donald Trump ? Ornières d’autant plus profondes à l’ère des réseaux sociaux et des algorithmes qui s’adaptent à nos opinions. À la manière de la série « Burst Your Bubble » du Guardian, Le Devoir vous propose trois textes pour sortir de votre bulle.

Les textes choisis viennent de la presse américaine et sont donc en anglais.


Macron le conservateur ?
Qui de Macron ou de Le Pen les conservateurs américains devraient-ils appuyer ? Macron, nous répond Tom Rogan dans le National Review. En trois points, le chroniqueur conservateur résume comment le candidat d'En marche ! se rapproche le plus du conservatisme à la sauce Parti républicain. Sur le plan des intérêts nationaux américains sur l'échiquier international, Rogan va même jusqu'à voir Le Pen comme une adversaire, du fait de ses intentions avouées de quitter l'OTAN et de se rapprocher du président russe, Vladimir Poutine.

Extrait : « This isn’t a complex choice. Neither Le Pen nor Macron is a true conservative, but the latter is far closer to conservatism than the former is. Without Lafayette and France, the United States would probably have died in its infancy. Our close ally deserve better than Le Pen. »

Traduction libre : « Le choix n'a rien de complexe. Ni Le Pen ni Macron n'est un véritable conservateur, mais [Macron] est beaucoup plus proche du conservatisme que [Le Pen]. Sans Lafayette et la France, les États-Unis auraient probablement été mort-nés. Notre proche allié mérite mieux que Le Pen. »

Lisez l'article : « French Election: American Conservatives Should Support Macron »


Cela aurait pu être pire
D'emblée, le portrait des 100 premiers jours de la présidence de Donald Trump dressé par Ross Douthat dans le New York Times n'est pas très reluisant. N'empêche, le chroniqueur conservateur, reconnu pour ses prises de position nuancées, soutient que cela aurait pu être pire. Point de vue qu'il défend en cinq points. Il admet néanmoins que la barre est ici placée bien bas — la catastrophe annoncée n'a pas (encore) eu lieu — et que les véritables épreuves restent à venir. « Plus que 1360 jours à écouler », conclut-il.

Extrait : « One hundred days is nothing, and the Trump White House has not yet faced the kind of challenge, domestic or foreign, in which a thoughtless response from the president could lead to spiraling disaster. If we end up in a full-scale war in the Korean Peninsula on Day 117 of this administration, the fact that the stock market rose and the cities didn’t burn during Trump’s first weeks in office will not look like that much of an achievement. »

Traduction libre : « Cent jours, ce n'est rien. Et le gouvernement de Donald Trump n'a pas encore fait face au genre de défi, national ou étranger, dans lequel une réponse irréfléchie du président pourrait conduire à une catastrophe. Si nous aboutissons à une guerre à grande échelle dans la péninsule coréenne au jour 117, le fait que le marché boursier a augmenté et que les villes n'ont pas brûlé pendant les premières semaines de la présidence Trump n'aura pas des airs de réussite. »

Lisez l'article : « It Could Be Worse »


Vision et conviction
Si Ross Douthat est prêt à s'accommoder du Trump des 100 premiers jours, ce n'est pas le cas pour Michael Gerson. Le chroniqueur conservateur revient dans les pages du Washington Post sur les maigres réussites du président. Mais au-delà de la performance jugée décevante, Gerson dirige surtout sa critique vers ce qu'il décrit comme un manque de vision et de conviction. « Trump échoue par ignorance du monde et par absence de principe moral ou de ligne directrice », juge-t-il. L'image de « leader fort et décisif » qu'il s'est forgée dans les sondages est une « vanité de plus en plus difficile à entretenir », juge Gerson. Comme quoi la président Trump continue de diviser les voix conservatrices.

Extrait : « Much of Trump’s 100-days defense could have been employed by the pharaoh who ruled after the one in the book of Exodus. The cattle haven’t all died. We’ve seen less fiery hail. And pestilence has been kept to an acceptable minimum. »

Traduction libre : « Une majeure partie de la défense des 100 premiers jours du gouvernement Trump aurait pu être utilisée par le pharaon qui a régné après celui dans le Livre de l'Exode. Le bétail n'a pas été entièrement décimé. La grêle a été moins ardente. Et la peste a été maintenue à un minimum acceptable. »

Lisez l'article : « We set a low bar for Trump. He still failed to meet it. »